Régionales : mariage de raison entre Carole Delga et Gérard Onesta

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Carole Delga et Gérard Onesta font alliance pour le second tour
Carole Delga et Gérard Onesta font alliance pour le second tour (Crédits : Rémi Benoit)
Sans surprise, Carole Delga (PS) et Gérard Onesta (EELV) ont annoncé la fusion de leurs listes dans la perspective du second tour des élections régionales. "Notre sud en commun", menée par la socialiste et secondée par l'écologiste, se présentera dimanche prochain aux électeurs avec un but : faire barrage au Front National. Après une campagne où les critiques de part et d'autres n'ont pas manqué, les deux candidats se réconcilient et font converger leurs programmes. Ils comptent "labourer le terrain" d'ici dimanche 13 décembre.

Pour certains, la nuit de dimanche à lundi a été courte, très courte. Après l'annonce des résultats du 1er tour des régionales en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, Carole Delga (PS), Gérard Onesta (EELV) et leurs équipes se sont réunis pour mettre au point leur alliance au second tour. Si la décision de fusionner n'a pris "qu'une demi-seconde" selon Gérard Onesta, l'élaboration de la liste commune a duré près de 14 heures - les négociateurs se quittant en fin de matinée ce lundi - pour prendre en compte les 11 composantes des 2 listes.

Déposée en préfecture dans l'après-midi, la liste de rassemblement "Notre sud en commun" a été construit "dans le respect du vote des électeurs", assure Carole Delga. "Nous avons trouvé une répartition équilibrée dans le respect du vote des citoyens. C'était une évidence. Nous devons être justes dans la représentation de l'expression populaire", a précisé la candidate socialiste lors d'une conférence de presse en fin de journée à Toulouse.

Battre le Front National

L'enjeu pour la gauche unie ? Battre le Front National en tête du premier tour avec 653 547 voix, soit 31,83 % des votes exprimés.

 "Dimanche, nos concitoyens auront un choix clair, un choix qui les concernera dans leurs vies de tous les jours. Au vu des résultats et de la situation politique qui en découle, le rassemblement est indispensable, a déclaré Carole Delga. Il s'est fait avec Gérard Onesta, pour une région généreuse, ouverte et solidaire, qui s'inscrit dans l'avenir et non dans le repli sur elle-même.

Le score élevé du FN nous interpelle. Nous mettrons en œuvre une pratique renouvelée de la politique. Nous voulons envoyer un signal à tous les électeurs de gauche et tous les démocrates. Avec nous, cette région restera à gauche mais surtout sera garante de l'égalité sociale et territoriale.

L'extrême droite, ce n'est pas la sécurité, c'est l'insécurité, en particulier pour les familles modestes. À Beaucaire (Gard), la maison du vivre ensemble, où il y avait du soutien scolaire, a fermé faute de subvention de la municipalité FN."

Concernant le maintien de Dominique Reynié au second tour, Carole Delga a regretté une "différence de conception face au risque du FN" : "Comme souvent à droite, M. Reynié a une certaine faiblesse vis-à-vis du Front National et n'a pas une attitude très courageuse. Son maintien est un signal qui sera pris en compte par les vrais républicains."

Convergence malgré des divergences

Après une campagne où les critiques n'ont pas manqué, les deux candidats se réconcilient donc pour un mariage de raison. "Nos programmes ont des convergences", assure Carole Delga. Cette diversité est et sera notre richesse quand nous aurons - je l'espère - la gestion de cette région pour créer des emplois, garantir l'équité territoriale et soutenir l'accès à la culture."

Même vision pour Gérard Onesta :

"Nous avons des nuances, des différences et des désaccords sur certains dossiers (la LGV par exemple). C'est la vie. Nous n'avons pas peur de la confrontation quand elle se fait dans la loyauté et la tentative de comprendre la position de l'autre et de dégager des compromis fructueux pour le plus grand nombre, a-t-il expliqué.

L'assemblée régionale que nous espérons conduire sera riche, plurielle, vivante et parfois contrastée sur certains dossiers. Elle sera toujours marquée de l'envie de bien faire et de rompre avec cette machine à broyer le territoire qui s'appelle le Front National."

Philippe Saurel appelle à voter contre le FN

À 11 h, ce lundi, Philippe Saurel a rassemblé ses têtes de liste à Toulouse. À l'issue de la réunion, le divers gauche n'a pas donné de consigne de vote, rappelant qu'il n'était "pas propriétaire des voix de ses électeurs".

"Notre position est simple, nous considérons que la situation est suffisamment préoccupante pour que nous indiquions notre volonté ferme de nous opposer dimanche prochain au Front National, en considérant que les citoyens du Midi sont libres et responsables. Nous avons confiance en eux", a-t-il indiqué.

Votera-t-il à titre personnel pour la tête de liste socialiste ? "J'appelle à voter contre le FN. Je le dis depuis le début. J'ai toujours été et je reste socialiste, tendance Jaurès", a-t-il répété, refusant de prononcer le nom de Carole Delga.

Plus que jamais, les ponts sont coupés entre le PS et l'ex-PS. "Avec la campagne qu'il y a eu, il n'y a pas et il n'y aura pas de discussion avec Philippe Saurel", affirme un colistier de Carole Delga.

Dimanche soir, les deux têtes de listes ont échangé quelques SMS pour ouvrir un potentiel dialogue mais, s'il est prêt à discuter, le maire de Montpellier n'a "rien à demander" à l'ancienne secrétaire d'État selon son entourage. Philippe Saurel ne devrait d'ailleurs participer à aucun rassemblement ces prochains jours. La campagne du maire de Montpellier s'arrête donc là.

Pour ce dernier, l'essentiel est d'avoir dépassé "de 52 voix" la barre des 5 % et de voir ses frais de campagne remboursés. "Vous me ferez une note pour ces 4 cafés pour mes comptes de campagne", rappelait d'ailleurs Philippe Saurel au serveur du restaurant où il recevait la presse ce lundi.

Réagissant à l'annonce du dissident socialiste, Carole Delga n'a pas voulu trop faire de commentaires : "Philippe Saurel a choisi une position, c'est la sienne. Il est assez déçu de son score. Il essaie de se donner une façade de liberté."

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Commentaires
a écrit le 09/12/2015 à 7:52 :
Autrefois les bourgeois parisiens allaient s'encanailler dans les cabarets de Montmartre. Aujourd'hui les bobos s'allient avec les anarchistes de Sivens et les Zadistes de Notre Dame des Landes. Tout en donnant l'ordre moral à leurs adversaires de droite de ne pas s'allier avec leur extrême droite pendant qu'ils s'allient, eux, avec l'extrême gauche. C'est le même fantasme de la transgression...
a écrit le 09/12/2015 à 1:28 :
« une région généreuse, ouverte et solidaire, qui s'inscrit dans l'avenir et non dans le repli sur elle-même », « Nous mettrons en œuvre une pratique renouvelée de la politique », « Avec nous, cette région restera à gauche mais surtout sera garante de l'égalité sociale et territoriale », « L'extrême droite, ce n'est pas la sécurité, c'est l'insécurité, en particulier pour les familles modestes », « L'assemblée régionale que nous espérons conduire sera riche, plurielle, vivante », « Elle sera toujours marquée de l'envie de bien faire et de rompre avec cette machine à broyer le territoire qui s'appelle le Front National » — Bon, voici les éléments principaux du programme de l’union entre Carole DELGA et Gérard Onesta. A part le fait, tout le monde l’a bien compris, qu’il s’agit d’éliminer par cette union le parti pour lequel une majorité de citoyens ont voté, le reste veut dire quoi, au juste ?
Réponse de le 09/12/2015 à 7:22 :
C'est comme d'habitude du blabla de socialiste incompétent pour traiter réellement les vrais problèmes que les électeurs soulignent depuis des années.
Réponse de le 09/12/2015 à 22:32 :
tu prends tes désirs pour la réalité et donc visiblement tu as besoin d'une leçon de DEMOCRATIE
quand tu dis "une majorité de citoyens a voté "....pour le FN
c'est tout simplement FAUX !!!
La majorité, dans tous les pays du Monde c'est 50% plus UNE VOIX
Là Alliot est à 30 et quelques %.........On est loin du compte....
Donc soit honnête et constate comme tout le monde qu'au premier tour, Alliot a attiré sur son nom le plus grand nombre d'électeurs ( par rapport aux autres candidats ) ....çà c'est un FAIT !
Le reste c'est juste des mensonges et du fantasme d'électeur FN !
a écrit le 08/12/2015 à 23:51 :
Outre le fait que ça doit encore coûter de l'argent dépensé inutilement, "la maison du vivre ensemble" ne pourrait-elle pas être une maison du vivre tout seul par exemple ?
a écrit le 08/12/2015 à 19:59 :
Saurel se donnerait "une façade de liberté" ? C'est à dire ? Quoiqu'avec les socialistes on avait compris ce que signifiait être libre : c'est penser pareil qu'eux... Magnifique argument pour lutter contre le FN et soutenir les valeurs de la démocratie ! Vraiment bravo Mme Delga vous aller finir par convaincre encore un peu plus de Français de voter FN. Tant qu'à ne pas être libre, on saura au moins pourquoi !
a écrit le 08/12/2015 à 18:38 :
En quoi le FN serait pire que le PS ? Son programme économique est rétrograde ? Et celui du PS, c'est quoi ? Tester le FN aurait un double avantage: si ça marche, tant mieux, et si ça ne marche pas, comme ça au moins on saura que ça ne vaut pas mieux que les autres ! A mon avis il sera difficile de faire pire (sinon pourquoi les villes avec maires FN ont voté pour le FN ?). Quand on en a marre de tout...
a écrit le 08/12/2015 à 15:48 :
Avec ses 31% du premier tour Louis Alliot dont le journaliste n'a pas su citer une seule fois le nom, est assuré d'obtenir au moins 11 point de plus au second. Il lui manque donc pour le moment 8 points pour devenir majoritaire, il compte pour ce faire sur la vague bleue de Marine Le Pen dont il est le conjoint. Une photo en couple serait le bien venu par anticipation. Cependant s'il n'y parvenait pas sa position dans l'assemblée en ferait un arbitre incontournable voire décisive si les partis en présence n'arrivent pas à s'entendre pour des raisons personnelles. Le global parti est pourtant à l'oeuvre face au Front National. Saurel pour sa part a le mérite d'avoir fait sauter la mafia qui était en place à la tête de la ville mais il sait qu'il est sur un siège éjectable à déclenchement rapide. De fait les places se font rares, chacun protège ses arrières en faisant allégeance à qui pourrait devenir protecteur.
Réponse de le 09/12/2015 à 22:34 :
A part fantasmer et diffâmer, planqué derrière un pseudo ( comme souvent d'ailleurs à l'extrême droite....) tu sais faire autre chose?
a écrit le 08/12/2015 à 15:19 :
Breaking news!

Deux micro listes, illustres inconnus, fusionnent sans la moindre chance de success. Et cela fait un article dans La Tribune.

Rome brule, les socialistes chantent!
Réponse de le 09/12/2015 à 22:37 :
L'analyse politique d'un fin intellectuel comme toi manquait vraiment au débat.....SANS LA MOINDRE CHANCE DE SUCCES !!!! Tu vis dans quel monde??? sort de ton nuage de haine et de fantasme....Cette liste à plus de 6chances sur 10 de gagner dimanche et tous les sondages la donnent gagnante.....Ah mais oui bien sur, tu penses que c'est encore les médias ( on dit comment déjà chez les fachos merdias"?) qui font partie du méga complot bobo gaucho islamo judéo socialo médiatico maconnique? j'ai oublié personne au fait????
Effrayant !
a écrit le 07/12/2015 à 23:03 :
Les socialistes ne donnent qu'une "façade de liberté". Seule la vrai liberté, en tant que ressource essentielle du peuple, peut rendre à la France son dynamisme et lui permettre de retrouver sa véritable nature : l'innovation technique et sociale. Arrêtons d'encadrer-entraver-limiter-protéger-contraindre, arrêtons l'état policier, arrêtons d'avoir peur. Seule une nation libre, au sens gaullien, peut relever le défi de la misère laissée par 26 ans de Mitterand-Chirac et 9 ans de Sarkhollande, politique de précaution et de statu-quo.
Réponse de le 08/12/2015 à 15:32 :
Nota : Le sens "gaulien" était très éloigné de la liberté puiqu'il s'agissait d'une dictature. Vous n'auriez pas pu vous exprimer.
Réponse de le 08/12/2015 à 23:56 :
@corso
gaulien avec deux l. En plus vous ne savez pas de quoi vous parlez de dictature. Citez Hitler, Staline, Pinochet, mais surtout pas De Gaulle ou alors informez-vous si vous ne savez pas quoi dire ?

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