Les quatre scénarios envisagés à Toulouse pour réduire la pollution automobile

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Toulouse Métropole veut interdire certaines axes de circulation aux voitures les plus polluantes.
Toulouse Métropole veut interdire certaines axes de circulation aux voitures les plus polluantes. (Crédits : Remi Benoit)
Toulouse Métropole compte mettre en place une zone à faibles émissions (ZFE) dans laquelle les véhicules les plus polluants auront interdiction de circuler. La collectivité a dévoilé une étude menée avec Atmo Occitanie qui montre l'impact sur la pollution et le trafic automobile pour les quatre périmètres envisagés. Décryptage.

Pour faire chuter la pollution atmosphérique, la circulation pourrait bientôt être interdite dans la Ville rose aux voitures les moins propres. En octobre 2018, la métropole toulousaine s'est engagée auprès de l'État à mettre en place une zone à faibles émissions (ZFE) d'ici 2020.

Ce dispositif est déjà en vigueur à Paris ou Grenoble et une dizaine de villes françaises supplémentaires doivent suivre cet exemple dans les mois à venir. L'État français, qui est poursuivi devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) pour non-respect des normes de qualité de l'air, a prévu d'allouer une enveloppe de 1,3 million d'euros aux collectivités pour la création de ces ZFE. À Toulouse, la Métropole a dévoilé début août les quatre périmètres envisagés pour sa mise en place.

Scénario A : le centre-ville

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Le premier scénario étudié se restreint au centre-ville. Dans ce cas, la zone à faible émission suit le Canal du Midi, des Pont Jumeaux au Pont des Demoiselles. Il est délimitée au sud par l'avenue Crampel. À l'intérieur du périmètre, les voitures possédant une vignette Crit'Air 4 ou 5 ainsi que les véhicules immatriculés avant 1997 seraient interdits d'y circuler 24h/24.

Ce scénario qui propose la ZFE la plus réduite est aussi celui qui a l'impact le plus négligeable pour réduire la pollution à Toulouse. D'après les projections réalisées par Atmo Occitanie, le scénario A diminuerait de près de 15 tonnes par an les oxydes d'azote (NOx), mais de seulement 0,1 tonne les particules fines de type PM2,5 et de 1,3 tonne les PM10. Surtout, l'amélioration de la qualité de l'air sur quelques grands axes du centre-ville se ferait au détriment d'une dégradation des conditions environnementales aux abords du périphérique.

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Côté circulation, le centre-ville gagnerait légèrement en fluidité (-4% de trafic à l'heure de pointe le soir) mais un report du trafic sur la rocade extérieure (+3%) serait observé.

Scénario B : le périphérique exclu

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Le scénario B, plus ambitieux, réglemente la circulation de la ville à l'intérieur du périphérique et aux abords de la rocade Arc-en-Ciel. Mais les rocades sont exclues de la ZFE.

Côté qualité de l'air, les effets seraient davantage perceptibles avec 85 tonnes d'oxydes d'azote en moins, ainsi qu'une réduction de 6 tonnes des PM2,5 et de 7 tonnes des PM10. Dans ce cas de figure, pas de dégradation de la qualité de l'air aux abords du périphérique et une amélioration plus notable dans le centre-ville.

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L'étude prévoit une réduction de 3% du trafic vers le cœur de ville le soir et un léger report sur le périphérique intérieur (+1%).

Scénario C : le périphérique inclus

Le scénario C reprend le même périmètre que pour l'hypothèse B, à la différence que le périphérique et la rocade sont inclus dans la zone à faibles émissions. Ce qui veut dire que les véhicules avec une vignette Crit'Air 4, 5 ou immatriculés avant 1997 ne pourront pas y circuler 24h/24.

Alors que la majeure partie de la pollution à Toulouse est concentrée aux abords du périphérique, la mesure aurait un impact fort sur la qualité de l'air avec une réduction de 106 tonnes d'oxydes d'azote et de près de 8 et 9 tonnes des deux types de particules fines. L'Ouest toulousain verrait une grande amélioration des niveaux de pollution ainsi qu'une baisse du trafic le soir. Un léger report sur le périphérique serait cependant observé d'après les projections.

scenario c zfe

Scénario D : les vignettes Crit'Air 4 peuvent circuler

Le dernier scénario, reprend le scénario B qui écarte le périphérique mais est moins restrictif sur le type de véhicules concernés. Seules les vignettes Crit'Air 5 et les voitures immatriculées avant 1997 ne peuvent pas circuler, les Crit'Air 4 sont exclues de la mesure.

Dans cette configuration, l'effet sur la pollution est beaucoup plus négligeable avec 38 tonnes d'oxydes d'azote en moins et un impact global sur la qualité de l'air quasi nul. Seulement 1 800 personnes bénéficieraient d'une amélioration de la qualité de l'air, contre environ 171 000 dans le scénario C et 27 000 dans le scénario A. Au niveau de la circulation, une légère baisse (-1%) du trafic sur le périphérique ouest serait observée et une légère hausse (+1%) sur la rocade extérieure.

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Une mise en vigueur après les élections municipales

La collectivité précise que ces scénarios ne sont que "des hypothèses de travail". Toulouse Métropole prévoit une mise en service de la ZFE d'ici fin 2020 au mieux.

Reste à savoir si les élections municipales de mars prochain bouleverseront ce calendrier. La pollution pourrait devenir un sujet central de la campagne. D'après un sondage BVA pour La Tribune réalisé en avril dernier, les questions de mobilité et d'environnement figurent en tête des préoccupations des Toulousains. Les candidats l'ont bien compris. En avril dernier, le collectif Archipel Citoyen (allié à EELV et la France Insoumise pour les municipales) avait diffusé une carte montrant les niveaux de polluants à proximité des écoles.

D'après Atmo Occitanie, entre 8 000 et 18 000 personnes à Toulouse vivent dans une zone qui dépasse les limites réglementaires en matière de pollution. Chez ces populations vivant principalement à proximité des grands axes automobiles, "on constate une augmentation de 15 à 30% des nouveaux cas d'asthme chez l'enfant et des pathologies chroniques respiratoires et cardiovasculaires fréquentes chez les adultes âgés de 65 ans et plus comme les pneumonies, les infarctus et AVC", d'après les mesures réalisées lors de l'étude européenne Aphekom.

Lire aussi : Enquête : la pollution de l'air en chiffres sur Toulouse Métropole

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Commentaires
a écrit le 21/08/2019 à 10:10 :
Voila longtemps helas que Toulouse n'est plus la ville rose.
Ca pue un max aux heures de rush.
a écrit le 21/08/2019 à 8:26 :
C'est grotesque, les productifs sous payés n'ont pas les moyens d'acheter des véhicules neufs ou récents, encore des ahuris a la tête d'une grande mairie, ça fait mal, les gars qui ne sont jamais sortis de leur cocon ne font
que des gestionnaires bidons.
Réponse de le 22/08/2019 à 15:15 :
Tout à fait d'accord, les productifs sous-payés n'ont pas les moyens d'acheter des véhicules neufs.

Ce n'est pas une raison pour continuer à empoisonner l'air.

Ici il n'est pas question de déreglement climatique, mais bien de santé publique. Pour éviter de voir les taux de cancers et de maladies respiratoires continuer à grimper chez les population urbaines, il va bien falloir arrêter les voitures en zone urbaine.

Ce problème de santé est lié à la concentration des voitures : trop au même endroit qui polluent beaucoup. A la campagne, le problème ne ce pose pas du tout de la même façon car la pollution est "dilluée" : les effets sur la santé sont beaucoup moindres. Même s'il reste les effets sur le climat.

Les dépenses de santé que cela génère sont déjà énormes et vont aller en augmentant.

Et ce sont les mêmes productifs sous-payés qui n'auront pas les moyens de se soigner.

Donc on fait quoi ? On continuer à empoisonner les villes et on attend d'avoir des enfants qui développe un cancer des poumons sans jamais avoir fumé pour attaquer l'état en justice ?

La vraie solution, c'est de développer les transports en communs, surtout en zone urbaine : moins de pollution, et ça coûte moins cher que la voiture pour les usagers. Ça ne paie pas mieux les gens, mais ils dépensent moins.
a écrit le 20/08/2019 à 20:39 :
C'est idiot. Un type en Ranch Rover tout neuf de 250cv pourrait circuler mais pas celui en C3 un peu ancienne et qui consomme 4l/100. Une fois de plus, on lutte contre la pollution en punissant les plus modestes au lieu d'investir dans des moyens de transports collectifs, extension des métros ou création de RER. En gros, on ne va rien dépenser et collecter des amendes plutôt. Stupide !
Réponse de le 20/08/2019 à 22:02 :
Cela repose sur le fait que les voitures les plus récentes sont équipées pour filtrer les émissions d’oxyde d’azote et les fines particules que ce soit une C3 ou un Range Rover !!! Par contre pour le gaz carbonique, les voitures diesel à cylindrée égale, en rejette moins que celles à essence.....
Réponse de le 22/08/2019 à 15:06 :
Effectivement, ca à l'air idiot.

Mais la pollution émise n'est pas directement liée à la consommation de carburant.

Un véhicule neuf qui a un moteur dont la combustion est très efficace et est équipé de bons filtres émets moins de polluants, même s'il consomme 2x plus.

C'est triste, mais c'est la réalité.

Dans cet article, il n'est pas question de changement climatique (très lié au CO2) mais de santé publique (très lié aux émissions de particules).

Un gros 4x4 moderne n'émet pas forcement plus de CO2 et beaucoup moins de particules...

Après, c'est pas une raison pour rouler en gros 4x4, surtout en ville. Je suis parfaitement d'accord sur le fait que l'on devrait investir massivement dans les transports en commun plutôt que de chercher à continuer à utiliser des transports collectifs.
a écrit le 20/08/2019 à 17:33 :
Réduire la pollution qu'ils disent pendant Flexibus veut s'élargir en Occitanie!
Thales et son Stratobus, superbe machine à promouvoir le télétravail en zone blanche!
houille blanche des Pyrénées, énergie bois locale, solaire thermique, chaleur fatale, moteurs Stirling... Tout ça c'est propre!
Donc volants d'inertie pour les transports en commun et les utilitaires légers, plus biogaz pour remplacer les diesels des particuliers!
a écrit le 20/08/2019 à 17:03 :
Mouduc , le Maire mou et Duc

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