La droite municipale toulousaine vole en éclats

Alors que les remous provoqués par les dernières élections internes de l'UMP en Haute-Garonne ne se sont pas encore calmés, c'est la droite toulousaine dans son ensemble qui vient de subir un nouvel épisode fratricide. Cinq élus d'oppositions s'apprêtent en effet à quitter le groupe "Toulouse pour tous" présidé par Jean-Luc Moudenc pour créer leur propre groupe "Toulouse Métropole". Ils sont cinq.

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Alors que les remous provoqués par les dernières élections internes de l'UMP en Haute-Garonne ne se sont pas encore calmés, c'est la droite toulousaine dans son ensemble qui vient de subir un nouvel épisode fratricide. Cinq élus d'oppositions s'apprêtent en effet à quitter le groupe "Toulouse pour tous" présidé par Jean-Luc Moudenc pour créer leur propre groupe "Toulouse Métropole".

Ils sont cinq. Marie Déqué, Chantal Dounot et François Chollet pour l'UMP, Serge Didier du Nouveau Centre et René Bouscatel, sans étiquette, annonceront vendredi 17 décembre lors du conseil municipal de Toulouse leur décision de quitter le groupe d'opposition "Toulouse pour tous" de Jean-Luc Moudenc. Ils rejoindront un nouveau groupe baptisé "Toulouse Métropole", présidé par René Bouscatel.

« Nous voulons construire une opposition plus moderne, plus vivante, plus intelligente, explique Serge Didier. La droite perd toutes les élections en Haute-Garonne depuis 1997. En 2001, elle n'a gagné que sur la base d'une erreur fondamentale du Parti socialiste. Les partis de droite sont incapables de se renouveler. Au lieu d'une logique d'ouverture, ils encouragent la fermeture, d'où mon départ de l'UMP il y a 3 ans. Il y en a marre des petits complots d'appareil, des petites mesquineries. »

Le groupe "Toulouse pour tous" a regretté, via un communiqué de presse, cette scission : "Par voix de presse, curieuse méthode, nous apprenons que certains élus de notre groupe municipal auraient décidé de le quitter et de faire un groupe à part. Nous condamnons cette initiative de division, particulièrement malvenue alors que le Parti socialiste exerce à Toulouse une hégémonie absolue face à laquelle nous devons rester unis et travailler ensemble. Plus que jamais l'union est nécessaire ! L'amalgame conjoncturel d'ambitions frustrées ou déçues, de vieilles rancœurs très personnelles et d'attitudes de mauvais perdants au lendemain d'un scrutin interne au résultat sans appel, ne fait ni un projet politique, ni une ambition collective pour notre ville et nos valeurs."

Les sept élus encore membres du groupe "Toulouse pour tous", Jean-Luc Moudenc, Roger Atsarias, Florence Baudis, Danièle Damin, Djillali lahiani, Elisabeth Toutut et Christian Raynal, ont répété leur volonté de continuer : "Nous demeurons, nous, fidèles au contrat moral qui nous lie aux électeurs qui ont fait confiance à la liste de "Toulouse pour Tous" en mars 2008. »

"Situation irréconciliable"

Cette scission couvait depuis déjà 6 mois. En juin en effet, un séminaire organisé autour de Jean-Luc Moudenc concluait à la nécessité de « modifier les conditions de travail » du groupe d'opposition, notamment en le dotant d'un véritable bureau et d'un président élu. Des promesses qui n'auraient pas été suivies d'effet. « Compte tenu de la tension durant les élections internes de l'UMP31, ce n'était pas le bon moment pour réaliser ces changements, souligne Christian Raynal, élu UMP, non sécessionniste. J'ai trouvé regrettable que Paris n'ait pas pu imposer aux cinq personnalités de ce département de se mettre autour d'une table pour trouver, pour chaque circonscription, une liste unique avec un leader unique. On en est arrivé à une situation irréconciliable. » L'élu d'opposition a refusé de quitter le groupe de Jean-Luc Moudenc : « Quelle image allait-on renvoyer en claquant la porte au lieu de mettre en place les solutions évoquées en juin ? C'était ridicule, digne de gaminerie. »

En tant que président de ce nouveau groupe, René Bouscatel serait tout ce qu'il y a de mieux placé pour prétendre à la candidature lors des élections municipales de 2014. Une possibilité que nous évoquions déjà dans les colonnes de notre magazine paru le 9 juin. « Même s'il y a encore un pas pour qu'il y pense chaque jour en se rasant », dixit un de ses proches. Pour Christian Raynal, si cette ouverture à la société civile (René Bouscatel est un élu sans étiquette) est tout ce qu'il y a de plus positive, il ne s'agit pourtant pas de la meilleure option pour les élections : « La société civile n'est jamais arrivée au pouvoir. Et qu'on ne me parle pas de Raymond Barre. S'il a bien été élu maire de Lyon sans étiquette, il s'agissait d'un ancien Premier ministre et d'un candidat à la présidentielle. Même si je considère René Bouscatel comme quelqu'un d'éminent, il ne passera jamais à la mairie de Toulouse sans un soutien politique ».

Marie Grivot

En photo : René Bouscatel et Jean-Luc Moudenc (© Rémi Benoit)

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