Affaire Belkacem : les élus s'affrontent par lettres interposées

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L'élue démissionnaire (deuxième en partant de la gauche) est au cœur d'une polémique politique.
L'élue démissionnaire (deuxième en partant de la gauche) est au cœur d'une polémique politique. (Crédits : Rémi Benoit)
Après le temps des révélations, vient celui des mesures. Alors que l'élu d'opposition écologiste, Antoine Maurice, demande un audit de la Chambre régionale des comptes en réponse à l'affaire Belkacem, celui-ci a reçu une fin de non-recevoir par courrier de la part de la majorité municipale de Toulouse. Comment s’achèvera le dossier ?

Les échanges par SMS avec un promoteur immobilier régional de la désormais ex-adjointe au maire de Toulouse, Sophia Belkacem Gonzalès de Canales, n'en finissent pas de mobiliser les plumes. Pour rappel, dans le cadre de l'appel à projets en urbanisme "Dessine-moi Toulouse", la jeune élue en charge de la culture urbaine et des relations avec les clubs sportifs (désormais avocate) avait dévoilé par messages privés le contenu des délibérations du jury auprès d'un candidat, Yohann Moreau. Ce dernier est le président de la société Moreau Investissement, partenaire de la société Angelotti, pour le projet des cales de Radoub à proximité du pont des Demoiselles. Une fois ces faits rendus publics, l'opposition n'a pas tardé à réagir.

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"Ces messages, échangés par notre collègue avec un candidat lors de sa participation au jury cale de Radoub du concours "Dessine-moi Toulouse", témoignent en effet d'une tentative de favoritisme, qui aurait pu aboutir si le propriétaire du site (Voies Navigables de France) n'avait pas au final rejeté l'ensemble des dossiers de candidatures pour de toutes autres raisons (...) C'est pourquoi nous vous demandons d'agir en tant que Maire de Toulouse en saisissant la Chambre régionale des comptes pour le lancement d'un audit de la commission d'appel d'offres, et notamment des marchés de travaux à bons de commande, particulièrement sujets aux dérives constatées", avait alors écrit le 9 juillet Antoine Maurice, conseiller municipal d'opposition et président du groupe Toulouse Vert Demain, à destination de Jean-Luc Moudenc, le maire et président de Toulouse Métropole.

Le Capitole refuse de saisir les instances pour le moment

La réaction du Capitole ne s'est pas faite attendre et a eu lieu le 11 juillet par un courrier rédigé de la main de Pierre Trautmann, adjoint au maire de Toulouse en charge de la commande publique et de la délégation de service public, et président de la commission d'appel d'offres.

"Le ton du courrier que vous avez adressé le 9 juillet au maire de Toulouse interroge sur vos réelles motivations et sur la partialité de votre intervention (...) Vous tentez de transformer l'erreur commise par notre ancienne collègue Sophia Belkacem Gonzalès de Canales en une affaire d'une toute autre nature", débute alors sa lettre l'élu de la majorité.

En l'occurrence, celui-ci fait référence aux ambitions municipales d'Antoine Maurice, qui vient de se lancer dans la campagne avec son parti EELV, appuyé par le collectif Archipel Citoyen. Ensemble, ils espèrent réunir la gauche autour d'un projet commun et reconquérir la mairie de Toulouse.

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"Ce qui s'est passé, et que vous montez en épingle, est totalement étranger à la commission d'appel d'offres (CAO) de notre collectivité. Ce qui s'est passé n'a strictement rien à voir avec notre système de marchés à bons de commande : cela vous ne l'ignorez pas. Demander un audit de cette CAO à la main de la Chambre régionale des comptes alimenterait l'amalgame et la suspicion, ce que nous nous refusons à faire", ajoute Pierre Trautmann.

L'opposition ne lâche pas

Par conséquent, on comprend à travers les mots du membre de la majorité que ce dernier ne répondra pas favorablement à la demande de l'élu écologiste. Sauf si Antoine Maurice a "des faits probants, des interrogations sur la bonne marche de notre CAO ou notre pratique des MABDC". Ce à quoi à répondu l'élu d'opposition dans un nouveau courrier mardi 16 juillet.

"Si nous disposons de tels faits, notre devoir d'élu ne serait pas de vous demander un audit, mais de saisir le procureur de la République", estime Antoine Maurice.

De plus, le leader écologiste toulousain réitère sa demande d'audit en expliquant que celle-ci serait "un acte de prévention et de transparence, afin de clarifier l'action locale et de rassurer les Toulousain-es, légitimement troublés par les révélations récentes". La réponse de Pierre Trautmann est désormais vivement attendue.

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