Le Toulousain ThorLight sécurise le transport fluvial

Afin d'éviter une perte d’argent ou des accidents, la startup toulousaine ThorLight a créé, Thémis, un système s’adressant au transport fluvial qui permet de calculer le poids exact des chargements. La commercialisation de la technologie devrait débuter en fin d’année. Elle vise un million d'euros de chiffre d'affaires d'ici 18 mois.

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Le système Thémis fait économiser jusqu'à 30 000 euros par an et par bateau.
Le système Thémis fait économiser jusqu'à 30 000 euros par an et par bateau. (Crédits : Remi Jouan)

Même s'il ne remplacera sans doute pas le transport terrestre, le transport fluvial, poussé par son inscription dans le développement durable, semble avoir un bel avenir devant lui. Afin de s'introduire sur ce marché porteur, la jeune startup ThorLight a mis au point Thémis, un outil qui permet aux bateliers de connaître le poids exact de leur chargement ainsi que d'assurer le bon équilibrage des marchandises dans le navire, ce qui va éviter une surconsommation de carburant.

"Il faut savoir qu'aujourd'hui un batelier n'a aucune idée de son poids de chargement. Généralement, à bord d'un bateau d'une capacité de 1 500 tonnes il ne va pas charger ce poids exact. Il sera toujours à plus ou moins 15 tonnes près. S'il transporte moins, il perd de l'argent et s'il transporte plus cela devient dangereux puisqu'un bateau surchargé est un bateau qui peut couler. Un bateau de transport fluvial à l'eau représente entre 1 et 2 millions d'euros de perdus", informe Samuel Céleste, co-fondateur de ThorLight et étudiant en ingénieur électronique.

Ainsi, Thémis, Samuel Céleste et son associé Hugo Fabre se disent capables d'éviter une perte économique de 30 000 euros par an et par bateau, aux professionnels du transport de marchandises par voie fluviale, tout en assurant la sécurité de leurs chargements.

Un logiciel embarqué

Pour déterminer si la capacité de chargement d'un navire est atteinte ou non, Thorlight utilise un algorithme qui va calculer le poids des conteneurs transportés en s'appuyant sur le volume d'eau qui est déplacé par le bateau. Celui-ci repose sur le très connu principe de la poussée d'Archimède (la force qui s'exerce, du bas vers le haut, sur tout objet plongé dans un fluide, ndlr).

"On se sert des éléments qui sont déjà à bord pour déterminer le poids d'un chargement et l'équilibrer. Par exemple, l'enfoncement des échelles est un indicateur de l'état du chargement", explique le CEO de la jeune pousse toulousaine.

Le dispositif Thémis se présente sous la forme d'un logiciel embarqué, à installer sur l'ordinateur de bord du navire, et de deux boîtiers.

"Le premier boîtier est placé à l'extérieur du bateau, soit à l'arrière soit à l'avant, et le second sur le PC de bord. Les deux vont communiquer entre eux et toutes les informations nécessaires (poids du chargement, équilibrage, etc) au batelier seront affichées en temps réel sur le logiciel embarqué."

Le Rhin en priorité

Afin de protéger sa technologie, la jeune entreprise est en cours de dépôt de brevet. Vendue sous forme de SaaS, le prix d'installation de la solution sera fixé entre 5 000 et 10 000 euros. Pour accéder au logiciel, les clients devront débourser "une centaine d'euros par mois" pour un abonnement annuel.

"Nous avons déjà une trentaine de contacts en Belgique. Nous allons d'abord nous adresser au transport fluvial européen et plus particulièrement le Rhin où il y a l'un des plus gros trafic. Une fois que nous serons bien implantés, le but sera de s'exporter en Amérique du Nord et en Chine où le transport fluvial est très développé", projette Samuel Céleste.

Une phase test du produit sera effectuée au mois de juin en Belgique, pour un début de commercialisation "avant fin 2019".

"Le but est d'avoir une cinquantaine de clients d'ici la fin de l'année et une centaine mi 2020, pour atteindre un million d'euros de chiffre d'affaires en juin 2020."

L'entreprise prévoit également de s'installer au sein de l'IoT Valley à Labège ainsi que de recruter des techniciens, des développeurs, des ingénieurs pour atteindre un effectif de "trente personnes d'ici deux ans".

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