Visite guidée dans les coulisses de l'Hôtel de Région

Ce lundi 4 janvier, une nouvelle assemblée régionale composée de 158 élus de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées a siégé dans l'hémicycle de l'Hôtel de Région toulousain. Nombre d'entre eux, issus de l'ancien territoire Languedoc-Roussillon, ont découvert pour la première fois le siège du pouvoir régional. Mais que se cache-t-il derrière sa façade monumentale ? Entre découvertes, confidences et secrets bien gardés, visite guidée dans les coulisses de l'Hôtel de Région.
Le buste de Jean Jaurès trône depuis quelques jours dans les jardins de l'Hôtel de Région
Le buste de Jean Jaurès trône depuis quelques jours dans les jardins de l'Hôtel de Région (Crédits : Rémi Benoit)

Le bâtiment en impose. Planté sur une vaste esplanade le long du boulevard du Maréchal Juin, en bord de Garonne, l'Hôtel de Région s'offre aux regards des Toulousains. C'est là, dans ce bâtiment de béton et de briques, que Carole Delga a été élue présidente de la nouvelle région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées ce 4 janvier 2016. Et c'est là, entre ces murs, face à l'île du Ramier, que se prendront les premières grandes orientations impactant le territoire dans les champs du développement économique, de l'enseignement et de la recherche, de la formation professionnelle, de l'emploi, mais aussi de l'aménagement du territoire, des transports publics interurbains et de l'action culturelle.

Mais que se cache-t-il derrière la façade monumentale de l'Hôtel de Région ? Qu'abritent au juste ces bâtiments que découvrent les nouveaux élus de l'assemblée régionale ? Où mènent ces couloirs labyrinthiques ? Visite guidée dans les coulisses du centre névralgique de la politique régionale, où travaillent chaque jour plus de 830 agents.

Le premier Hôtel de région de France

Le regard est d'emblée capté par l'inscription qui a été apposée sur la façade extérieure de l'édifice le 15 décembre dernier, deux jours seulement après la divulgation des résultats des élections régionales. Une phrase de Jean Jaurès : "Il n'y a qu'une seule race : l'humanité".

Hôtel de région

Une nouvelle inscription sur la façade extérieure de l'Hôtel de Région. © Rémi Benoit

Mais pour le visiteur, après le passage obligé au poste de garde, tout débute vraiment dans le vaste hall d'accueil aux contours géométriques, habillé de marbre du Sidobre.

"Il s'agit de l'immeuble-atrium, le bâtiment historique construit il y a trente ans", commente Josiane Dubreuil, directrice générale des services du Conseil régional. La première pierre de l'Hôtel de Région a en effet été posée le 30 mai 1983 par Alex Raymond, qui présidait alors le Conseil régional. Et à l'époque, pour Toulouse, c'était tout un symbole. Le bâtiment de 17 480 m2, conçu par l'architecte Jean-Pierre Estrampes, était le premier Hôtel de Région construit en France suite à la loi de décentralisation du pouvoir promulguée le 2 mars 1982.

Hôtel de région

Le bâtiment principal prend la forme d'un atrium. © Rémi Benoit

L'édifice a été inauguré le 4 octobre 1985 par Gaston Deferre, ministre chargé du Plan et de l'Aménagement du territoire. Une livraison retardée de plusieurs mois suite à un attentat à l'explosif. Cerné de portiques, ce grand immeuble carré à l'architecture relativement sobre pour l'époque a été conçu pour abriter des bureaux, des salles de réunion et de réception, ainsi qu'un restaurant d'entreprise, répartis sur sept niveaux autour de l'atrium coiffé d'une verrière. À l'époque, Alex Raymond ne tarissait pas d'éloges sur le bâtiment.

"Il exprime notre identité régionale, notre dynamisme, estimait le président de Région. Cela se traduit par une expression architecturale reprenant la force et la simplicité caractéristiques de nos grands monuments comme de nos fermes languedociennes. Et l'on retrouve à l'Hôtel de Région des éléments de l'architecture méditerranéenne - atrium central, bassins, colonnades - dans un bâtiment tout à fait contemporain par la forme, par les matériaux et les techniques employés."

Des appartements privés "pas vraiment faits pour une famille nombreuse"

Trente ans après, le bâtiment est toujours là. Et l'atrium accueille toujours fièrement le visiteur, avec sa fontaine et ses plantations.

"Environ 200 agents travaillent ici, explique Josiane Dubreuil. Il s'agit principalement des services ressources : informatique, services juridiques, logistique, communication, etc. Il y a également des salles de réunion."

Certains bureaux sont cloisonnés, tandis que d'autres fonctionnent en "semi open-spaces" où se côtoient deux ou trois personnes. C'est dans ce même bâtiment, au 6e étage, que se trouve le cabinet de la nouvelle présidente. Jusque-là, dix collaborateurs y travaillaient. Une équipe qui pourrait compter à l'avenir "jusqu'à 16 personnes", précise la directrice générale des services, "sans compter le secrétariat". Non loin de là se trouvent les appartements privés de la présidente.

"Il s'agit pour moitié de salons de réception, précise Josiane Dubreuil. Et le reste... n'est pas vraiment fait pour une famille nombreuse !"

C'est entre ces murs que résidait jusqu'à présent Martin Malvy. La nouvelle présidente, Carole Delga, y posera-t-elle ses valises ? Le mystère reste pour le moment entier.

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Le bureau de "Monsieur le Président" sera bientôt conjugué au féminin. © Rémi Benoit

Le fonctionnement du bâtiment, en atrium, permet de faire circuler l'information de façon efficace. "Cela crée du collectif", constate la directrice générale des services. Un collectif renforcé par la mise en place, ça et là, d'espaces de convivialité.

L'édifice abrite par ailleurs le "restaurant administratif", qui vient tout juste d'être rénové et peut servir jusqu'à 600 repas par jour. Moquette verte sur le sol, piliers de bois brut : la vaste salle est flambant neuve et son agréable terrasse couverte donne directement sur un jardin public.

Hôtel de région

Le restaurant administratif, entièrement rénové. © Rémi Benoit

Enfin, c'est dans un lieu tenu secret - sécurité oblige - que se cachent les serveurs informatiques.

"Compte tenu de leur sensibilité, nous hébergeons une très grande partie de nos données ici", précise Josiane Dubreuil.

Déboulonner les sièges pour accueillir les nouveaux élus ?

Mais la visite ne s'arrête pas dans l'immeuble principal. Au fil des années se sont en effet greffés d'autres bâtiments, comme celui de 7 640 m2 qui accueille la Salle d'assemblée. Un hémicycle dont la première pierre a été posée le 5 avril 1990, soit... cinq ans après la sortie de terre du bâtiment principal ! Inauguré en 1991, le bâtiment - coiffé depuis 2007 de panneaux photovoltaïques - abrite également des salles de réunion dédiées aux différents groupes politiques, dont certaines arborent des affichettes "Je suis Charlie".

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L'hémicycle qui a accueilli les nouveaux élus le 4 janvier 2016. © Rémi Benoit

La mécanique serait parfaitement huilée si ne se posait pas aujourd'hui la question de la place disponible dans l'hémicycle.

"Toulouse, en l'état actuel, ne peut pas accueillir les 158 élus (contre 91 auparavant, NDLR) et le personnel lié, assurait il y a quelques jours l'écologiste Gérard Onesta. Il faut déboulonner les sièges pour les rapprocher."

Une option qui ne semble pourtant pas être à l'ordre du jour, selon la directrice générale des services. "Concernant les sièges de l'hémicycle, s'il a un temps été envisagé de les réorganiser, nous ne toucherons finalement à rien, explique-t-elle. Les élus utilisent pour le moment une partie des places jusque-là attribuées au public, à qui il restera des sièges dans les tribunes latérales." Les conseillers régionaux sont installés par ordre alphabétique. Pas de jaloux.

"Pas de piscine", mais des séances de danse africaine

Le visiteur emprunte ensuite à nouveau l'escalier monumental qui descend en cascades vers la ville. Il se dirige vers l'aile Sud de l'Hôtel de Région, la plus récente. Il s'arrête un instant devant le buste de Jean-Jaurès qui vient tout juste d'être installé devant ce bâtiment en porte-à-faux de 20 000 m2 accueillant près de 250 agents (services économie, fonds européens, transports et développement durable). L'édifice abrite par ailleurs une vaste salle de réception, où se déroulent les cérémonies de vœux et les discours importants. À l'image de celui prononcé par Martin Malvy le 17 décembre dernier, à l'occasion de son départ. Juste en dessous se trouvent les archives. Et non loin se situe la salle multi-activités où certains agents organisent, entre midi et 14 heures ou le soir, des séances de gymnastique, de danse africaine ou de théâtre. Une chorale se réunit même régulièrement et se produit lors des grandes occasions, comme la Fête de la musique.

"Mais nous n'avons ni piscine ni salle de sport !", prévient Josiane Dubreuil dans un sourire.

Le bâtiment abrite enfin deux crèches de 60 places chacune superposées l'une sur l'autre : la crèche municipale Saint-Michel et la crèche régionale "Pomme de Reinette".

Les pas du visiteur le mènent enfin, après quelques minutes de marche, devant un bâtiment situé de l'autre côté de la rue des Gallois. C'est là que travaillent 250 agents, dans les services dédiés à la formation professionnelle, à l'éducation, au sport et à la culture.

La visite s'arrête là. Le 4 janvier, une nouvelle présidente a pris possession des lieux et de nouveaux élus ont fait leur apparition. Reste cependant une incertitude. S'il est acquis que les toutes premières réunions d'assemblée auront lieu à Toulouse, pour la suite, il semblerait qu'elles soient plutôt organisées à Montpellier, de même que les commissions permanentes. Quelle place aurait l'hémicycle de l'Hôtel de Région toulousain dans ce nouvel équilibre ?

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