Présidentielle 2022 : en Occitanie, remportée par le RN, le Parti socialiste de demain se prépare

Terre historique de gauche, l'Occitanie et ses figures politiques n'ont pas été surprises par le score historiquement bas de la candidate socialiste Anne Hidalgo au premier tour de l'élection présidentielle 2022. Désormais, ils sont nombreux, Carole Delga en tête, à promouvoir le besoin d'une recomposition d'une gauche de gouvernement et d'un mouvement politique nouveau. Réactions.

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Carole Delga, ici lors du soir de sa réélection en juin 2021, devrait jouer un rôle important dans la recomposition de la gauche qu'elle entend mener.
Carole Delga, ici lors du soir de sa réélection en juin 2021, devrait jouer un rôle important dans la recomposition de la gauche qu'elle entend mener. (Crédits : Rémi Benoit)

C'est le score le plus bas pour un candidat du Parti socialiste (PS) à une élection présidentielle. Intronisée comme tel, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a récolté 1,74% des suffrages exprimés après dépouillement de 97% des bulletins, selon le ministère de l'intérieur. "C'est principalement l'Occitanie qui a voté pour elle", ironise un soutien local, qui a tout de même vécu une soirée amère.

"Ce soir, malgré un projet ambitieux, nous connaissons la plus lourde défaite de l'Histoire du Parti Socialiste sous la Vème République. Ce 10 avril marque, également, l'échec incontestable de la gauche. Elle a été sanctionnée car incapable de se rassembler et d'unir ses forces pour proposer une alternative crédible", a réagi Sébastien Vincini, maire de Cintegabelle, 1er secrétaire fédéral du PS de Haute-Garonne, Secrétaire national du pari et porte parole de Anne Hidalgo.

Terre historique de gauche, la quatrième région de France par sa population et ses figures politiques n'ont pas tardé à réagir face à cet échec annoncé avec un aspect en tête : refonder un appareil politique pour représenter une gauche de gouvernement.

 gauche, je comprends que nombre de nos électeurs soient découragés par les divisionsCe soir, je m'engage à travailler au rassemblement et à la définition d'une ligne politique claire, autour de valeurs fortes, pour redonner du sens à notre République : une école qui permet de renouer avec l'escalier de la réussite, quelles que soient les origines sociales, un travail digne et rémunérateur, loin des sociétés de serviteurs, une économie qui se concilie avec écologie, la santé pour tous et partout, avec des investissements massifs dans les hôpitaux et des médecins dans tous les territoires, la sécurité, qui allie prévention et fermeté, la lutte contre le communautarismeCe rassemblement de la gauche que nous réussissons partout dans les villes, les départements et les régions, cette gauche de la proximité et du faire qui a fait ses preuves, nous devons la porter pour la France", a ainsi commenté Carole Delga, qui a appelé à voter en faveur d'Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle.

La présidente socialiste du conseil régional d'Occitanie, portée par de très bons scores aux dernières élections régionales et élue dans la foulée présidente de l'association Régions de France, prépare déjà 2027. Vue comme une puissance montante de la gauche, la dirigeante tient à organiser des "États généraux" dans les prochains mois pour définir cette ligne politique nouvelle et créer le mouvement adéquat.

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"Il nous faut rompre avec le poison de la division. Il faut en finir avec les guerres des égos, la médiocrité des réflexes d'appareil, les calculs à court terme qui nous mènent, tous collectivement, à des impasses. Les élections législatives doivent être le temps du sursaut. Ne faisons pas aux législatives la même erreur qu'aux présidentielles. Choisissons le rassemblement, dans la clarté mais sans exclusive, pour construire ensemble un pôle de résistance aux réformes libérales. Il est urgent de faire naître un collectif, un pacte pour travailler sur les idées avec la gauche et les écologistes rassemblés, avec les syndicats, les associatifs, et les citoyens, pour penser et nourrir un projet progressiste pour la justice sociale et écologique", a ajouté Sébastien Vincini, aussi élu au conseil départemental de Haute-Garonne, terre socialiste depuis des décennies.

Toulouse aux couleurs de La France Insoumise

Son "patron" au Département, Georges Méric, regrette également la situation dans laquelle se trouve la gauche ce matin. "En tant que socialiste, je ne peux me résoudre au score historiquement bas de mon parti. Au-delà de la faiblesse de l'appareil, les idées d'égalité, de justice sociale, d'écologie de la gauche "du faire" que nous défendons, sont plus que jamais essentielles dans un monde en profond bouleversement.Les forces de gauche progressistes doivent impérativement s'interroger pour représenter une alternative crédible entre l'extrême droite et le libéralisme débridé", a déclaré celui qui vient d'entamer un second mandat comme président du conseil départemental de Haute-Garonne. Sur ce dernier, Anne Hidalgo n'a obtenu que 2,69 des voix (19.700 votes), au profit du président sortant Emmanuel Macron, arrivé en tête sur ce territoire avec 26,9%, mais talonné de près par le candidat de La France Insoumise et ses 25,87%.

À souligner, Jean-Luc Mélenchon, troisième de cette élection au niveau national, a remporté haut la main Toulouse avec 36,95% des suffrages exprimés. Second, Emmanuel Macron n'obtient "que" 26,39% des voix et Anne Hidalgo 2,56%. Dirigée par un maire de droite en la personne de Jean-Luc Moudenc depuis 2014, la Ville rose n'a offert que 3,8% de ses voix à la candidate Les Républicains Valérie Pécresse. Le maire LR de la ville n'avait toujours pas réagi publiquement lundi matin aux résultats de cette élection, ni sur le score de "sa" candidate. Le maire de Montpellier, le socialiste Michaël Delafosse, qui a aussi pu observer le candidat Mélenchon remporter la majorité des suffrages de sa ville (40,73%), appelle à un nouveau PS dans un avenir plus ou moins proche. "Le PS dans sa forme actuelle achève manifestement son cycle. Un long travail devra s'engager pour faire renaitre une force à gauche et ainsi, l'espoir", a-t-il conclu.

Dans les départements voisins de la capitale toulousaine, le Tarn-et-Garonne a notamment été remporté facilement par la candidate RN, Marine Le Pen (28,93%), suivie par Emmanuel Macron (21,76%). La candidate déchue en 2017 peut, dans ce territoire, s'appuyer sur un important réseau de soutiens locaux notamment après la victoire aux dernières élections municipales de Moissac avec son jeune élu Romain Lopez.

À l'échelle de l'Occitanie, et dans cette même tendance, Marine Le Pen arrive en tête dans la région avec 24,62% des voix, contre 23,48% pour Emmanuel Macron (LREM), second, et 22,42% en faveur de Jean-Luc Mélechon (LFI).

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Commentaire 1
à écrit le 13/04/2022 à 11:27
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"À gauche, je comprends que nombre de nos électeurs soient découragés par les divisions" Quelles divisions !? 22% pour la gauche c'est du jamais vu ! Eh ho Carole faudrait arrêter de se faire hypnotiser par le pouvoir hein ? Mais bon elle appelle...

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