Les contours de la future (et décriée) cité administrative à Toulouse prévue pour 2024

La préfecture de Haute-Garonne a présenté les détails autour de son projet de construction d’une nouvelle cité administrative à Toulouse. Prévue pour être fonctionnelle dès la fin d’année 2024, son coût est compris entre 90 et 120 millions d’euros. L’avenir des bâtiments du quartier Compans-Caffarelli, lieu de l'actuelle cité administrative censée participer à l’équilibre financier du projet, reste incertain.

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Rendu du futur hall d’accueil de la nouvelle cité administrative de Toulouse.
Rendu du futur hall d’accueil de la nouvelle cité administrative de Toulouse. (Crédits : Architecturesstudio, Letellier Architectes, Lootarchy)

C'est un projet d'envergure qui se confirme. Porté par l'Etat et initié par le préfet de la Haute-Garonne, Etienne Guyot, la nouvelle cité administrative de Toulouse devrait sortir de terre en juin 2024 à Jolimont, dans le nouveau quartier Guillaumet. Pour rappel, celle-ci viendra en remplacement de l'actuelle cité située au coeur du quartier Compans-Caffarelli.

"L'Etat a fait le choix d'investir 90 millions d'euros dans la construction de la nouvelle cité administrative de Toulouse, plutôt que dans la rénovation de l'actuelle. Ce projet présente les meilleures performances environnementales, énergétiques, immobilières et économiques. C'est un choix de l'Etat qui a été fait, qui est assumé, et qui est maintenant derrière nous", a exprimé le préfet de la Haute-Garonne et de la région Occitanie.

Le ministre de l'Action et des Comptes Publics a effectivement validé un investissement global de 89 millions d'euros en 2019 (désormais évalué à 120 millions d'euros) pour permettre la réalisation de ce projet proposé par Etienne Guyot, dans le cadre du Grand plan d'investissement (GPI) de l'Etat. Celui-ci prévoit la rénovation de 38 autres cités administratives en France. Aux quatre coins de l'Hexagone comme dans la Ville rose, l'objectif affiché par l'Etat est de disposer de cités administratives plus modernes et respectueuses de l'environnement.

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Un morceau de ville sort de terre

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À côté du site de la nouvelle cité administrative, la construction de logements dans le quartier Guillaumet a déjà commencé (Crédits : Rémi Benoit).

Repoussés à plusieurs reprises en raison de la crise sanitaire et d'une attaque en justice plus récente du groupe Eiffage contre l'attribution du marché au groupe Vinci, les travaux devraient finalement débuter en janvier 2023. Ceux-ci s'étaleront sur 18 mois sur le site de l'ancien Centre d'essais aéronautiques de Toulouse (CEAT). Là-bas, 30.000 m2 de surface répartis entre des bâtiments rénovés et de nouvelles constructions permettront d'accueillir pas moins de 1.600 agents, au milieu d'un quartier en pleine métamorphose — qui hébergera plus de 1.200 logements sur 13 hectares à terme.

"Nous voulons que la cité administrative soit intégrée à ce nouveau quartier, puisque c'est un morceau de ville qui sort de terre, avec un peu plus de 5.000 nouveaux habitants. Nous ne voulons plus avoir l'image d'une administration fermée sur elle-même", détaille Christophe Escassut, chef de projet.

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Les architectes Axel Letellier (à gauche) et Marc Lehmann ont imaginé le futur site (Crédits : Rémi Benoit).

Pour ce faire, la préfecture de Haute-Garonne a fait appel aux architectes Marc Lehmann (Architecture Studio) et Axel Letellier (Letellier Architectes). Le premier est chargé de la partie neuve, le second des bâtiments à rénover. Mais tous deux ont travaillé conjointement afin de garantir une uniformité entre les bâtiments et un respect de la géométrie Art Déco, propre au bâtiment Lemaresquier, qui fera office de pôle d'accueil des administrés.

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Ce bâtiment sera conservé et restauré pour devenir l'entrée principale de la cité administrative (Crédits : Rémi Benoit).

Les autres bâtiments, dont les constructions neuves, seront réservés aux fonctionnaires du site. Un restaurant interministériel, des espaces de co-working, des laboratoires et salles de crise, et bien sûr des bureaux et espaces de convivialité équiperont la nouvelle cité administrative. Un vrai "village des services de l'Etat", comme aime le répéter Etienne Guyot, qui remplacera donc l'existant pour une meilleure qualité de travail. Mais aussi pour tenir compte des exigences environnementales de notre époque, si l'on s'en tient aux propos tenus par les porteurs de projet.

E. Guyot : « Tout a été fait pour que l'on soit exemplaire »

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Le nouveau « village des services publics » de l'Etat à Toulouse sera ouvert sur le quartier Guillaumet et situé à deux kilomètres à vol d'oiseau de la place du Capitole (Crédits : Architecturestudio, Letellier Architectes, Lootarchy).

Car outre les efforts faits pour végétaliser les bâtiments et leurs abords, des engagements ont été pris pour limiter l'impact du site sur son environnement. Notamment, l'utilisation de matériaux bio-sourcés et de béton bas carbone, la mise en place d'un système de gestion technique du bâtiment qui régule le chauffage et la climatisation, l'installation de panneaux photovoltaïques sur 700 m2 de toiture ou l'installation de capteurs de présence pour limiter la consommation d'énergie en éclairage.

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A l'abandon, cet ancien site militaire sera bientôt méconnaissable (Crédits : Rémi Benoit).

Côté chantier, Vinci Construction annonce que celui-ci se déroulera dans le respect de son label "Attitude Environnement", soit dix critères pour limiter les nuisances et déchets pendant les travaux. La préfecture et le groupe privé souhaitent également être exemplaires en faisant de ces 18 mois de construction un bienfait pour l'économie locale, et se félicitent donc de mobiliser quelques 180 ouvriers via 35 entreprises, sans compter les 16 emplois en insertion qui seront créés.

De quoi apaiser les esprits avec les opposants au projet ? Pas si sûr...

La nécessité du projet est remise en cause

Effectivement, dès l'annonce de la construction de la nouvelle cité administrative de Toulouse, des contestations se sont faites entendre tant en interne, qu'auprès du grand public. C'est en fait les investissements réalisés dans l'actuelle cité pour 25 millions d'euros entre 2005 et 2019 qui ont mis le feu aux poudres. Ceux-ci ont été décrits comme des 'dépenses d'entretien' par le ministère des finances dans un reportage de France 2, un argument qui n'a pas suffit à légitimer le projet aux yeux de ceux qui le remettent en cause. Consciente de ces frictions, la préfecture a de nouveau défendu sa position cette semaine.

"Les performances énergétiques de l'actuelle cité n'auraient pas été au niveau des attentes de l'Etat", a exprimé Serge Jacob, le nouveau secrétaire général de la préfecture de Haute-Garonne, le 10 mai dernier.

Le chef de projet a pour sa part indiqué que cette construction permettra des évolutions dans les trente prochaines années sans avoir à réaliser de lourds investissements, à contrario de la rénovation de l'actuelle cité donc.

L'avenir des bâtiments de la cité administrative de Compans-Caffarelli reste pour l'heure incertain, mais le préfet laisse entendre qu'une partie pourrait être vendue, tandis qu'une autre serait louée. "La réflexion reste ouverte, et je n'ai pas de tabou (à ce sujet, ndlr)", a conclu le représentant de l'Etat.

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