Municipales à Toulouse : en coulisse, les alliances se dessinent

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Jeudi 10 octobre, Pierre Cohen sera officiellement le candidat du Parti socialiste pour les prochaines élections municipales de Toulouse. Une annonce qui marquera, à droite comme à gauche, le véritable début de la campagne. Entre tractations, alliances et vrai-faux suspense, petit tour d'horizon des forces en présence.

François Briançon, bras droit de Pierre Cohen et président du groupe socialiste, radical et républicain à la mairie de Toulouse, n'en fait pas mystère : le maire sortant, seul candidat en lice pour son parti, sera désigné jeudi par ses militants afin de briguer un nouveau mandat. "La ratification officielle interviendra dans les jours qui suivront", précise-t-il. La campagne pourra alors réellement débuter. Avec, en coulisse, la question - stratégique - des alliances.

Une gauche morcelée
"Nous espérons un rassemblement des forces de gauche le plus large possible", déclare François Briançon. Un discret appel du pied lancé notamment à Jean-Christophe Sellin (Parti de gauche), qui a décidé de se désolidariser de la majorité municipale en lançant sa propre liste. "Je suis plus que jamais candidat, assure ce dernier. Nous ne négocierons pas notre indépendance politique, qui est la raison d'être du Front de gauche." Un Front de gauche local qui apparaît aujourd'hui éclaté en deux composantes, suite au choix fait par Pierre Lacaze, premier secrétaire du Parti communiste 31, de ne pas présenter de liste aux municipales toulousaines. Et de se rallier, de fait, à Pierre Cohen ? "Tout porte à croire que ce sera le cas", analyse Jean-Christophe Sellin, qui regrette une absence de dialogue avec son allié d'hier. "C'est une question d'orientation politique et de cohérence, ajoute-t-il. En allant jusqu'au bout de ma démarche, je prouve que mon avenir n'est pas lié à mes bonnes relations avec le PS."

Pour François Briançon, la question d'un ralliement éventuel du Parti communiste au maire sortant n'est pas encore tranchée, même si, selon lui, "un certain nombre de responsables locaux ont fait savoir leur préférence pour Pierre Cohen". Pierre Lacaze indique de son côté que les "communistes décideront par vote leurs choix stratégiques, notamment sur la question d'une liste avec le PS dès le premier tour". Et d'ajouter : "Rien n'est décidé, mais nous voulons le rassemblement au premier ou au second tour pour battre la droite et l'extrême droite."

Toujours à gauche, Pierre Cohen devra par ailleurs compter sur la candidature d'Antoine Maurice, pour Europe Écologie - Les Verts. Le représentant écologiste, dont le directeur de campagne sera Régis Godec, compte lui aussi aller jusqu'au bout de sa démarche. "Nous avons choisi une stratégie : l'autonomie au premier tour, explique-t-il. Car 2014 n'est pas 2008. Il y avait à l'époque la nécessité de réveiller Toulouse après 37 ans de droite. Aujourd'hui, il est temps de préparer l'avenir." Une détermination qui n'empêche pas l'équipe du maire sortant d'entrevoir la possibilité d'une alliance. "Notre porte est toujours ouverte pour la discussion avec les Verts, confie François Briançon. Nos éléments de désaccord sont connus. Il s'agit principalement de divergences de calendrier. Nous leur demandons donc de bien réfléchir. Il ne faudrait pas qu'ils se trompent d'adversaire." Car pour Pierre Cohen, l'adversaire numéro un reste l'UMP Jean-Luc Moudenc.

Une droite entre alliances et tractations
L'ancien maire de Toulouse se positionne en effet aujourd'hui comme "rassembleur de la droite républicaine et du centre dans sa pluralité". L'homme se dit en discussions avec les représentants du MoDem, mais aussi de l'UDI. Problème : si le MoDem s'est en effet dernièrement désolidarisé de la campagne de Christine de Veyrac, l'UDI, elle, lui apporte toujours son soutien. Comme le confirme Jean Iglésis, président de l'UDI 31 : "Elle a le soutien de notre parti à la fois au niveau local et au niveau national. C'est notre candidate."

Un son de cloche très différent de celui de Jean-Luc Lagleize, président du MoDem départemental. "Certaines surprises pourraient apparaître, glisse-t-il. Actuellement, au niveau national, le MoDem et l'UDI se rapprochent. Nous souhaitons donc attendre que l'UDI se prononce définitivement sur son soutien à Christine de Veyrac avant de nous prononcer nous-même. Nous ne voulons pas rajouter du trouble au trouble." La porte serait-elle encore ouverte pour un rapprochement des deux forces centristes à la candidature de Jean-Luc Moudenc ? C'est en tout cas ce que l'ancien maire UMP veut croire. "Le dialogue est en cours, confie-t-il. Je ne m'occupe pas de Mme de Veyrac, qui vit une aventure personnelle. En revanche, l'UDI, oui, cela m'intéresse. Et un certain nombre de leurs responsables locaux est en pleine phase avec moi." Les tractations devraient se poursuivre jusqu'à la fin du mois.

Le FN est confiant
Face au morcellement à gauche et aux tractations complexes à droite et au centre, Serge Laroze, candidat FN aux municipales toulousaines, se frotte les mains. "Je pense, comme beaucoup, que nous ferons un bon score, confie-t-il. À mon sens, les candidatures centristes prendront plus de voix au PS et à l'UMP qu'au Front national. Mais nous sommes évidemment conscients qu'au dernier moment, face à ce que certains nomment le "risque FN", des alliances vont naître."

Alexandre Léoty
© photo Rémi Benoit

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