TLT aurait besoin d'un million supplémentaire

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La télévision locale a présenté le 1er septembre sa grille de rentrée qui comporte de nombreuses nouveautés, notamment sur le volet information. Le président René Grando et le directeur général Franck Demay ont profité de l'occasion pour préciser les contours de leur business développement. Et pour égratigner le Conseil régional, mais surtout le Conseil général, pour leur manque de soutien dans le plan de relance de la chaîne toulousaine.Pessimiste actif.

La télévision locale a présenté le 1er septembre sa grille de rentrée qui comporte de nombreuses nouveautés, notamment sur le volet information. Le président René Grando et le directeur général Franck Demay ont profité de l'occasion pour préciser les contours de leur business développement. Et pour égratigner le Conseil régional, mais surtout le Conseil général, pour leur manque de soutien dans le plan de relance de la chaîne toulousaine.

Pessimiste actif. Tel pourrait être, résumé, l'état d'esprit des dirigeants de Télé Toulouse à l'heure d'annoncer la grille de rentrée de la chaîne : « Les programmes que nous allons mettre en place à partir de septembre constituent un pari sur l'avenir dans une période où l'on voit que la télévision reste en convalescence et sous perfusion économique » , a d'emblée rappelé René Grando, président de Télé Toulouse.

Un contexte incertain qui ne doit cependant pas conduire à la morosité selon Franck Demay, directeur général de la chaîne : « Les télévision locales sont à la frontière de passer à l'âge adulte. Ce n'est donc pas le moment de lâcher. » Son pain noir, TLT l'a déjà mangé : « Notre survie n'est pas vraiment en cause depuis que l'on est sorti des redressements judiciaires », assure René Grando. La situation demeure toutefois « tendue ».

Avec un budget de 2,8 millions d'euros, sensiblement identique à celui de l'an passé, mais en recul d'un million par rapport à 2008, la télé locale toulousaine est obligée de faire preuve de trésors d'ingéniosité pour continuer à proposer des programmes de qualité. TLT ne manque pas d'idées mais les contraintes économiques auxquelles elle est soumise rendent difficiles leur application.

« Dans un paysage médiatique très concurrentiel, on continue à se battre pour conserver la qualité », poursuit Franck Demay. Et même si la situation tend à s'améliorer commercialement, le chemin est encore long pour atteindre une forme d'équilibre « public-privé » : « De nombreux annonceurs attendaient de savoir si nous nous inscrivions dans la durée, détaille le directeur général de la chaîne. Le chiffre d'affaires de la régie commerciale remonte. Il reste toutefois bien en-deçà des objectifs, raisonnables, fixés qui étaient sur 2010 de 800.000 €. »

TLT a, en outre, déploré le désengagement partiel ou total de certaines collectivités locales : « Je tiens à remercier la Mairie et la Communauté d'agglomération pour leurs aides (respectivement 1,3 M€ et 100 000 €) sans lesquelles nous n'existerions plus, a rappelé René Grando. Je tiens à le souligner en opposition au désengagement de celui du Conseil général de Haute-Garonne, à cause de la proximité des élections cantonales, alors que Pierre Izard avait pris l'engagement sur un budget d'aide à la relance de TLT. Quant au Conseil régional, nous sommes loin des objectifs espérés qui étaient de l'ordre de 200.000 € (contre 1/3 de la somme dans les faits, NDLR). C'est regrettable dans la mesure où nous faisons une télévision de service public, citoyenne et interactive. Sans compter que TLT n'est pas une télé locale puisqu'elle couvre un bassin de population de 800.000 habitants. » L'audience ne s'est pas érodée ces derniers mois et reste stabilisée à 400.000 spectateurs / semaine.

Concrètement la chaîne, née il y a 22 ans, aurait aujourd'hui besoin d'un million d'euro pour envisager l'avenir plus « confortablement ». Et espère bien, selon son directeur général, y parvenir : « Le budget moyen pour faire une télévision locale de qualité, c'est 5 millions d'euros, indique Franck Demay. Je ne peux pas croire que le tissu économique, industriel et politique de l'agglomération toulousaine ne puisse pas réunir cette somme. »

Concernant la grille à proprement parler, trois nouveautés majeures marquent la rentrée de septembre : à commencer par un journal télévisé « tout images » de 8 minutes, rediffusé toutes les heures de 18h30 à 22h30 : « Il ne s'agit pas de faire du M6 mais de dynamiser notre JT en opérant un virage dans la culture de l'information locale », explique Franck Demay. Dans le même ordre d'idées, le « Comptoir de l'Info » sera « raccroché » au JT afin de créer un bloc info plus long.

Enfin, et dans le but d'annoncer les programmes de la chaîne mais aussi et surtout de proposer des informations complémentaires au niveau local, régional, national et international, un fil d'information sous forme de bandeau déroulant est mis en place. Outre l'apparition de nouveaux magazines, notamment sur la thématique sportive, TLT fait également le pari du documentaire en en proposant un différent tous les soirs du mardi au vendredi à 22h40 ainsi qu'un en prime-time le dimanche soir.

Jean Couderc

En savoir plus :
- www.teletoulouse.com

En photo : Franck Demay, directeur général de TLT et René Grando, président de TLT (© M.Lozano)

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