Les premiers pas d'un politologue au Conseil régional LRMP

Élu le 13 décembre dernier conseiller régional, malgré sa défaite face à la socialiste Carole Delga, Dominique Reynié (LR) a fait ses premiers pas d'élu lundi 4 décembre dans l'enceinte de l'Hôtel de région. Bien que derrière le Front National en nombre d'élus, le groupe LR-UDI-Modem compte incarner la "vraie" opposition.
Dominique Reynié
Dominique Reynié (Crédits : Rémi Benoit)

Après avoir endossé le costume d'homme politique en campagne, Dominique Reynié a revêtu celui d'élu régional lundi matin à l'Hôtel de région de Toulouse. Dossiers sous le bras, le politologue poursuit son exploration du monde qu'il a longtemps analysé.

"C'est émouvant, confiait-il lundi matin dans le hall d'entrée du Conseil régional. Je découvre le lieu, son fonctionnement. Une communauté avec ses rituels. D'anciens élus qui se retrouvent. Certains pensaient qu'après avoir trempé un pied, je serais reparti. Ce n'est pas le cas. J'ai le sentiment de respecter un engagement pris, une charge confiée par les citoyens."

Décidé à remplir son mandat, Dominique Reynié ne mettra pas entre parenthèses sa carrière de professeur de sciences politiques. "Si j'avais été élu, je l'aurais fait, mais ce n'est pas le cas et je vais combiner mes obligations professionnelles et politiques, confirme-t-il. J'ai des cours à préparer, des copies à corriger. Je suis un élu qui travaille à côté. Il y en a d'autres. Il va falloir s'organiser."

Perché toute la journée en haut de l'hémicycle dans un fauteuil réservé habituellement au public, le chef de file du groupe LR-UDI-Modem a vécu "sans surprise" cette longue journée de rentrée émaillée de votes dans les isoloirs. On l'a vu seul, textotant sur son portable, ou entouré d'élus l'informant ou cherchant conseil, ou encore déambulant dans les travées, à la recherche d'un collègue.

Pas de candidat pour l'élection
de la présidente

Cette journée, que le groupe LR-UDI-Modem avait préparée lors d'une réunion la veille, a été marquée par une petite entorse à la tradition lors du vote de l'assemblée pour la présidence du Conseil. Alors que Carole Delga (PS) et France Jamet (FN) présentaient leurs candidatures, Dominique Reynié ne s'est pas manifesté. Une décision qui n'a pas manqué de faire jaser dans les rangs socialistes où l'on raillait cette "première pour la droite à l'assemblée régionale". Sur Twitter, le député socialiste et président du Conseil départemental du Gers Philippe Martin n'a pas manqué de s'interroger sur l'unité du groupe de droite : "La liste de Dominique Reynié ne présente pas de candidat ! Peur de ne pas faire le plein ?"

Une mini-polémique balayée en revanche par le nouveau 7e vice-président socialiste en charge de l'Éducation, de la jeunesse et du sport, Karim Chibli : "Que Dominique Reynié recueille 20 ou 25 voix ne change rien. Présenter un candidat malgré les résultats de l'élection du 13 décembre, c'est une habitude du passé."

Même constat, selon l'intéressé, qui affirme que la décision a été prise dès ce dimanche : "J'ai trouvé que ce n'était pas cohérent de présenter un candidat à la présidence. On ne va pas refaire le match après l'élection. Je ne comprends pas cette petite tradition."

Lundi matin, Dominique Reynié reconnaissait toute de même que le soutien de Bernard Carayon ne lui était pas encore acquis. "Il ne fait pas officiellement partie du groupe et n'a pas participé à notre rencontre à Carcassonne le 19 décembre dernier. C'est important qu'il soit là", espérait-il avant le début de la séance matinale. Le suspense aura duré jusque l'après-midi. Lors du décompte des voix pour la composition de la commission permanente, le groupe de droite recueille alors 25 voix, ce qui lui donne droit à 7 membres. Les fidèles de Dominique Reynié soufflent de soulagement : Bernard Carayon (LR) et Joseph Francis (UDI) se sont ralliés. La prudence reste tout de même de mise. "Je ne peux pas dire que Bernard Carayon est membre de notre groupe. Il ne s'est pas exprimé", commente Dominique Reynié.

Une présidente trop triomphaliste

Sur l'ensemble de la journée, le politologue livre un constat étonné. "J'ai été surpris par la manière dont Carole Delga a été intronisée. Il y a un décalage entre le triomphalisme du PS et la fragilité du fond électoral. Ce n'est pas un triomphe. Ils auraient pu être plus modestes."

Autre source de suspicion : la prépondérance de Midi-Pyrénées dans la nouvelle assemblée. "Carole Delga s'est inscrite dans la continuité de Martin Malvy. Elle lui a organisé une ovation. Les Languedociens se sentent exclus de cela. C'est une maladresse, une erreur ou une naïveté de sa part", estime Dominique Reynié.

À l'issue des votes, alors que la parole était donnée aux présidents de groupes, ce dernier a en tout cas appelé la présidente socialiste à "faire en sorte que l'opposition joue un rôle plein et entier", en lui confiant par exemple la présidence de la commission des finances. Ce à quoi Carole Delga s'est engagée à donner une réponse le 18 janvier prochain.

Dominique Reynié compte en effet animer une "vraie" opposition "ferme et déterminée", "conforme à nos engagements de campagne", mais aussi "constructive".

"C'est ce qui nous différencie du Front National qui va jouer l'obstruction, constate-t-il. Nous serons en capacité de faire des propositions et de soutenir des mesures favorables aux habitants de notre territoire."

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