Jean-Pierre Bel, un Ariégois à la tête du Sénat ?

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Les élections sénatoriales qui se sont déroulées dimanche resteront dans l'Histoire. Pour la première fois de l'histoire de la Ve République, la droite n'est pas majoritaire au Sénat. Le 1er octobre, le grand gagnant de ces élections pourrait être Jean-Pierre Bel. Le sénateur socialiste de l'Ariège, déjà président du groupe PS au Sénat, pourrait devenir président de la haute assemblée dès ce week-end face au président sortant Gérard Larcher.

« C'est un ami de très longue date, je l'ai connu au milieu des années 80. Lui et moi nous sommes un peu les enfants de Lionel Jospin », explique Kader Arif, le député socialiste européen élu dans le Sud-Ouest et membre de l'équipe de campagne de François Hollande. Si à presque 60 ans Jean-Pierre Bel est un enfant de Lionel Jospin, c'est parce que c'est à ses côtés que sa carrière explose à partir de 1994. Le premier secrétaire du PS le nomme secrétaire national aux fédérations puis secrétaire national aux élections, de 1997 à 2000. En 2004, sa carrière prend encore une autre dimension quand il devient président du groupe socialiste au Sénat. Elle pourrait encore être plus importante s'il était élu à la tête de cette assemblée le 1er octobre.

Pour en arriver là, Jean-Pierre Bel a beaucoup travaillé. « C'est un travailleur de l'ombre, un vrai combattant, insiste Kader Arif. Je l'ai vu conquérir des bastions sans jamais rien lâcher. » Sa première grande bataille, il l'a gagné dans l'Ariège, à Lavelanet. Alors au conseil général du département, il ravit à la droite le canton en 1998, avant d'en devenir maire. Il avait auparavant été maire de Mijanes, un village des Pyrénées où sa carrière politique a vraiment débuté en 1983. Après avoir milité pour la LCR et occupé plusieurs emplois, de professeur de fac à directeur d'office de tourisme, il prend sa carte du Parti socialiste.

L'Ariège et l'Ardèche

Pour Marc Carballido, premier fédéral du PS en Ariège, l'ancrage de Jean-Pierre Bel dans son département est quelque chose de fondamental. « Il a toujours été très proche des gens, de leurs problèmes, en s'investissant réellement dans ce qu'il faisait. Et puis c'est aussi important pour nous. Si le deuxième personnage de l'Etat est Ariégois, peut-être que les gens arrêteront de faire la confusion entre Ariège et Ardèche. »

François Briançon connaît aussi très bien Jean-Pierre Bel. L'adjoint au maire de Toulouse en charge des Sports le décrit comme « un militant des territoires, qui a su garder son authenticité et son accent pour accomplir un formidable parcours républicain. » Quant au déficit de notoriété du probable futur président du palais du Luxembourg, cela ne l'inquiète pas. « Il y a quinze ans, personne ne connaissait le nom de François Fillon. Aujourd'hui tout le monde sait que c'est le Premier ministre. »

Martin Malvy, le président de la région Midi-Pyrénées, a réagi au futur rôle que pourrait occuper Jean-Pierre Bel. « Il a bien conduit le groupe socialiste et n'est pas pour rien dans cette victoire. Il a su rassembler, s'imposer et sera un leader incontesté. », a-t-il indiqué.

Ce lundi, Martine Aubry a appelé toutes les forces de gauche à soutenir Jean-Pierre Bel afin qu'il soit élu le 1er octobre. Il y a quelques jours, la candidate aux primaires socialistes avait pourtant qualifié le sénateur « d'arriviste ». Jean-Pierre Bel, lui, a fait son choix depuis longtemps : dans la course aux primaires, il soutient officiellement François Hollande.

Victor Matet

En savoir plus :

Dans le Lot, l'UMP n'obtient que 15%, largement devancée par le Parti socialiste (PS) et le Parti radical de gauche (PRG). Le PS et le PRG arrivent aussi en tête dans les Hautes-Pyrénées avec l'élection de Gérard Miquel et de Jean-Claude Requier. Josette Durrieu, 74 ans, a notamment conservé son siège face au maire UMP de Tarbes, Gérard Trémège. Elu également François Fortassin (groupe RDSE)

Les réactions des élus locaux après les élections sénatoriales.

Martin Malvy, président du Conseil régional de Midi-Pyrénées, note "une confirmation en Midi-Pyrénées et un progression pour la Gauche, avec dans le Lot notamment - où la candidate UMP ne recueille même pas 15% des suffrages - une leçon sévère pour la droite. Les électeurs de ce 25 septembre ont non seulement voulu sanctionner Nicolas Sarkozy d'une manière globale mais dénoncer les différentes réformes qui ont frappé les collectivités locales au cours de ces derniers mois et dont ils savent mieux que quiconque qu'elles auront des conséquences pour leurs concitoyens, la cohésion sociale et l'activité économique".

Pierre Izard, président du Conseil général de la Haute-Garonne : "Cette victoire historique de la gauche et notamment du Parti Socialiste exprime la très grande exaspération des élus locaux dont la gestion quotidienne est lourdement pénalisée par des réformes territoriales et financières voulues par le Président de la République et le Gouvernement."

Les élus Europe Ecologie Les Verts au Conseil régional Midi-Pyrénées : "Pour la première fois depuis 1958, les électeurs ont permis que le Sénat ait une majorité de gauche. Depuis 2007, l'ensemble des élections ont toujours été une défaite pour la droite. [...] La nouvelle majorité sénatoriale, obtenue par l'alliance de la gauche et des écologistes, a également permis l'élection de dix sénateurs et sénatrices d'Europe Ecologie. C'est un signal sans équivoque. Il indique le chemin qu'il nous reste à parcourir, celui d'une alliance dans le respect de nos différences, pour battre Nicolas Sarkozy et la droite organisée autour de l'UMP aux présidentielles puis lors des législatives."

En photo : Jean-Pierre Bel, candidat à la présidence du Sénat (© Rémi Benoit)

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