Les municipales mettent à mal la filière des travaux publics à Toulouse

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Le chantier du nouveau parc des expositions de Toulouse, au nord de la ville, est actuellement le plus gros chantier public en France.
Le chantier du nouveau parc des expositions de Toulouse, au nord de la ville, est actuellement le plus gros chantier public en France. (Crédits : Rémi Benoit)
La Fédération régionale des travaux publics d'Occitanie vient de lancer une campagne de sensibilisation à l'égard des élus locaux, à quelques mois des élections municipales. Selon l'organisation, ce scrutin fragilise à chaque fois très fortementsur le plan économique la filière et son tissu d'entreprise. Le chiffre d'affaires des entreprises de travaux publics avait connu une baisse supérieure à 10 % en 2014.

Une trentaine d'entreprises qui font faillite, un millier d'emplois perdus (permanents et intérimaires) et 400 salariés en activité partielle. Ces chiffres, fournis par la FRTP d'Occitanie, sont selon elle les conséquences sociales des élections municipales de 2014 dans la région sur la profession des travaux publics. Composé de 2 000 entreprises et 26 000 salariés, pour un chiffre d'affaires de 3,6 milliards d'euros en 2018, cet écosystème voit son activité dépendre à 70% de la commande publique. Résultat, les élections municipales sont un ralentisseur d'activité pour ce tissu économique.

"Nous avons toujours un creux d'activité l'année des élections municipales et celle qui suit. À chaque fois cela nous pose un problème, surtout après deux années de regain d'activité. Alors, nous allons depuis quelques temps à la rencontre des élus locaux pour faire de la pédagogie et tenter de trouver un moyen de maintenir notre activité économique, nos effectifs et nos prévisions d'embauches", explique Frédéric Charmasson, le président délégué de la FRTP Occitanie.

FRTP

Données de la FRTP.

Ainsi, l'organisation représentative vient de lancer une campagne de sensibilisation à destination des élus locaux avec pour thème "Élections municipales, ne vous abstenez pas d'agir !", avec l'édition d'une plaquette pour présenter ce fléau. Selon ses représentants, les premières rencontres aboutissent sur des échanges de qualité. "À chaque fois que nous sommes reçus, nous faisons l'objet d'une véritable écoute, et surtout on se rend compte que nos élus n'étaient pas au courant de cette situation", ajoute le dirigeant. D'ailleurs, Jacques Oberti, le président du Sicoval (communauté d'agglomération du sud-est toulousain qui regroupe 36 communes), a prévu d'aborder le sujet le 4 juillet, lors du prochain conseil communautaire.

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Quatre axes de travail

Au-delà de dénoncer ce problème conjoncturel, la FRTP propose quelques solutions pour rendre cette situation surmontable. "Nous ne sommes pas là pour mendier, mais pour demander une organisation. Ce que nous proposons ne nécessite pas d'argent supplémentaire", lance Thierry Roboam, de l'organisation Routes de France.

Sur la plaquette fournie aux élus et présentée à la presse mardi 25 juin, la FRTP demande une relance voire une accélération des travaux d'entretien et de maintenance durant ces deux années creuses, souvent délaissés au cours du mandat au profit des grands projets. Le syndicat propose également un relais programmé des maîtres d'ouvrage (entre les municipalités, les Départements, les Régions et l'État) pour éviter une baisse d'activité quand l'un de ces échelons est "indisponible" pour des raisons politiques. Enfin, l'organisation propose de réaliser des travaux durant ces deux ans dans des zones qui impactent peu le quotidien de la population dans des zones comme les ZAC et le vote anticipé des budgets.

 "Après avoir connu une hausse de notre activité de +3 % en 2018 et +6 % cette année selon les prévisions, nous souhaitons l'année prochaine avoir une stabilité de notre croissance grâce à nos propositions. Si c'est une baisse de 1 à 2 %, nous pourrons nous adapter, mais nous voulons éviter la chute de 10 à 15 % que nous constatons au lendemain de chaque élection municipale dans la région", détaille Frédéric Charmasson.

Après avoir instauré ce dialogue au niveau régional, la FRTP réfléchit désormais à instaurer cette campagne au niveau national.

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Commentaires
a écrit le 26/06/2019 à 9:11 :
C'est pour cela que la Loi sur les 80km/h devrait être indiscutable mais au nom de la manipulation générale voulant ne faire croire que tout va bien on feint d'ignorer l'état désastreux de nos infrastructures routières anéanties par le transport par camions faisant que de baisser la vitesse maximale de 10km/h est indispensable.

Par contre il y a de sérieux efforts à faire en matière de BTP, les arrangements entre politiciens locaux et chefs d’entreprises locales menant bien souvent à un retard exponentiel des travaux qui se prolongent ad vitam aeternam ou bien de nous mettre un goudron de qualité désastreuse qui à partir de 35° se transforme en liquide, exemples parmi tant d'autres...

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