Commerce : une hausse du chiffre d'affaires espérée de 1,6 % en 2010

Didier Gardinal, président de la Chambre Régionale de Commerce et d'Industrie (CRCI) de Midi-Pyrénées, présentait ce mercredi 31 mars les résultats de l'enquête menée sur la conjoncture du commerce en Midi-Pyrénées. Après une année 2009 marquée par une baisse globale du chiffre d'affaires de 2,6%, une augmentation de 1,6% est attendue en 2010.

4 mn

L'enquête a été réalisée auprès de 767 entreprises de la région, créées depuis au moins deux ans.

La conférence-débat s'est tenue en présence des représentants des CCI des huit départements midi-pyrénéens et de Bernard Raynaud, vice-président en charge de l'emploi, de l'innovation et du développement économique au Conseil régional. Animé par Jean-Christophe Giesbert, le débat a permis de faire un bilan de l'activité commerciale dans la région, qui représente 33.000 commerces et 126.500 salariés, soit 22% des effectifs de Midi-Pyrénées.

Didier Gardinal a d'abord rappelé que « le commerce, c'est la vie. Les commerçants sont des spécialistes de la vie du territoire, de leur quartier et de leur ville. C'est notre devoir de les soutenir. » Concernant l'année 2009, le bilan est morose marquée par un net fléchissement dans les résultats du commerce de Midi-Pyrénées : selon l'étude de la CRCI, 46% des entreprises commerciales de la région ont vu leur activité baisser, et un quart d'entre elles estime être dans une situation fragile.

En plus de la crise, qui a touché tous les secteurs d'activité en 2009, plusieurs explications ont été avancées pour expliquer les difficultés des entreprises commerciales. Ainsi, Marilyn Lherm, présidente de la commission commerce à la CRCI, a évoqué la concurrence féroce exercée par la grande distribution périphérique sur le commerce de centre-ville. « En se rénovant, les centre-villes ont perdu des places de parking et de l'accessibilité, ce qui a contribué à la migration des clients vers l'extérieur. » La multiplication des périodes de soldes, normales ou flottantes, a également été pointée du doigt. « On n'y comprend plus rien, a dénoncé Marc Vieuxloup, élu de la CCI de Toulouse. Pourquoi pas des soldes dans tous les services marchands? Chez le coiffeur, par exemple ? »

Pour insuffler une nouvelle dynamique, la CRCI a annoncé qu'une grande enquête de consommation allait être réalisée sur l'ensemble de la région. Marylin Lherm a insisté sur le fait que c'était le rôle des CCI d'être présentes et de se faire entendre au moment des prises de décision sur l'aménagement du territoire. « Parmi les nombreuses questions à se poser, il y a celle de l'habitat, a ajouté Didier Gardinal. A Toulouse et ailleurs, on voit trop d'étages inhabités au-dessus de rez-de-chaussées utilisés pour des commerces. »

Comme prévu, l'année 2010 ne sera pas celle d'une croissance débridée. 46% des dirigeants d'entreprises interrogés se déclarent néanmoins optimistes pour l'avenir, contre seulement 17% de pessimistes. La moitié d'entre eux pense que la demande n'augmentera pas en 2010. Un constat en demi-teinte, confirmé par Chantal Boucher, directrice régionale de la Banque de France. « A la fin de l'année 2009, nous avons noté un sursaut de reprise, explique-t-elle. Mais ce début de l'année 2010 marque une stagnation, comme si le commerce s'arrêtait pour souffler avant de repartir. »

Pour les commerces, les jours meilleurs viendront avec une amélioration de la conjoncture économique globale. Mais pas seulement : « Tout le monde va devoir s'adapter, annonce Marc Vieuxloup. En centre-ville, nous avons déjà un grand nombre de franchises, ou d'entreprises ayant un accord avec une marque reconnue. C'est un bon exemple d'adaptation. »

Par ailleurs, l'assemblée a voté le budget prévisionnel des CCI et de la CRCI pour l'année 2010. Après la présentation, un membre de la CCI de Toulouse a dénoncé un « budget de division », dénonçant le fait que la CRCI prévoit une réduction de seulement 2% de ses frais de fonctionnement, contre 4% pour la CCIT. Le budget a été finalement adopté à 23 voix contre 16 et 3 abstentions. Claude Terrazzoni, président de la CCIT, a ensuite contesté la validité du résultat, estimant qu'il ne respectait pas le principe de majorité qualifiée qui régit les votes de la CRCI.

Clément Sirdey

En savoir plus :
- www.midi-pyrenees.cci.fr/

En photo : Marc Vieuxloup, Marilyn Lherm, Jean-Louis Marty, Chantal Boucher et Didier Gardinal (photo : Rémi Benoit)

4 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.