Municipales : Nadia Pellefigue veut lutter contre la spéculation immobilière à Toulouse

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Nadia Pellefigue entend porter une vision de l'urbanisme différente de celle de Jean-Luc Moudenc lors des élections municipales 2020.
Nadia Pellefigue entend porter une vision de l'urbanisme différente de celle de Jean-Luc Moudenc lors des élections municipales 2020. (Crédits : Rémi Benoit)
Encadrement des loyers, plateforme publique pour la rénovation énergétique, permis de louer, une densité repensée à l'échelle des quartiers, soutien au logement étudiant... La candidate UNE-PS-PRG-PC à Toulouse pour les élections municipales de mars 2020, a présenté ses mesures pour l'urbanisme et le logement, mercredi 27 novembre. Décryptage.

Après les mobilités, la sécurité, puis l'environnement, place désormais à l'habitat. Nadia Pellefigue, candidate UNE-PS-PRG-PC à la mairie de Toulouse en mars prochain, a dévoilé mercredi 27 novembre son pan de mesures pour le logement et l'urbanisme dans la Ville rose.

"Se loger à Toulouse est de plus en plus cher et les Toulousains ont besoin de s'éloigner de la ville centre s'ils veulent accéder à la propriété. D'après l'Insee, seulement 32% des Toulousains sont des propriétaires contre 42% à l'échelle de la métropole. Ce qui génère de l'étalement urbain et donc des besoins de mobilité. Pour stopper la spéculation immobilière, il faut arrêter la mise aux enchères du foncier toulousain", avance la candidate aux élections municipales et vice-présidente de la Région Occitanie. Le PLUI-h est tordu de manière souple pour convenir aux besoins des promoteurs".

Lire aussi : Toulouse : l'urbanisme désormais "modéré" à l'échelle métropolitaine

 Pour lutter contre ce phénomène de hausse des prix, Nadia Pellefigue souhaite "relancer" les Établissements publics fonciers locaux (EPFL) pour en faire des outils de pilotage de la réserve foncière. La candidate compte également s'appuyer sur l'Organisme du Foncier Solidaire, dont une délibération lors du dernier conseil de Toulouse Métropole vient d'en approuver sa création. Cet établissement permettra à la collectivité de rester propriétaire du terrain et le proposera aux bailleurs sociaux à un coût moindre, ainsi les ménages pourront acquérir un logement à un prix inférieur à celui du marché mais en cas de revente, son prix sera encadré. Enfin, elle compte préempter des terrains pour construire des logements étudiants par le Crous, qu'elle estime sous doté en terme de logements à Toulouse. L'académie de la Ville rose compterait en effet 9 807 logements pour 40 664 étudiants boursiers.

Encadrer les mises en location

Pour aider les étudiants, qui consacre plus de 50% de leur budget dans le logement, Nadia Pellefigue compte sur une instauration de l'encadrement des loyers sur Toulouse et sa métropole, comme le permet la loi Elan depuis cette année après les expériences passées à Lille et Paris. Néanmoins, le maire sortant, Jean-Luc Moudenc a mis en place une commission de travail sur le sujet qui doit rendre ses conclusions à la mi-décembre.

Avant de mettre en location les logements sur l'agglomération, la candidate socialiste veut instaurer "un permis de louer", façonné par la loi Alur. Un dispositif qui permettra d'inspecter les logements et d'autoriser sa mise sur le marché si le bien respecte un certain nombre de critères. Parallèlement, la candidate UNE-PS-PC-PRG veut lutter contre les logements vacants en accompagnant financièrement les propriétaires pour la mise aux normes de ces biens, comme le fait Barcelone.

"Pour se rembourser, la collectivité percevra les loyers, de manière transitoire, avant que les particuliers ne puissent percevoir le produit de la location de leurs biens", précise l'élue régionale.

Cette dernière compte également agir sur la rénovation énergétique des logements, responsable selon elle de 22% des émissions de gaz à effet de serre à Toulouse, ce qui en fait la deuxième source de pollution derrière les transports. Pour cela, elle compte créer une "plateforme unique de rénovation de l'habitat et de l'énergie", dans laquelle opéreront au minimum huit conseillers. Un dispositif qui sera accompagné d'un volet de R&D autour de la filière de la construction pour développer des bâtiments moins énergivores et stockeurs de CO2.

La densité modérée ? "N'importe quoi"

En appliquant de nouvelles méthodes de construction, la candidate au Capitole veut mettre en œuvre une densité acceptée de tous et qualifie de "n'importe quoi" le concept de densité modérée porté par son adversaire Jean-Luc Moudenc, soutenu lui notamment par LR et LREM.

Lire aussi : Municipales : les premiers contours de la liste de Moudenc à Toulouse

"Les Toulousains sont contre une densification synonyme d'une dégradation de leur qualité de vie. Mais ils ne sont pas contre la densification car ils sont conscients que des habitants nouveaux arrivent chaque année. Pour qu'elle soit acceptée, il faut associer les habitants en amont de chaque projet de densification et leur assurer un certain niveau de services", assure la candidate regrettant la tournure prise sur les projets de La Cartoucherie ou de Montaudran "mal vécue par leurs habitants".

Nadia Pellefigue veut ainsi penser la vision urbanistique de la Ville rose à l'échelle des quartiers en y intégrant des places de centralité avec une offre de services appropriée nouvelle via sa proposition de kiosque des solutions. Elle promet que chaque habitant pourra ainsi y donner sa vision de son quartier et partager ses avis.

Lire aussi : Municipales : le projet de RER toulousain au coeur du débat

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Commentaires
a écrit le 28/11/2019 à 9:23 :
S'il n'y avait en effet qu'un mal contre lequel lutter la spéculation immobilière aurait la première place tellement elle fait du mal au pouvoir d'achat et à la croissance économique.

La loi de l'offre et de la demande dans ce secteur est totalement inexistante puisque l'offre et la demande même captées par quelques mains faisant la pluie et le beau temps dans le secteur.

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