La gauche de la gauche en ordre de bataille pour les régionales en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées

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Gérard Onesta, tête de liste EELV pour les régionales en Lanuedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.
Gérard Onesta, tête de liste EELV pour les régionales en Lanuedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. (Crédits : Rémi Benoit)
À quelques mois des élections régionales, Europe-Écologie-Les-Verts, le Parti Communiste, le Parti de Gauche, le Parti Occitan et la Nouvelle Gauche Socialiste poursuivent la construction de leur programme commun. Face à une droite "divisée" et une extrême droite "silencieuse", l'ambition d'EELV et de ses alliés est de dépasser le Parti Socialiste, accusé pour sa part d'exercer au Conseil régional un pouvoir "présidentiel".

La constitution d'une liste commune n'est pas officielle, mais "tous les signaux sont au vert", d'après Gérard Onesta, pour une alliance entre EELV, le PCF, le PG, le POC et la NGS pour les élections régionales de décembre.

"Si tout le monde ici se met d'accord, nous ambitionnons d'être la première force à gauche devant le Parti Socialiste", veut croire Marie-Pierre Vieu, élue communiste et conseillère régionale. "Les derniers sondages montrent que les courbes se sont croisées, renchérit Gérard Onesta, vice-président écologiste du Conseil régional de Midi-Pyrénées. Nous sommes devant le Parti Socialiste."

400 contributions

En juillet, les mêmes acteurs avaient lancé une consultation citoyenne pour bâtir leur programme. Après 400 contributions en ligne et plusieurs réunions aux quatre coins de la nouvelle région, une première synthèse a été réalisée et mise en ligne. "Cela ne constitue pas un programme mais un consensus qui sera présenté aux électeurs le 7 septembre et qui servira de socle à notre programme", précise Patrick Roux, secrétaire fédéral du POC.

Aux quatre thèmes proposés par ce "projet en commun" (Économie et emploi ; cultures et solidarités ; citoyenneté et gouvernance ; développement durable) s'est ajoutée un cinquième sous l'impulsion des citoyens. "Ils nous ont demandé de travailler à une charte éthique et démocratique. Son contenu est un défi que nous lançons à nos adversaires. Nous rêvons que les 4 millions d'électeurs la lisent car nous y réinventons la politique", s'enthousiasme Gérard Onesta. Cette charte propose notamment de mettre en place une révocabilité des élus par démission suite à un référendum, ou encore de rompre "avec le régime présidentiel en place au conseil régional".

Un match à gauche

Une alliance avec le PS est-elle étudiée ? "Nous pensons que l'électorat socialiste est sensible à nos propositions, considère Gérard Onesta. Quand nous serons devant le PS, c'est lui qui viendra vers nous."

Et quid du maire de Montpellier Philippe Saurel et de sa liste citoyenne ? "Qu'y a-t-il de citoyen dans sa démarche alors qu'il choisit lui-même ses candidats et qu'il écrit seul son programme", s'insurge Guilhem Serieys, du Parti de Gauche. "En quoi se distingue-t-il du Parti Socialiste ?", s'interroge Marie-Pierre Vieu, conseillère régionale.

La droite ne semble pas inquiéter outre mesure le leader écologiste.

"Dominique Reynié (le candidat LR, NDLR) est extrêmement discuté dans son camp. Face à une droite si divisée, nous ne sommes pas en mode panique, analyse Gérard Onesta. Le FN nous inquiète davantage, mais Louis Aliot ne fait pas campagne et il y a des tensions dans son camp. Cela dit, la folie du PS de vouloir mettre en place des présidents délégués, dans le genre "on se partage les places", cela nourrit le "tous pourris" et fait le jeu du FN."

En somme, pour EELV et ses alliés, la bataille pour les régionales se jouera à gauche. Reste à savoir quelle gauche l'emportera. Les 19 et 20 septembre, chaque membre de cette alliance de la gauche de la gauche décidera ou non de la concrétiser. Il sera alors temps de passer d'une "dynamique de projet", à une "dynamique de campagne".

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