Airbus choisit l'Alabama, Midi-Pyrénées s'interroge

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La production d'A320 sera lancée en 2015 sur le nouveau site américain d'Airbus. Syndicats et élus de Midi-Pyrénées réclament des garanties sur l'avenir de l'activité toulousaine.

La production d'A320 sera lancée en 2015 sur le nouveau site américain d'Airbus. Syndicats et élus de Midi-Pyrénées réclament des garanties sur l'avenir de l'activité toulousaine.

De ce côté-ci de l'Atlantique, l'enthousiasme est... modéré. Les Midi-Pyrénéens veulent des garanties sur la préservation de l'activité et de l'emploi à Toulouse. « Si, à l'arrivée, le résultat de cet investissement est celui d'une plus grande présence sur le marché nord-américain sans pénaliser les sites d'assemblage et la production de pièces en Europe, ce sera évidemment positif, juge Martin Malvy, président du Conseil régional de Midi-Pyrénées.
Mais il faut que cela corresponde à un accroissement notable des commandes, qui aurait été impossible sans cela. [...]
L'implantation d'Airbus en Alabama pourrait également être un point d'appui pour nos entreprises régionales, un relais qui leur ouvre de nouvelles portes. » Pour la députée européenne du Sud-Ouest Christine de Veyrac, l'annonce « mérite clarification et précisions. Si un tel investissement, avec l'effort financier conséquent qu'il représente, peut constituer un effet de levier nécessaire pour pénétrer le marché américain, il n'en demeure pas moins qu'il ne doit pas conduire à l'affaiblissement de l'engagement d'Airbus en Europe, et en Midi-Pyrénées notamment.
À ce stade, si l'on peut se réjouir de ce projet, il nécessite aussi toute la vigilance des acteurs locaux et des pouvoirs publics nationaux. »

Les syndicats dubitatifs

« Il ne s'agit pas d'une délocalisation mais d'un investissement industriel sur le premier marché mondial devant la Chine. Nous avons besoin d'un important investissement industriel aux États-Unis.
Cela aura un effet positif sur les emplois en Europe », a expliqué Fabrice Brégier à la presse. Autrement dit : en ouvrant un site supplémentaire en zone dollar, Airbus pourra monter en cadence, séduire de nouveaux clients et faire plus de profits. Les autres sites bénéficieront donc d'un surcroît d'activité (l'Europe conservant la construction des tronçons de fuselage et des systèmes), ou d'investissements supplémentaires dans la R&D.
Les syndicats s'attendaient à un tel argumentaire, mais restent circonspects, tout en pointant le fait qu'Airbus a choisi un État interdisant l'adhésion obligatoire de tout salarié à un syndicat. La CGT Métallurgie demande « des garanties sur les investissements au sein des sites d'Airbus pour gérer la croissance du carnet de commandes, notamment le maintien de la chaîne d'assemblage sur le site de Toulouse », mais aussi « des garanties sur le niveau d'embauche et sur les charges de travail pour le tissu industriel et le réseau de sous-traitance » européen. La CFDT s'interroge : « Les montées en cadence prévues sur les trois autres chaînes de montage A320 sont-elles remises en cause ? A contrario, lors d'un retournement de conjoncture, comment seront gérées les baisses de cadence ? Quel est l'impact sur le réseau de sous-traitants européens ? » Rappelant au passage que Boeing vend des avions en Europe et en Chine sans chaîne d'assemblage sur ces continents.

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