Départementales 2015 : le grand changement en Midi-Pyrénées ?

Depuis hier soir (lundi 16 février), les inscriptions sont closes pour les dépôts de candidature aux départementales. La campagne officielle commencera le 9 mars, pour un 1er tour le 22 mars. En Midi-Pyrénées, tous les conseils généraux sont aux mains de la gauche, sauf dans l’Aveyron. Certains pourraient basculer. État des lieux.
1er tour des départementales le 22 mars prochain
1er tour des départementales le 22 mars prochain (Crédits : Rémi Benoit)

Alors que les compétences des futurs départements ne sont pas encore connues (et pourraient ne pas l'être le jour du 1er tour, le 22 mars), en Midi-Pyrénées, l'enjeu des départementales se cristallise sur une question : les départements à gauche vont-ils basculer à droite ? Alors que pour la première fois, tous les conseils généraux (qui vont devenir conseils départementaux) vont être renouvelés en même temps, le scrutin prend une allure nationale pour le PS. Sébastien Vincini, premier secrétaire du PS 31 affirmait déjà en novembre dernier : "Nous sommes lucides sur le contexte difficile, lié au contexte national. Nous ne sommes ni sourds, ni aveugles." Tour d'horizon des huit départements de Midi-Pyrénées.

Le point dans les 8 départements

Haute-Garonne
Le PS tremble en Haute-Garonne. Le départ de Pierre Izard, président du Conseil général depuis 1988, combiné au contexte national, ne met pas les socialistes en confiance. En face, la droite, forte de sa victoire lors des municipales à Toulouse l'année dernière, marche unie avec le Modem et l'UDI, Jean-Luc Moudenc en discret chef de file. "On l'aura ce département !" claironne Arnaud Lafon, maire Modem de Castanet-Tolosan, pressenti pour prendre la présidence en cas de victoire de la droite. Le sénateur PS Claude Raynal, qui s'est exprimé sur les départementales lors de ses vœux à la presse le 26 janvier dernier, s'est dit optimiste : "Je suis extrêmement confiant sur le fait que nous conservions le Département à gauche même si la droite devrait gagner un peu plus de sièges que d'habitude."

Gers
Le Gers, clairement ancré à gauche, est dirigé depuis 1998 par Philippe Martin, qui a fait un bref passage au gouvernement comme ministre de l'Écologie entre 2013 et 2014. Néanmoins, lors des municipales, plusieurs communes importantes sont passées à droite, comme Condom ou Vic-Fezensac. Pour ce scrutin, le leader de la droite est Michel Gabas, le maire d'Eauze, à la tête du mouvement "Unis pour le Gers". Il pourrait prendre la présidence du Conseil général en cas de basculement. Une hypothèse peu probable dans ce département qui compte actuellement 26 conseillers généraux de gauche sur 31.

Ariège
Autre terre socialiste, l'Ariège. Dans ce département rural, 19 des 22 conseillers généraux sont à gauche et les principales mairies le sont également (dont la préfecture, Foix). Le Conseil général est présidé depuis novembre dernier par le socialiste Henri Nayrou, qui a lui-même succédé à Augustin de Bonrepaux, 79 ans, ex-maire PS d'Ax-les-Thermes. À noter qu'avec sept binômes, le FN présente plus de candidats que l'UMP et l'UDI pour ces départementales.

Tarn
Le Conseil général du Tarn est présidé depuis 1991 par le socialiste Thierry Carcenac. Élu sénateur en septembre 2014, Thierry Carcenac est le premier partisan du très polémique barrage de Sivens. Il se représente pour une 24e année à la tête du Conseil général. Un repoussoir pour les écologistes qui font bande à part pour ce scrutin. La droite et le centre (15 sièges actuellement) espèrent ravir ce bastion socialiste. Après une forte poussée à Mazamet, Albi et Graulhet en 2011, le FN présente des candidats dans 22 des 23 cantons du département (contre 46 avant le redécoupage).

Tarn-et-Garonne
La présidence du Conseil général du Tarn-et-Garonne est assurée depuis 1985 par le patron du PRG Jean-Michel Baylet. Avant lui, c'est sa mère, Évelyne-Jean Baylet, qui tenait les rênes. Mais le vent a tourné lors des sénatoriales en 2014 : Jean-Michel Baylet a été sorti par François Bonhomme, maire UMP de Caussade. Pour les départementales, le président sortant devra faire face sur le canton de Valence à Pascal Ellul, proche de Brigitte Barèges (la maire UMP de Montauban). Le comportement des électeurs socialistes sera déterminant.

Aveyron
C'est l'exception. L'Aveyron est le seul Conseil général de Midi-Pyrénées détenu par la droite. Son président depuis 2008, le sénateur UDI Jean-Claude Luche, mène la liste "l'Aveyron en marche" et compte refaire un mandat. À noter qu'il pourrait en être empêché : il est menacé par un recours pour dépassement de comptes de campagne lors des sénatoriales, de même qu'un autre sénateur élu en 2014, l'UMP Alain Marc, lui aussi candidat aux départementales. À l'heure actuelle, le Conseil général est composé de 26 élus de droite, et 20 de gauche.

Lot
Le socialiste Serge Rigal préside actuellement le Conseil général, et compte bien être reconduit. C'est un proche de Gérard Miquel, à qui il a succédé (ce dernier voulant se consacrer à son mandat de maire de Saint-Cirq Lapopie). Alors que le FN devrait présenter des candidats dans au moins 13 cantons sur 17, la gauche s'appuie sur la tradition socialiste du département et sur ses plutôt bons résultats aux municipales. Le département n'a en effet pas connu de "vague bleue" en 2014. Jean-Marc Vayssouze-Faure, le maire PS de la préfecture, Cahors, a été réélu.

Hautes-Pyrénées
Le Conseil général des Hautes-Pyrénées est présidé par le PRG Michel Pélieu, candidat à sa propre succession. Dans ce département où la majorité de gauche est écrasante (32 conseillers généraux à gauche, 2 à droite), aucun accord n'a été trouvé entre le PS et le PRG pour les départementales, et les socialistes vont présenter des candidats dans tous les cantons. Parmi eux, Jean Glavany, ex-président de la communauté d'agglomération de Tarbes (la préfecture, qui est dirigé par l'UMP Gérard Trémège).

Calendrier

Le calendrier s'accélère pour ces élections départementales. Désormais, il n'est plus possible de se porter candidat auprès de la préfecture, les listes sont closes depuis hier 16h00 (lundi 16 février) et la campagne officielle débutera le 9 mars.

Le 1er tour a lieu le 22 mars prochain. La campagne du second tour aura lieu du 23 au 28 mars à minuit, puis le second tour se déroulera le 29 mars. Pour savoir définitivement de quelle "couleur" politique seront les départements, il faudra attendre l'élection des présidents des conseils départementaux, qui devrait intervenir le 3 avril dans les 98 départements concernés.

En effet, à noter que Paris n'est pas concernée car c'est à la fois une commune et un département. La métropole de Lyon non plus car elle exerce les compétences départementales depuis le 1er janvier dernier. Autre cas particulier : La Martinique et la Guyane, qui viennent de devenir des collectivités uniques. Les élections départementales auront lieu en même temps que les régionales.

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