Thales Alenia Space se mobilise pour les salaires le 11 mars

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Ce sera la prochaine grande mobilisation des salariés de Thales Alenia Space : le jeudi 11 mars, les cinq syndicats principaux de l'entreprise (FO, CFDT, CFE-CGC, CGT et CFTC) appellent à arrêter le travail pour protester contre la politique salariale de la direction. La dernière manifestation, le 21 janvier dernier, avait réuni 800 des 2.470 salariés toulousains.Cette fois-ci, les organisateurs attendent près de 1.000 manifestants à Toulouse, déclinaison locale d'un mouvement qui touche tous les sites français de Thales Alenia Space.

Ce sera la prochaine grande mobilisation des salariés de Thales Alenia Space : le jeudi 11 mars, les cinq syndicats principaux de l'entreprise (FO, CFDT, CFE-CGC, CGT et CFTC) appellent à arrêter le travail pour protester contre la politique salariale de la direction. La dernière manifestation, le 21 janvier dernier, avait réuni 800 des 2.470 salariés toulousains.

Cette fois-ci, les organisateurs attendent près de 1.000 manifestants à Toulouse, déclinaison locale d'un mouvement qui touche tous les sites français de Thales Alenia Space. « Nous prévoyons de cesser le travail pendant une journée au moins, explique Florence Coppel, déléguée Force Ouvrière (FO). Nous ferons sûrement la jonction avec nos collègues de Thales Avionics sur le rond-point devant Freescale. »

Cette manifestation est dans la continuité de celle du 21 janvier dernier. Les syndicats réclament toujours une politique salariale plus favorable. « Les augmentations de salaires ont été réduites de 50% depuis l'arrivée de la nouvelle direction alors que l'entreprise obtient de très bons résultats, confirme Emmanuel Montforte, délégué CFDT de Thales Alenia Space. Depuis que Dassault est devenu plus important dans le Conseil d'administration, les exigences de rentabilité ont augmenté. »

Des exigences qui s'appliquent inégalement au sein de l'entreprise, selon les syndicats. Ils veulent notamment défendre le traitement des cadres, près de 3.000 à Thales Alenia Space. « Des dizaines d'entre eux n'auront pas d'augmentation salariale cette année, annonce Florence Coppel. Or, dans un métier très pointu comme le nôtre, la motivation des équipes techniques est primordiale. Certains cadres quittent même le groupe car ils ont l'impression de perdre la main. »

Les représentants syndicaux entendent également protester contre les transferts d'activité et de technologie, qui ont vu certaines activités se déplacer vers l'Espagne et l'Italie. « Cette équipe pratique un management dicté par la rentabilité, dénonce Florence Coppel. Des embauches ont été mises en suspens, les sous-traitants ne travaillent plus à nos côtés dans les murs, ils ont été renvoyés dans leurs entreprises. Et pendant ce temps, certains salaires du management peuvent atteindre 25.000 € par mois. » Également mises en cause, les méthodes de l'équipe de direction, avec à sa tête Reynald Seznec, qui a pris ses fonctions de PDG de Thales Alenia Space le 1er mai 2008.

La manifestation du 21 janvier dernier avait permis à l'intersyndicale de Thales Alenia Space d'obtenir un plancher de 32 € pour les augmentations de salaires, ainsi qu'une enveloppe globale revue à la hausse (+ 0,2%).

Directeur des ressources humaines de Thales Alenia Space France, Christophe Bernard-Migeon réagit à la situation toulousaine : « A la suite du mouvement du 21 janvier, les partenaires sociaux ont été reçus au siège de Neuilly. Chez Thales Alenia Space nous avons notamment fait évoluer les mesures concernant les bas salaires, revu à la hausse l' augmentation générale tous les non-cadres... Mais nous avons aussi dit que ces mesures ont un coût pour l'entreprise. Au global, l'évolution de la masse salariale est de + 2,2%. Les salariés considèrent, à juste titre, que nous avions mené une politique plus volontariste l'an passé. Mais l'environnement et les perspectives économiques ont changé et il nous faut être vigilant. Rappelons aussi qu'en matière de dépenses, nous maintenons un budget d'investissement important et que la R&D est au même niveau que l'année précédente. La direction nationale du groupe considère maintenant que les négociations sont terminées, chez Thales Alenia Space comme dans les autres branches du groupe, mais le dialogue social n'est pas rompu pour autant. »

Clément Sirdey et Mikaël Lozano

En photo : le mouvement d'une partie des salariés de Thales Alenia Space touche tous les sites français. Toulouse n'échappe pas à la règle avec plusieurs débrayages ces derniers jours. (photo © Thales Alenia Space)

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