Municipales 2020 : Jean-Luc Moudenc ouvre la porte à un retrait

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Le maire de Toulouse sera-t-il candidat aux prochaines élections municipales ?
Le maire de Toulouse sera-t-il candidat aux prochaines élections municipales ? (Crédits : Rémi Benoit)
Ses relations avec La République En Marche, son avenir politique, l'état de la gauche toulousaine... À l'occasion d'un déjeuner informel avec une poignée de journalistes, le maire sortant de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, n'a pas hésité à lâcher quelques confessions sur la course au Capitole et le scrutin qui aura lieu dans neuf mois.

En mars 2020, Jean-Luc Moudenc devra remettre son écharpe de maire de Toulouse en jeu. Et après ses deux mandats, entre 2004 et 2008 puis de 2014 à 2020 (couplé à un mandat de président de Toulouse Métropole pour le second), le maire sortant LR hésiterait à faire la passe de trois.

"C'est une vie très lourde... Beaucoup de personnes pensent que nous sommes là pour parader, nous mettre en avant et toucher des indemnités. Mais ils ne se rendent pas compte du travail et de l'investissement que cela demande. Alors, au bout d'un certain temps on peut avoir envie de vie personnelle. Ma réflexion est en cours et avance, mais quoi qu'il arrive je serai impliqué lors de cette prochaine campagne. Si je ne suis pas dans la course, je soutiendrai un candidat", a-t-il lâché à une poignée de journalistes lors d'un déjeuner informel, vendredi 28 juin.

Jusqu'à présent, sa candidature à sa propre réélection ne faisait guère l'ombre d'un doute depuis plusieurs semaines. Mais pour la première fois, le maire de la Ville rose ouvre la porte à une non-candidature. S'il venait à ne pas se présenter, cela serait pour reprendre sa vie professionnelle de contrôleur général économique et financier qu'il "aime bien", activité qu'il a réussi à maintenir un minimum depuis 2014.

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"Une préparation et non une pré-campagne"

Si Jean-Luc Moudenc annoncera sa décision "avant Noël", il a néanmoins tout fait pour laisser penser qu'il sera candidat aux prochaines élections municipales. Il a tout d'abord tenu deux conférences de presse bilan au cours du mois de juin, pendant que les premiers candidats déclarés au scrutin ont commencé à attaquer son bilan. Surtout, celui qui est également président de France Urbaine a tenu un meeting devant 1 500 personnes samedi 22 juin, durant lequel l'élu a annoncé le lancement d'un nouveau micro-parti politique "Pour Toulouse" et la sortie d'un livre juste après.

"Je me rends compte que le bilan de notre mandat est plus remis en cause que je ne le pensais, et que je sois candidat ou pas, nous devons le défendre. Pour cette raison, j'ai annoncé le lancement de l'association Pour Toulouse. Mais en réalité, c'est depuis le mois d'avril que les militants vont à la rencontre des Toulousains pour faire un bilan de nos années de travail. De plus, j'ai demandé à chacun des 52 élus de la majorité de faire une évaluation auto-critique via des fiches. Ainsi, à partir de septembre, on pourra évaluer quels sont les éléments qui permettraient à la continuité municipale d'être porteuse d'idées nouvelles et de nouveaux projets afin de ne pas se reposer sur nos acquis. C'est une préparation et non une pré-campagne", estime l'élu toulousain.

Pourtant, depuis quelques jours, fleurissent dans les rues de Toulouse des affiches avec pour manchette "Toulouse, 5 ans de progrès". Un site web du même nom a été mis à disposition et des livrets détaillant les améliorations dans la Ville rose sous le mandat de Jean-Luc Moudenc ont été déposés dans les boîtes aux lettres.

Il a rencontré le numéro 1 de LREM

Tous ces éléments assemblés laissent croire qu'il est peu probable voire impossible que le maire de Toulouse ne défende pas lui-même son bilan en mars 2020. Surtout que celui-ci oeuvre déjà en coulisses pour préparer ce qu'il qualifie de "futur combat". Il a ainsi rencontré Stanislas Guérini, le patron de La République En Marche, lors d'un déplacement récent à Paris.

"À sa demande, nous nous sommes rencontrés. Tout d'abord, c'était pour apprendre à nous connaître car jusqu'à présent ce n'était pas le cas. Puis nous avons échangé pendant une heure, échange durant lequel je lui exposé ma vision municipale et mon approche à la toulousaine".

D'après le Canard Enchaîné du 26 juin, le parti fondé par Emmanuel Macron devrait annoncer son soutien officiel au maire de Nice, Christian Estrosi, mais aussi au maire de Toulouse, autour de la mi-juillet. Alors candidat ou pas, ce soutien, s'il venait à s'officialiser, pourrait compter au moment de se présenter ou non.

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Une opposition pas encore unie

Et ce n'est pas l'état de son opposition qui va l'inciter à accélérer son calendrier politique. Car si seul actuellement le Rassemblement National a présenté son candidat officiel pour le scrutin, la gauche toulousaine doit tout d'abord se rassembler pour espérer réitérer la performance de 2008. Si Archipel Citoyen tente de faire consensus autour de sa méthode innovante, le Parti Socialiste, Génération-S ou encore le PCF n'ont pas rejoint le collectif toulousain pour le moment .

"La grande différence entre eux et moi, c'est que je me suis mis au travail seulement 15 jours après ma défaite. Il n'y a pas un jour où j'ai arrêté de travailler ou je ne suis pas allé à la rencontre des Toulousains", juge celui qui est encore de maire de Toulouse pour neuf mois au minimum.

De plus, il estime avoir face à lui des écologistes "verts à l'extérieur mais rouges à l'intérieur", sans oublier "l'effondrement de la gauche humaniste et sociale démocrate qui a toujours été très forte à Toulouse". Les petites phrases dignes d'une campagne électorale sont désormais de sortie.

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