Kippit, fabricant d'électroménager durable, réparable, local et évolutif

L'entreprise toulousaine a créé une bouilloire multifonctions, durable, réparable et évolutive. Commercialisée au printemps 2020, elle sera produite par la startup dans un atelier à Beauzelle. Kippit, qui vient de remporter le prix de l’Innovation au salon Made In France, va lancer la création d'un lave-linge et d'un grille-pain, dès l'année prochaine, et compte ouvrir un second atelier de production en 2021.

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La bouilloire conçue par Kippit permet de faire chauffer de l'eau, des biberons et fait aussi cuiseur vapeur et bain-marie.
La bouilloire conçue par Kippit permet de faire chauffer de l'eau, des biberons et fait aussi cuiseur vapeur et bain-marie. (Crédits : Kippit)

Tout a commencé par un lave-linge tombé en panne. "Il avait à peine quatre ans mais la carte électronique avait cramé et en acheter une autre coûtait plus cher que remplacer la machine. Jeter si facilement 70 kg de déchets à la poubelle c'était insupportable", se remémore Kareen Maya Levy, cofondatrice de Kippit. Accompagnée de Jacques Ravinet, avec lequel elle dirige un institut de sondage, elle décide alors de réaliser une étude auprès de consommateurs sur l'obsolescence programmée des objets.

"En 2013, il n'y avait pas encore un tel engouement autour de l'électroménager durable et du zéro déchet. Grâce à notre sondage, nous nous sommes rendu compte que nous n'étions pas les seuls à être dans cette situation, à vouloir sortir du tout jetable et de ce mode de consommation articulé autour d'objets inutilisables au bout de quelques mois", raconte la dirigeante.

En 2015, les deux entrepreneurs fondent alors Kippit. L'objectif : créer de l'électroménager qui soit à la fois durable, réparable, évolutif et local. Pour leur premier produit, ils se tournent vers un petit électroménager et conçoivent une bouilloire multi-usages en inox.

"Nous voulions une bouilloire qui soit performante et qui fasse le travail de plusieurs appareils à la fois. Elle permet de faire chauffer de l'eau, des biberons, des pâtes et elle fait aussi cuiseur vapeur et bain-marie. 2,2 millions de bouilloires sont produites et vendues chaque année en France. Ce sont des produits qui sont achetés puis jetés. Nous avons donc créé un appareil durable qui a une garantie réelle de cinq ans, mais pensé pour être utilisable à vie, contre deux ans pour une bouilloire classique", détaille Kareen Maya Levy.

Une bouilloire réparable par son utilisateur

En plus de ses diverses fonctionnalités, le produit peut être réparable par son utilisateur. La jeune pousse met à disposition les plans et technologies du produit en open source. Les différentes pièces peuvent être achetées ou fabriquées par le consommateur s'il dispose d'une imprimante 3D.

"Avec le temps, des pièces devront être changées. Pour que le consommateur puisse réparer sa bouilloire nous avons fait en sorte que rien ne soit collé ou soudé, tout est vissé et accessible", précise la cofondatrice.

Et pour rendre l'appareil plus durable, Kippit a imaginé sa bouilloire comme un produit évolutif. "Le consommateur pourra ajouter une fonctionnalité ou un programme à sa bouilloire. Nous testerons l'ajout à leur demande et si cela marche correctement nous pourrons le mettre en vente et le créateur sera rémunéré", explique la dirigeante.

La startup garantit également que ses produits seront rétrocompatibles. Autrement dit, même si la gamme connaît des évolutions, les modèles plus anciens pourront toujours être pris en charge. Les pièces ne seront pas forcément les mêmes mais elles pourront s'intégrer au produit.

Une production locale en atelier

Pour produire sa bouilloire, la startup va ouvrir son premier atelier à Beauzelle en février 2020. Composée de quatre salariés, elle compte embaucher cinq personnes pour la production.

"Comme notre produit est facilement réparable il est aussi facile à assembler c'est pourquoi nous avons décidé de gérer la production. Nous n'avons pas voulu faire appel à des industriels car une ligne de montage coûte trop chère. Certaines parties du produit sont industrialisées mais ne nécessitent pas une ligne de montage automatisée", éclaircit Kareen Maya Levy.

La bouilloire sera commercialisée au printemps 2020, elle coûtera entre 130 et 150 euros et sera disponible sur le site internet de la jeune pousse. L'entreprise comptabilise déjà 50 à 100 précommandes par jour depuis le salon Made in France, lors duquel elle a gagné le prix de l'innovation. Kippit travaille également sur deux autres produits. Un lave-vaisselle qui sera commercialisé en 2021, pour un prix compris entre 800 et 1000 euros et un grille-pain en 2022.gavrgabri

Lire aussi : « Nous n'aurons pas du "made in France" en baissant les salaires » Gabriel Colletis, professeur d'économie

Un second atelier en 2021

La jeune pousse qui souhaite être labellisée Longtime, label européen indépendant des produits durables inventé par deux Toulousains, compte ouvrir un second atelier en région parisienne en 2021.

"Nous voulons que les objets soient fabriqués au plus près des consommateurs dans des ateliers un peu partout en France. Nous comptons en ouvrir trois autres dans les années à venir", annonce l'entrepreneure.

Lancée sur fonds propres par les cofondateurs de la société, suite à la vente de leur institut de sondages, la startup est à présent à la recherche de financements. Elle va lancer une campagne de crowdfunding sur Ulule et une levée de fonds.

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