Mardi noir : un millier de professeurs et d'élèves manifestent contre la réforme du bac

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Un millier de profs et d'élèves ont défilé mardi dans les rues de Toulouse.
Un millier de profs et d'élèves ont défilé mardi dans les rues de Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)
Professeurs, étudiants et lycéens ont défilé mardi 11 décembre dans les rues de Toulouse pour dénoncer notamment la réforme du bac et Parcoursup. Ils étaient entre 1 200 selon la préfecture et 2 600 selon les syndicats.

À l'occasion d'un "mardi noir", 450 lycées ont été bloqués partiellement ou totalement le 11 décembre sur l'ensemble de la France. À Toulouse, c'était aussi le cas par exemple au lycée des Arènes où les cours ne sont plus assurés depuis une semaine, mais aussi des établissements Rive Gauche, Stéphane Hessel, Ozenne et Raymond Navès. Quant au lycée Bellevue, il est resté fermé la journée a annoncé l'établissement pour "éviter tout débordement devant le portail et à ramener la sérénité dans cette période difficile". Le lycée Andromède de Blagnac a même fait l'objet d'un incendie la semaine passée engendrant sa fermeture pendant plusieurs jours.

"La réforme du bac renforce les inégalités scolaires"

En début d'après-midi, professeurs, étudiants et lycéens ont défilé dans le calme dans les rues de Toulouse entre la place Arnaud Bernard et le Monument aux morts. Ils étaient entre 1 200 selon la préfecture et 2 600 selon les syndicats. Les motifs de contestation étaient nombreux.

Brandissant une pancarte, une professeure de maths au lycée de Muret craint que "la réforme du bac renforce les inégalités scolaires. Accorder davantage de place au contrôle continu va favoriser certains établissements". Un peu plus loin, deux profs de langues au Lycée Saint-Sernin s'interrogent : "Si les établissements doivent concevoir eux-mêmes les épreuves, ce serait la fin de l'examen national unique pour tous les élèves. Pour remonter les moyennes, certains lycées pourraient créer des épreuves plus faciles, générant des bacs au rabais".

Parcoursup : "c'est très anxiogène pour les élèves"

Dans le cortège, les professeurs dénoncent aussi les conséquences de la plateforme Parcoursup. "Certains élèves avec un bon niveau qui étaient avec Admission post-bac assurés d'avoir une réponse, se sont retrouvés sur liste d'attente. L'année dernière, un élève qui avait 17 de moyenne n'a pas été pris en prépa au lycée Pierre-de-Fermat (l'un des plus côtés, ndlr)", illustre la prof de maths. "C'est très anxiogène pour les élèves de voir qu'ils sont 1 600e sur liste d'attente en plein dans les épreuves du bac", abonde les deux professeurs de Saint-Sernin.

Parmi les manifestants, Thomas Husar-Blanc, assistant d'éducation au Mirail déplore la réforme des lycées professionnels

"Les élèves vont perdre 10% des enseignements et notamment beaucoup d'heures de langues vivantes. Il n'y aura plus qu'une heure de LV2 par semaine, or la maîtrise des langues étrangères est parfois indispensable pour certaines formations du supérieur dans le commerce ou le tourisme. Les bac pro auront plus difficilement accès aux BTS et deviendront de la main d'oeuvre".

Les perturbations dans les lycées pourraient se poursuivre. Le syndicat SNES-FSU Toulouse a déposé un préavis de grève jusqu'aux vacances scolaires. Une nouvelle mobilisation des lycées est prévue vendredi 14 décembre.

Lire aussi : Pourquoi les lycéens se révoltent à Toulouse ?

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