Naïo Technologies lève 14 millions d’euros et ouvre un atelier aux États-Unis

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Aymeric Barthes et Gaëtan Séverac, fondateurs de Naïo Technologies, créent des robots électriques agricoles capables de désherber les cultures.
Aymeric Barthes et Gaëtan Séverac, fondateurs de Naïo Technologies, créent des robots électriques agricoles capables de désherber les cultures. (Crédits : Tien Tran)
L'entreprise, spécialisée dans les robots agricoles, vient de réaliser un tour de table de 14 millions d’euros auprès de Bpifrance. Avec cette opération, Naïo Technologies compte renforcer son développement, notamment à l'international. L'entreprise, dont le siège est à Escalquens, va ouvrir un atelier de stockage en Californie au premier semestre 2020. Elle prévoit également 10 à 20 recrutements par an sur les trois prochaines années.

Elle l'avait annoncé fin 2018. L'entreprise toulousaine Naïo Technologies vient de réaliser un tour de table de 14 millions d'euros auprès de Bpifrance. Avec cette levée de fonds, la startup, qui conçoit et commercialise des robots agricoles autonomes, souhaite accélérer son développement.

"Cette levée va nous permettre de consolider notre présence en France et en Europe, plus particulièrement en Allemagne, qui est un gros producteur de légumes et qui valorise le bio, et dans les pays d'Europe du Nord. Mais également aux États-Unis et surtout en Californie où il y a une forte appétence pour les robots agricoles", explique Gaëtan Séverac, cofondateur de Naïo Technologies.

Ce tour de table est le plus conséquent réalisé par la jeune pousse. Elle avait levé 2,5 millions d'euros en 2018, après avoir récolté aussi 5 millions entre 2015 et 2017. Fondée en 2011 par Gaëtan Séverac et Aymeric Barthes, ingénieurs en robotique, la startup toulousaine crée des robots électriques agricoles capables de désherber les cultures, comme les légumes et les vignes, de façon autonome. Ils assistent ainsi les agriculteurs et permettent de pallier le manque de main d'œuvre agricole, de réduire la pénibilité et d'alléger la charge de travail tout en limitant le recours aux intrants. Son premier robot, du nom de Oz, est destiné aux maraîchers diversifiés, Dino au désherbage des légumes et Ted, à la viticulture.

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Ted, nouveau robot de Naïo Technologies

Le robot TED (Crédits : Rémi Benoit).

De nouvelles technologies pour ses robots

L'entreprise, dirigée par Aymeric Barthes, envisage de développer de nouveaux robots. "Nous en avons un sur lequel nous sommes actuellement en cours de réflexion", confie Gaëtan Séverac. En attendant, la startup espère améliorer ses robots existants. Des changements technologiques qui seront également financés par la levée de fonds.

"Nous voulons apporter plus d'autonomie et d'innovation à nos robots. Nous avons des projets concrets déjà lancés comme les outils actifs. Nos robots sont guidés par GPS et caméras qui leur permettent de couper les mauvaises herbes au plus près de la plante. Avec les outils actifs, nous pourrons améliorer cette technologie et désherber à un centimètre de la plante, seulement. Nous allons tout d'abord l'implanter sur Dino puis ensuite sur tous nos robots", annonce le cofondateur.

Depuis la mise sur le marché de son premier robot en 2013, Naïo Technologies a commercialisé plus de 150 machines dans des exploitations agricoles et viticoles, en Europe de l'Ouest, en Amérique du Nord et au Japon. Oz, est le plus vendu, avec plus de 100 exemplaires écoulés. Parmi ses clients, la jeune pousse compte des maraîchers, des producteurs, des coopératives ou encore des industriels, comme Bonduelle, Florette, Arterris et Vinovalie.

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Un atelier aux États-Unis en 2020

Naïo Technologies, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 2,1 millions d'euros en 2018, dont 20% à l'export, va intensifier son implantation à l'étranger. Elle va ouvrir un atelier de stockage et d'assemblage en Californie, aux États-Unis, au premier semestre 2020.

"C'est une région stratégique pour nous, le marché est demandeur. Mais, si nous voulons que cela se passe bien nous devons aller sur place. C'est pourquoi nous avons décidé d'y avoir une présence locale avec une petite équipe. Trois embauches sont prévues. Par ailleurs, nous sommes sollicités partout dans le monde comme en Inde, en Afrique, au Japon et au Canada, où nous sommes en discussion pour y monter une équipe", révèle Gaëtan Séverac.

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L'entreprise de 70 salariés qui espère, au total, créer 10 à 20 postes par an au cours des trois prochaines années, se satisfait de son évolution.

"On nous demandait, à notre création, si les robots agricoles étaient vraiment utiles. Maintenant, nous en avons la preuve avec notamment la confiance que les investisseurs ont en Naïo. Le marché existe et est arrivé à maturité", conclut le cofondateur.

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