Le sénateur Claude Raynal intéressé par la présidence de Toulouse Métropole en 2020

 |   |  743  mots
Claude Raynal, sénateur et président du groupe socialiste à Toulouse Métropole.
Claude Raynal, sénateur et président du groupe socialiste à Toulouse Métropole. (Crédits : Rémi Benoit)
À l'aise dans ses nouveaux habits de sénateur, le socialiste Claude Raynal conforte sa position de chef de file de la gauche toulousaine et vise la présidence de Toulouse Métropole en 2020.

Depuis la fenêtre du bureau de sa nouvelle permanence, rue du Poids de l'huile à Toulouse, le sénateur socialiste Claude Raynal a une vue sans pareille sur le Capitole."J'ai dit à Jean-Luc Moudenc que j'allais installer une longue-vue", plaisante-t-il à l'occasion de ses vœux à la presse. Rien de symbolique, cependant, je voulais seulement être près des lignes A et B du métro."

Bien qu'il s'en défende, le jeune sénateur a déjà un œil sur 2020, date des prochaines élections municipales. Maire de Tournefeuille, Claude Raynal avait annoncé qu'il quitterait ses fonctions après son élection au palais du Luxembourg en septembre. "Je le ferai autour de l'été prochain, avant octobre, assure-t-il aujourd'hui. Mais, je reste à la Métropole." La présidence de la collectivité toulousaine l'intéresse-t-il ?

"Je prends date sur la question de Toulouse Métropole, reconnaît-il. La loi sur les métropoles prévoit que le président de la métropole soit élu au suffrage universel direct. On verra bien si c'est le cas. Mais, il n'échappera à personne que le président du principal groupe minoritaire de la Métropole s'intéresse à la question, dans une vision métropolitaine et non toulousaine".

Un sénateur occupé

D'ici "cet horizon lointain", le chef de file de la gauche toulousaine compte se consacrer au Sénat. Une tâche qui lui procure un plaisir non dissimulé.

"Au Sénat, ce qui est très intéressant, c'est qu'on peut nettoyer un peu les idéologies et aller au cœur des sujets avec les autres élus pour essayer d'arbitrer les textes d'intérêt général. C'est assez agréable. Je préfère une solution négociée qui fonctionne plutôt qu'une positionnement de principe."

Nommé à la "prestigieuse" commission des finances du Sénat, rapporteur spécial sur la mission "Sport, jeunesse et vie associative", membre de la commission d'enquête sur "l'organisation et les moyens de la lutte contre les réseaux djihadistes en France et en Europe", Claude Raynal est également l'un des secrétaires de la commission spéciale chargée d'examiner la loi Macron.

"Le département est indispensable"

Alors que le Sénat termine ses discussions sur la loi Notre (Nouvelle organisation territoriale de la République) ce mardi 27 janvier, Claude Raynal se pose en défenseur du département par rapport à la métropole. "Les compétences du Conseil général sont bien exercées. Il n'y a aucune plus-value à les faire faire par la métropole, affirme-t-il. Les enjeux pour celle-ci sont le rayonnement, l'innovation et l'économie. Des sujets qui dépendent de la Région."

Dans l'optique des élections départementales des 22 et 29 mars, la question est importante selon le socialiste.

"Sacha Briand, le président du groupe majoritaire de droite de Toulouse, s'est dit favorable au modèle lyonnais (voir l'encadré, ndlr). On est assez proche, je pense, de la voix de Jean-Luc Moudenc. Mais, dans le Rhône, le département et la métropole sont aussi riche l'un que l'autre, ce qui n'est pas le cas en Haute-Garonne. Le risque serait que la métropole toulousaine se détache du reste du territoire, s'inquiète Claude Raynal. Ce discours de séparation entre le département et la métropole est dangereux et incompatible avec la vision d'un département utile.

Pour appliquer le "modèle Lyonnais", il faudrait que, comme à Lyon, les exécutifs métropolitains et départementaux soient à l'unisson. "Si le département bascule à droite, on peut se retrouver dans ce genre d'accord, prévient Claude Raynal. Mais, je suis extrêmement confiant sur le fait que nous conserverons le département, même si la droite devait gagner plus de sièges que d'habitude". Verdict le 29 mars prochain.

"Le modèle lyonnais"

Depuis le 1er janvier 2015, le territoire du Grand Lyon ne fait plus partie du département du Rhône. La Communauté urbaine de Lyon devient une nouvelle collectivité, la Métropole de Lyon, reprenant les compétences du Dépar­tement du Rhône sur son territoire.
Le nouveau département du Rhône compte 23 cantons. Il n'en aura plus que 13 après la réorganisation territoriale qui entrera en application le 29 mars 2015. Sur son territoire, essentiellement péri-urbain, il conserve les compétences qui lui était attribué jusqu'alors en matière d'aide sociale, d'autonomie des personnes et de solidarité des territoires.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/01/2015 à 14:14 :
Il est bien dans ses bottesLIl faurt conserver le Département et mes indemnités.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :