Départementales : Castanet-Tolosan, le match retour Muriel Pruvot / Arnaud Lafon ?

Sur le canton de Castanet-Tolosan, l’équation est la suivante : à droite, le maire Modem de Castanet Arnaud Lafon, se verrait bien à la place de Pierre Izard. Face à lui, son adversaire de 2011, la sortante socialiste Muriel Pruvot, durement attaquée sur son bilan. Le match retour se jouera dès le 22 mars, même si trois autres candidats sont dans la course (deux à gauche, plus le FN). Alors que tout le monde est d’accord sur le prolongement de la ligne B du métro, la seule ligne clivante est purement…politique.

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A gauche : le binome socialiste Muriel Pruvot / Philippe Bagneris. À droite, le binome Droite réunie avec Elisabeth Barral et Arnaud Lafon
A gauche : le binome socialiste Muriel Pruvot / Philippe Bagneris. À droite, le binome "Droite réunie" avec Elisabeth Barral et Arnaud Lafon (Crédits : dr)

À écouter les petites phrases des uns et des autres, il paraît évident que le prolongement de la ligne B du métro jusqu'à Labège est l'enjeu principal de l'élection départementale sur le canton de Castanet (à cheval sur Toulouse Métropole et le Sicoval). Alors que l'enquête publique doit commencer en avril, le dossier agite la scène politique locale depuis  que le maire UMP de Toulouse Jean-Luc Moudenc a fait part de son intention de privilégier une troisième de métro au détriment du PLB.

Le PLB, la (non) polémique

Le premier à dégainer est le candidat du Modem Arnaud Lafon (en binôme avec la sans étiquette Élisabeth Barral), qui se moque volontiers du PS, à qui il attribue "un carton rouge".

"Le PS était contre le PLB hier et il est pour aujourd'hui ! Le pire, c'est que les socialistes font croire que la droite est contre le PLB" s'agace le maire de Castanet, qui n'a jamais caché son ambition de ravir le siège de Pierre Izard.


Mais sa position sur le thème du PLB soulève des questions dans les rangs de ses concurrents.

"La position d'Arnaud Lafon est ambiguë", commente le duo EE-LV composé de Bérengère Doerler et Michel Sarrailh. "Il est pour le PLB mais appartient à la liste de la Droite Unie menée par Jean-Luc Moudenc, qui lui, veut la troisième ligne de métro".

Pour le binôme socialiste Muriel Pruvot  (conseillère générale sortante) / Philippe Bagneris,  le "retournement de veste" ne vient pas du PS :

"Qui a provoqué la polémique ? Les déclarations publiques de monsieur Lafon dans la presse en faveur de la 3e ligne de métro remettent en cause aujourd'hui le consensus enfin trouvé entre tous les décideurs et les financeurs" déclare la socialiste.

Pour Arnaud Lafon, la mise au point s'impose :

"Ma position n'est pas ambiguë. La 3e ligne de métro souhaitée par Jean-Luc Moudenc est une excellente idée mais elle n'est pas financée. J'ai toujours été pour le PLB. Nous devons de toute façon attendre les résultats de l'enquête publique."


Malgré ce débat qui occupe beaucoup les candidats, une conclusion se dégage : sur le canton de Castanet-Tolosan, absolument tous les candidats sont pour le prolongement de la ligne B du métro jusqu'à Labège. "Je n'ai aucun problème à être en accord avec le PS sur ce point" ironise même Arnaud Lafon.

Une Élection nationale ?

Avec la réforme territoriale, tous les conseillers départementaux de France vont être renouvelés en même temps cette année. Un test pour le gouvernement socialiste.

"Je regrette que cette élection prenne une tournure nationale car on juge une étiquette, pas un produit", souffle Arnaud Lafon.

La dimension nationale de cette élection se retrouve dans les propos des candidats. La candidate divers gauche Dominique Flecher dénonce ainsi "la politique d'austérité du gouvernement qui touche les collectivités et les citoyens. On ne peut pas isoler le contexte local du contexte national". Bérengère Doerler (EE-LV) milite quant à elle pour un "renouvellement de la classe politique". À noter que dans la précédente assemblée départementale, il n'y avait en effet qu'un seul conseiller général EE-LV en Haute-Garonne, Patrick Jimena.

C'est la candidate Front National, Marie Lopau (épouse de l'ex président du FN31 Serge Larroze) qui porte le programme dont la dimension est la plus nationale : "Nous voulons appliquer les idées de Marine Le Pen au niveau départemental". Précisément, Marie Lopau fait campagne sur les finances : "Nous allons regarder les comptes de près, stopper le clientélisme, et gérer le département en bon père de famille". Sur ce point son discours rejoint celui du candidat de droite Arnaud Lafon. En revanche la candidate est la seule à aborder le thème de l'immigration :

"Nous voulons vérifier qu'il n'y a pas de clandestins qui bénéficient illégalement du RSA" affirme-t-elle.


Par ailleurs, les compétences historiques du Département se retrouvent dans tous les programmes : la vieillesse, la protection de la petite enfance, des personnes en situation de handicap et en difficultés d'insertion.


Le Parti socialiste attaqué


Le binôme le plus durement attaqué lors de cette campagne est probablement celui des socialistes Muriel Pruvot et Philippe Bagneris. La conseillère sortante, particulièrement, est pointée du doigt par Arnaud Lafon pour "son bilan inexistant". "Muriel Pruvot n'a jamais existé qu'à travers Pierre Izard", assume le candidat de droite, qui se considère pour sa part "davantage de la trempe des socialistes Georges Méric ou Alain Fillola". Pour rappel, l'élection qui se joue sonne un peu comme une revanche pour Arnaud Lafon : en 2011, aux cantonales, il avait perdu face à Muriel Pruvot.

Pour la candidate Divers Gauche Dominique Flecher, "la dispersion de la gauche n'est pas de notre faute, c'est le PS qui est en décalage avec les aspirations des citoyens".
Les candidats EE-LV Bérengère Doerler et Michel Sarrailh dénoncent enfin "le mode de fonctionnement très dirigiste de Pierre Izard".

Des attaques qui ne font pas trembler la conseillère sortante, qui défend inlassablement son bilan :

" J'ai établi une relation suivie avec les élus des communes pour un traitement équitable de tous les dossiers de demande de subvention des 15 communes du canton, j'ai apporté un soutien appuyé à de nombreuses associations, et mis en place des permanences régulières pour recevoir les habitants du canton et leur apporter conseils et soutien."

 À ses adversaires de gauche, le binôme PS répond :

"La division n'est jamais une bonne chose car elle a comme conséquence de dérouter les électeurs et de favoriser un éparpillement des voix de gauche, avec le risque fort de provoquer un duel droite - extrême droite au second tour."

Mais, étonnamment, une des attaques les plus virulentes vient de l'allié même du PS au niveau départemental : le PRG. Philippe Bapt, président du Cercle des radicaux de gauche de Castanet-Tolosan - Saint-Orens et ancien conseiller municipal PRG de Saint-Orens, assure qu'il n'a pas été associé à la campagne du PS.

"Madame Pruvot ne nous a pas convié à l'inauguration de son local de campagne, le PRG n'a été ni consulté, ni approché pour mener la campagne. Cette façon de faire ressemble davantage à celle de la droite qu'à celle des progressistes. Je ne comprends pas. Serions-là juste pour apposer notre logo sur les tracts ?"

L'intéressée se dit surprise de ces déclarations qui arrivent lors de la dernière semaine de la campagne :

"Lors du lancement de la campagne départementale de nos candidats le 30 janvier dernier, notre local était ouvert à tout le monde, l'invitation ayant été faite par voie de presse. Nous ignorons les griefs de M.Bapt puisqu'il ne nous a jamais contacté, et que nous ne l'avons jamais vu au local, sur les marchés et sur le terrain. Les enjeux de cette campagne départementale valent mieux que les états d'âme et que cette démarche personnelle."


Pronostics

Le malaise semble profond entre le PS et le PRG, puisque Philippe Bapt affirme de son côté qu'il "ne serait pas étonné qu'Arnaud Lafon gagne".

Joueur, le maire de Modem de Castanet se livre d'ailleurs volontiers au jeu des pronostics :
"Je donne 20 % à 25 % pour le PS, 20 % à 25 % pour la droite. Les Verts feront 15 % à 20 %, les divers gauche 10 % et le FN 15%", s'aventure le candidat, qui ajoute :

"Je suis tout sauf confiant. Les candidats de la droite qui vont se retrouver face au FN au deuxième tour auront beaucoup plus de chance de l'emporter. Moi, je vais me retrouver face au PS !"

Dans le canton de Castanet, la conseillère générale socialiste l'avait emporté à 2 000 voix près lors des dernières cantonales, en 2011. Mais depuis, l'UMP a remporté de nombreuses communes lors des municipales, notamment Saint-Orens, dont la nouvelle maire Dominique Faure, est divers droite. "Ces 2 000 voix sont récupérables", estime Arnaud Lafon.

 De son coté le PS se montre prudent :

"Tout dépendra du degré de mobilisation des citoyennes et des citoyens, que nous appelons vivement à ne pas s'abstenir et à voter pour nous dès le 1er tour, car l'enjeu de ces élections concerne avant tout leur avenir et celui de leurs enfants."

Le binôme divers gauche vise le second tour. EE-LV (qui avait recueilli 19% des votes au 1er tour en 2011) envisage déjà une alliance avec le PS dans l'entre deux tours mais prévient :

"On ne se contentera pas des miettes. Le PS a besoin de nous pour gagner mais après il nous oublie."

Enfin, pour la FN Marie Lopau (14% des voix en 2011 au premier tour), un second tour "n'est pas impossible", même si l'ensemble de ses adversaires s'accordent à dire que le canton de Castanet n'est pas une terre fertile pour le Front National.

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Commentaire 1
à écrit le 26/03/2015 à 11:09
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Les candidats écologistes remercient les 1887 électrices et électeurs du canton de Castanet-Tolosan qui ... ont soutenu nos idées pour rénover le Conseil départemental. Nous avons porté la nécessité de revoir la relation entre élus et citoyens (non...

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