Les drones de Diodon prennent de la hauteur grâce au million d’euros de Delta

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La levée de fonds va permettre à Diodon d'industrialiser sa production.
La levée de fonds va permettre à Diodon d'industrialiser sa production. (Crédits : Rémi Benoit)
Diodon, startup toulousaine lancée en mars 2017, est spécialiste des micro-drones à structure gonflable destinés au secteur de la défense. Elle vient d’annoncer la finalisation d’une levée de fonds d’un million d’euros auprès de la filiale investissements du groupe Delta Drone. Une somme qui permettra, entre autres, d'accélérer la commercialisation de leur dernier drone de type amphibie (capable de se poser sur la terre et sur l’eau), le HP30.

Diodon prend un peu plus de hauteur. La startup d'une quinzaine de salariés lancée en mars 2017 par deux ingénieurs toulousains diplômés de l'Isae-Supaéro vient d'annoncer une augmentation de son capital de l'ordre d'un million d'euros. Une somme levée auprès du groupe Delta Drone (acteur réputé des drones civils à usage professionnel) afin de développer la commercialisation du HP30, le dernier micro-drone à structure gonflable de l'entreprise conçu pour le secteur de la défense. Pour rappel, les engins volants de Diodon sont spécialisés dans les missions de reconnaissance, de surveillance et d'inspection dans des environnements difficiles (maritime, sableux, équatorial).

Le premier modèle de la société avait d'ailleurs trouvé preneur auprès d'une armée européenne, dont la nationalité reste secrète, en 2018. Une expérience enrichissante qui a permis à Diodon de s'apercevoir que leurs principaux utilisateurs sont ceux qui œuvrent dans l'environnement maritime (marine, garde-côtes, forces spéciales maritimes).

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"Nous sommes en position de force sur un marché de niche"

La volonté des cofondateurs de se positionner sur le marché de la défense dès les débuts de la startup leur permet désormais d'être "en position de force sur un marché de niche", explique Antoine Tournet, directeur général de Diodon. C'est en partie pour cette raison que Delta Drone a décidé d'accompagner financièrement la jeune pousse en début d'année 2021.

 "Nous nous sommes rencontrés deux ou trois fois avant de conclure à cette levée de fonds. [...] Ce qui nous a séduit, c'est que dans les cartons de Diodon, il y a un certain nombre de projets crédibles qui représentent plusieurs millions d'euros à une échéance très moyen terme. Le marché du drone est un marché très compétitif avec beaucoup d'acteurs et donc forcément il y a une dimension de regroupement d'intérêts", explique Christian Viguié, PDG de Delta Drone.

C'est donc aussi pour se démarquer de leurs concurrents communs et prendre une longueur d'avance sur eux que les deux entreprises collaborent ensemble. En ce sens, la maîtrise de fabrication de Delta Drone Technology (drone, station sol, batterie ...) et sa connaissance du marché (plusieurs contrats avec des acteurs français reconnus du naval de défense) sont des atouts pour l'avenir de Diodon.

"Cela représente une super opportunité pour nous de réaliser cette levée de fonds dès le début de l'année pour mettre derrière nous l'année 2020 et se dire que nous avons les moyens de mettre en place tous les outils que nous avions tardé à instaurer avec la crise sanitaire. Nous pouvons aller plus vite avec nos utilisateurs désormais. C'est un excellent coup de pouce et un coup de démarrage très fort sur 2021", complète Antoine Tournet, cofondateur de Diodon.

Un coup de pouce qui intervient deux ans après une première levée de fonds de 500.000 euros en 2019. Celle-ci avait permis d'avancer sur les questions de commercialisation du SP20, puis sur la recherche et le développement du HP30.

Industrialisation de la production

D'après Antoine Tournet, les clients de la société de mini-drones professionnels ont des contraintes spécifiques qui demandent beaucoup d'exigence. "Il fallait développer un produit véritablement adapté à leurs besoins", poursuit-il. C'est désormais chose faite, et les premières démonstrations du HP30 devant de potentiels futurs acquéreurs ont été réalisées en ce début d'année 2021. Ainsi, cette prise de participation de Delta Drone dans le capital de Diodon permettra de "monter en cadence, en qualité et en performance de production" (capacité de quatre drones par mois en 2019 qui devrait passer à 10 puis 20 par mois dans les semaines à venir), afin d'investir de nouveaux marchés.

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Car le cofondateur de Diodon ne cache pas son envie de discuter avec Delta Drone des débouchés commerciaux dont ils pourraient bénéficier par la suite. L'objectif est d'avoir des points d'entrée en dehors de l'Union européenne, notamment en Afrique, en Amérique du Nord et en Australie, où le groupe Delta est déjà bien installé. Enfin, la startup compte profiter de la renommée de son homologue sur le marché pour renforcer sa crédibilité. Christian Viguié souhaiterait même aller plus loin en développant un produit issu d'une mutualisation de leurs compétences pour le compte de Delta Drone, sans toutefois toucher à l'accord capitalistique qui lie les deux structures et qui limite à un peu plus de 10% la participation de Delta Drone dans le capital de la startup.

"J'étais très intrigué par le côté 'amphibie' des drones Diodon. Je suis convaincu qu'un jour je leur demanderai de contribuer à la mise au point d'un drone amphibie pour le compte de Delta Drone dans des applications de Delta Drone. Probablement que demain, on pourra imaginer un produit hybride entre ce que nous faisons nous et ce que fait Diodon", révèle Christian Viguié.

Mais la prise de participation de la filiale d'investissement du groupe dans Diodon n'a pas vocation à influer sur leur prise de décision. "Notre volonté était de rester maître à bord. Nous nous sommes mis d'accord sur ce point", révèle Antoine Tournet. Christian Viguié se tient néanmoins prêt à conseiller les jeunes entrepreneurs s'ils lui en font la demande, mais aussi à exposer les drones de Diodon dans ses futurs centres de démonstration, au Maroc, en Afrique du Sud, aux Emirats Arabes Unis et en Australie.

"Nous avons été très impacté par la crise au niveau commercial en 2020 parce que nous n'étions pas en capacité de montrer et faire tester nos produits. Or, pour nos clients, c'est essentiel. Nous avons donc eu pas mal de reports de programmes, mais pas d'annulation", reconnaît Antoine Tournet.

Un tel apport de visibilité et en infrastructures n'est donc pas négligeable pour la startup. D'autant que l'entreprise vient de se lancer dans la création d'un troisième modèle, plus adapté au secteur de l'industrie, qui est pour le moment en phase de définition du besoin et d'études.

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