BTP : "Faire ce qui est prévu sera déjà bien" lâche G. Méric

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Le président du Conseil départemental de Haute-Garonne va tout faire pour maintenir ses investissements prévus dans le BTP.
Le président du Conseil départemental de Haute-Garonne va tout faire pour maintenir ses investissements prévus dans le BTP. (Crédits : Rémi Benoit)
Le président du Conseil départemental de Haute-Garonne a dressé les contours de son plan de relance pour la filière du BTP. En pleine négociation avec les fédérations de la filière pour la prise en charge des surcoûts liés aux retards sur les chantiers, l'élu PS a fait savoir qu'il ferait tout pour maintenir les investissements prévus, comme la construction de 16 nouveaux collèges, et ce malgré des recettes fiscales en chute libre.

À peine le confinement prononcé en France, le président du Conseil départemental de Haute-Garonne, Georges Méric (PS), avait annoncé l'arrêt des chantiers publics dont il a la maîtrise d'ouvrage, le 19 mars. Néanmoins, pour ne pas pénaliser les entreprises concernées, l'élu départemental avait alors décidé que ces dernières recevraient une avance de 50% sur la facture du chantier, contre 30% habituellement. Une première mesure de soutien, avant un plan de relance plus global.

"Si son périmètre de compétences ne lui permet pas de soutenir financièrement et directement les acteurs économiques, le Conseil départemental a engagé la préparation d'un plan de relance à l'issue de cette crise sans précédent, en concertation avec les chambres consulaires et les fédérations professionnelles. Ce plan concernera notamment les acteurs du BTP, l'économie sociale et solidaire, l'artisanat et le commerce, le tourisme ainsi que l'agriculture", avait ainsi déclaré la collectivité dès le 20 mars.

Négociations sur les surcoûts attendus

Près d'un mois et demi plus tard, Georges Méric en a dévoilé les premiers contours lors d'une visio-conférence mercredi 6 mai. Depuis la mi-avril, la filière du BTP a entamé une reprise partielle et progressive dans la région toulousaine, entachée par la recherche de masques. Par conséquent, d'importants retards de chantiers sont à prévoir, à l'image des travaux en cours pour un nouveau collège à Escalquens et dont le Département 31 a la maîtrise d'oeuvre. Celui-ci devait ouvrir ses portes pour la rentrée scolaire de septembre 2020, mais finalement le Covid-19 a repoussé son ouverture au début de l'année prochaine. Mais qui va régler ce retard dans la livraison ?

"Nous travaillons en ce moment même avec la fédération professionnelle du bâtiment pour parvenir à un accord sur la répartition des surcoûts sur les chantiers, causés par le confinement et le respect des mesures sanitaires demandées qui provoquent une reprise d'activité partielle. Nous pouvons qualifier nos échanges de constructifs", a tenu à faire savoir le président du Conseil départemental de Haute-Garonne.

Il en est de même pour les chantiers routiers, à la charge du Département. Ce dernier négocie actuellement avec la Fédération des travaux publics pour enclencher la reprise des chantiers et régler la question des surcoûts. "L'urgence est bien la reprise des chantiers pour redonner du travail aux entreprises et sauvegarder les emplois", estime-t-il.

Une perte de 100 millions d'euros

Une fois la reprise des chantiers sous l'égide du Conseil départemental accordée et la question de l'allongement des chantiers résolue, ce plan doit-il aussi contenir une accélération de la commande publique pour soutenir l'économie du département ? Si l'intercommunalité du sud-est toulousain, le Sicoval, a opté pour cette stratégie avec son Small and Local Business Act à hauteur de 10 millions d'euros, et qu'elle espère même une participation du CD 31 pour avoir un effet de levier de 20 millions, celui-ci n'entend pas accélérer son calendrier d'investissements.

"Nous n'allons pas modifier notre calendrier ou y ajouter des chantiers. Nous avons 16 collèges à construire et nous sommes en train de travailler le budget pour les faire dans les quatre à cinq années à venir. Ces chantiers seront prioritaires et si nous faisons déjà ce qui est prévu cela sera bien en raison du contexte économique", explique Georges Méric.

Le Conseil départemental de la Haute-Garonne, comme les entreprises, voit ses recettes impactées par le Covid-19, ce qui pourrait mettre entre parenthèses certains projets. La collectivité estime en effet qu'elle va perdre 100 millions d'euros de rentrées fiscales sur l'année 2020.

"Grâce à une gestion saine, nous allons parvenir à boucler le budget 2020 et nous aurons même une petite marge pour début 2021. Malgré ces conditions difficiles, nous essayerons de maintenir nos investissements", promet-il.

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