MyOcean, projet européen de surveillance et de prévision des océans, lancé à Toulouse

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Le projet MyOcean a été officiellement lancé ce midi à l'Hôtel de région en présence des 61 partenaires européens impliqués. MyOcean est un outil de surveillance et de prévision des océans, porté et coordonné par le groupement d'intérêt public toulousain Mercator Océan. Il se base sur les données recueillies par des satellites et des bouées sur toute la surface du globe. Les informations (température, salinité, courants, etc.) sont accessibles gratuitement depuis un site internet spécifique.

Le développement de MyOcean se poursuivra jusqu'à la création d'un service plus complet d'ici 2012.

Evaluer la salinité dans l'Océan Indien ; faciliter le routage de navires en Méditerranée ; superviser des activités off-shore dans le canal du Mozambique ; étudier la qualité de l'eau en mer Baltique ; lutter contre les marées noires dans l'Atlantique ; étudier la fonte des glaces. A travers ces quelques exemples, Pierre Bahurel, coordinateur de MyOcean, a présenté ce midi les multiples possibilités qu'offre ce projet. Ce réseau récolte et intègre quotidiennement près de 500.000 données relatives aux océans, qu'elles viennent de satellites ou de bouées. 61 partenaires (organismes de recherche, agences nationales, PME) sont impliqués dans ce consortium. Basés dans 29 pays européens, ils constituent un réseau structuré en douze centres. A partir des informations recueillies, les techniciens font tourner des modèles numériques permettant d'établir cartes en 3D et prévisions.

A Ramonville-Saint-Agne, Mercator Océan héberge le cœur de ce réseau et coordonne l'ensemble du dispositif. Ce groupement d'intérêt public a été créé en 2002 par le CNRS, le CNES, l'Ifremer, l'Institut pour la recherche et le développement, Météo-France et le Service hydrographique et océanographique de la Marine. Il a pour mission de décrire à tout instant l'état de l'océan. En 2008, la Commission européenne lui a confié la mission de coordonner la mise en œuvre du « Marine Core service », composante marine du programme européen de surveillance de l'environnement et de la sécurité GMES (Global monitoring for environment and security). C'est l'objet du projet MyOcean, qui a pour le moment nécessité un budget de 55 millions d'euros, co-financé à hauteur de 33 millions d'euros par la Commission européenne.

Ce midi, les 61 partenaires étaient réunis à l'Hôtel de région. Plusieurs tables rondes étaient organisées toute la journée. « MyOcean met en lumière l'excellence de nos chercheurs. Nous sommes fiers de les compter dans notre région », s'est réjoui Martin Malvy, président du conseil régional, lors de la cérémonie de lancement du projet. « L'outil MyOcean est utile en mer et pour la mer. C'est aussi l'aboutissement d'un formidable travail de coopération pour aboutir à cette première étape dans la constitution d'un service public européen pour l'observation de la mer. » Le président a profité de l'occasion pour rappeler que « la région a doublé le budget consacré à la recherche depuis 2004. Il est maintenant stabilisé à 26 millions d'euros par an. »

Première étape, le site internet de MyOcean a été lancé ce midi. Il permet au grand public d'avoir accès aux informations relatives aux étendues d'eau mondiales. « Ce site est succinct, note Pierre Bahurel, directeur de Mercator Océan et coordinateur de MyOcéan. Il ne s'agit que d'une vitrine, mais le grand public peut le consulter gratuitement. Maintenant, nous avons trois objectifs : tout d'abord, sécuriser le produit et s'assurer que les données circulent bien car nos centres sont interconnectés. Ensuite, augmenter et améliorer l'offre de services. Enfin, consolider nos relations aux utilisateurs, qu'il nous faudra identifier. Nous espérons être totalement opérationnels en 2012. »

Mercator et ses partenaires ne comptent pas commercialiser ce service, qui restera gratuit. « Nous sommes dans une optique de bien public européen, explique Pierre Bahurel. Cela reste à finaliser, mais l'information de base sera financée par la Commission européenne, par une dotation de 11 millions d'euros par an dans les 3 années à venir. » En d'autres termes, le consortium se contentera de fournir « la matière première, l'information » et laissera le champ libre aux entreprises intéressées pour développer des services dérivés. « On pourrait par exemple consulter des informations personnalisées depuis son PDA grâce à une application », imagine Pierre Bahurel. Avant d'imaginer un business lucratif, reste à résoudre une problématique. « La navigation et la sécurité en mer, le business marchand, les fermes aquacoles, la lutte contre les pollutions, la défense... les marchés sont étroits. Il s'agit d'un patchwork de plusieurs niches, sans véritable locomotive. »

En savoir plus :

- www.myocean.eu.org
www.mercator-ocean.fr
www.gmes.info

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