Idex  : un chemin (encore) semé d'embûches pour l'université de Toulouse

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Le jury de l'Idex était à Toulouse le 19 février.
Le jury de l'Idex était à Toulouse le 19 février. (Crédits : Rémi Benoit)
Le label d'excellence Idex serait-il le label de la discorde ? Alors que le jury chargé de l'attribuer à l'Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées était dans la Ville rose le 19 février, les opposants à ce projet continuent à faire entendre leur voix, menaçant même l'université Jean-Jaurès d'être placée sous la tutelle du rectorat. Le bout du tunnel semble encore loin...

Une nouvelle étape vient d'être franchie dans la possible attribution du label d'excellence Idex à plusieurs établissements d'enseignement supérieur de l'Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, qui se regrouperont au sein d'une université intégrée dès 2019.

Lundi 19 février, plusieurs membres du Secrétariat général pour l'investissement - SGPI (ex Commissariat général à l'investissement - CGI, ndlr) chargés d'approuver (ou non) ce label sont venus rencontrer les différents acteurs de la vie universitaire toulousaine. Accompagnée par Philippe Raimbault, président de l'Université fédérale de Toulouse Midi-Pyrénées, la délégation du SGPI s'est notamment entretenue avec des étudiants, personnels et enseignants-chercheurs des différents établissements concernés : les universités Jean-Jaurès et Paul-Sabatier, les écoles d'ingénieurs INP et INSA.

Cette visite, habituelle en prévision de l'attribution dudit label, n'a pas été commentée par la délégation qui ne donnera son verdict final que le mercredi 14 mars. Si les quatre établissements obtiennent l'Idex, leur budget commun augmentera de 25 millions d'euros par an. Selon un manifeste publié sur le site de l'Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées vendredi 16 février et co-signé par les présidents des établissements concernés, ce financement servirait " à recruter chercheurs, enseignants-chercheurs, personnels de soutien ", développer " de nouveaux parcours de formation et de projets de recherche interdisciplinaires ", accompagner " des enseignants dans l'évolution de leurs pratiques pédagogiques " ou financer des " thèses pour nos doctorants et des services nouveaux pour les étudiants ".

Les anti obtiennent le soutien de François Ruffin

Pourtant, ce projet ne fait pas l'unanimité auprès du personnel et des étudiants de Jean-Jaurès, hostiles à la réunification des établissements préalable à l'obtention de l'Idex. Après avoir rencontré François Ruffin, député de la France insoumise jeudi 15 février, ils étaient  environ 300 à manifester hier devant le rectorat de Toulouse où était réuni le jury Idex. Depuis plusieurs mois, ils multiplient aussi les grèves au point que le conseil d'administration de l'université n'a toujours pas pu voter son budget annuel. S'il n'est pas adopté pour mi-mars, l'université sera placée sous la tutelle du rectorat de Toulouse.

D'ici cette date-clé pour Jean-Jaurès, qui coïncide avec le verdict du SGPI, les opposants veulent continuer à faire entendre leurs revendications concernant les fonds de l'université, le non-encadrement des frais d'inscription aux diplômes ou l'accès à l'université. Des actions sont d'ailleurs prévues vendredi 23 février puis lors des mouvements nationaux des jeudis 15 et 22 mars.

Car si le manifeste de l'Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées assure que " l'offre de formation restera soumise à la réglementation nationale et n'entrainera pas d'augmentation des frais d'inscription ni de sélection " et garantit que les " formations non rentables " ne seront pas fermées, les opposants assurent que ce label d'excellence sera aussi celui de l'élitisme... en attendant, il est surtout celui de la discorde !

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