Municipales : Jean-Luc Lagleize (Modem) se lance, avec des LREM ?

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Le député Jean-Luc Lagleize devrait mener la liste du MoDem pour les élections municipales de mars 2020, à Toulouse.
Le député Jean-Luc Lagleize devrait mener la liste du MoDem pour les élections municipales de mars 2020, à Toulouse. (Crédits : DR)
Après plusieurs mois d'incertitude sur un possible ralliement au maire sortant Jean-Luc Moudenc, le Modem a fait savoir jeudi 5 décembre qu'il proposerait sa propre liste aux élections municipales en mars 2020, à Toulouse. Le chef de file du parti centriste dans la Ville rose, le député Jean-Luc Lagleize, pourrait être accompagné dans cette démarche de membres de LREM. Des marcheurs qui risquent l'exclusion.

La dernière conférence de presse du candidat Jean-Luc Moudenc fait réagir la branche toulousaine du Modem. Lors de celle-ci, le maire sortant notamment soutenu par Les Républicains et La République en Marche a fait comprendre qu'il était trop tard pour le Modem d'obtenir des places de colistiers sur sa liste Aimer Toulouse. Tout en laissant ouverte la possibilité d'un soutien du parti sans candidat issu de ses rangs, comme le font Libres! et Les Centristes. Une sortie médiatique qui a, semblerait-il, déplu le parti centriste.

Lire aussi : Municipales : les premiers contours de la liste de Moudenc à Toulouse

"Le Mouvement démocrate de la Haute-Garonne prend acte de la décision de Jean-Luc Moudenc de réduire de huit à cinq élus le nombre de représentants de la majorité présidentielle dans sa liste. Ceci en pleine contradiction avec les résultats électoraux relevés dans la Ville rose", a déclaré le Modem dans un communiqué publié dans la soirée du jeudi 5 décembre.

Si le parti LREM compte actuellement cinq élus au sein du conseil municipal de Toulouse, présents dans le groupe majoritaire, ils devraient conserver autant de places sur la liste pour 2020 avec un nouvel entrant en la personne de Jean-François Portarrieu, qui a négocié l'accord entre LREM et Jean-Luc Moudenc.

Proposer "une offre alternative"

Ce qui n'est pas le cas du Modem, dont aucun accord n'a été trouvé avec le maire sortant de Toulouse. De fait, les trois élus sortants Modem membres de la majorité actuelle sont donc écartés, dont le député Jean-Luc Lagleize. Au cours de l'été, ce dernier a été intronisé par son parti chef de file pour les élections municipales en mars 2020 à Toulouse.

"En tant que chef de file, ma feuille de route était naturellement de travailler sur un accord avec le maire sortant. Mais je n'ai jamais ressenti de volonté de la part de Jean-Luc Moudenc de continuer à travailler avec nous", accuse Jean-Luc Lagleize, contacté par La Tribune.

Désormais, le député de Haute-Garonne travaille sur l'option d'une liste de rassemblement avec lui. Mais l'homme privilégie son mandat de député, pour lequel il porte un projet de loi important afin de lutter contre la spéculation foncière, et ne briguera donc la tête de liste qu'en dernier recours.

"Jean-Luc Lagleize présentera au prochain bureau national du MoDem une résolution pour acter une offre alternative aux élections municipales de mars 2020 à Toulouse. Cette alternative sera ouverte à celles et ceux qui veulent vivre Toulouse autrement, dans le respect du développement durable de notre territoire", ajoute le communiqué.

En réalité, la sortie médiatique de Jean-Luc Moudenc n'est pas l'élément déclencheur de cette démarche. Depuis plusieurs mois, il était de notoriété publique que le député préparait activement ce scrutin. Pour preuve, le MoDem et son chef de file proposent déjà des voies programmatiques, qui sont les suivantes : "une nouvelle gouvernance pour Toulouse et sa Métropole", "une politique des mobilités revisitée" dont le soutien au projet de RER toulousain, "un urbanisme réellement maitrisé" et le "bien vivre à Toulouse".

"Beaucoup de personnes de la République en Marche, d'autres partis et de la société civile veulent une offre alternative qui s'appuie sur ces principes et notamment celle de séparer le poste de maire de Toulouse de celui de la Métropole. Au quotidien, il y a une Métropole qui est au service des Toulousains et non pas aux 37 communes de la métropole. Cela doit changer", estime le député de Haute-Garonne.

Comment va réagir LREM ?

Selon nos informations, le projet du MoDem serait soutenu par des élus LREM et certains pourraient même composer la future liste dont l'adjoint au logement du maire de Toulouse, Franck Biasotto. "Dans les semaines à venir, effectivement, j'aimerais bien lancer des choses avec lui", affirme le député. Contacté, l'élu municipal n'a pas donné suite à nos sollicitations.

Néanmoins, ce choix ne serait pas étonnant après que Médiacités ait révélé que les relations entre l'adjoint et le maire sortant se soient considérablement dégradées ces derniers mois. Reste à savoir maintenant comment le parti de la majorité va réagir à cette annonce. Les dissidents risquent-ils l'exclusion ?

"LREM est en train de finaliser la coopération avec le maire sortant de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, pour être une composante de sa liste Aimer Toulouse aux municipales de mars 2020. Donc, tout membre du parti s'engageant définitivement sur une autre liste se verrait exclure du mouvement, comme le prévoit l'article 33 de nos statuts que chaque membre de LREM a signé", prévient Pierre Casteras, le référent du parti macroniste en Haute-Garonne.

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