Comment Plume Labs veut rendre visible la pollution de l'air

Avec Plume Labs, Romain Lacombe veut aider les citoyens à moins subir la pollution de l'air dans leur environnement. De passage à Emtech France à Toulouse début octobre, Romain Lacombe a annoncé à La Tribune Toulouse que Plume Labs allait commercialiser son capteur portatif de pollution en 2017. Entretien.

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Romain Lacombe, cofondateur de Plume labs.
Romain Lacombe, cofondateur de Plume labs. (Crédits : Rémi Benoit)

Qu'est-ce que Plume Labs ?
C'est une startup qui cherche à aider les individus qui vivent en ville à mieux respirer. Nous faisons cela en mettant des technologies de pointe au service de l'information sur l'environnement et sur la santé environnementale. Nous cherchons à suivre et à maitriser l'exposition à la pollution car la qualité de l'air est responsable de 8 millions de morts dans le monde, dont 500 000 en Europe et six mois d'espérance de vie en moins quand on vit à Paris.

Comment est née cette idée ?
J'ai fini mes études au MIT en travaillant sur l'application de la science des données à la compréhension de l'économie environnementale. J'ai travaillé sur les marchés du carbone en Europe, notamment. En rentrant en France, j'ai commencé à courir pour préparer le marathon de Paris et je me suis demandé pourquoi je tombais malade plus fréquemment que lorsque j'étais aux États-Unis alors que j'aurais dû être en forme. Au même moment, David Lissmyr, le cofondateur, s'est posé la même question car il venait d'être père.

Une partie de la réponse est liée à la qualité de l'environnement urbain en Europe qui, parce qu'il a été fait le choix du diesel pour des questions d'indépendance énergétique. Tout est parti des questions : qu'est-ce que je respire ? Qu'est-ce que ça veut dire pour ma santé ? Que puis-je faire pour ne pas le subir ?

Que propose Plume Labs ?
La clef du problème est qu'on manque d'informations sur la qualité de l'air et qu'on ne sait pas quoi faire. Contre la pluie, on sort son parapluie, mais que faire face à la pollution ? Plume Labs propose une série de produits connectés, une application et des capteurs pour savoir à quoi on s'expose. Avec de l'intelligence artificielle, nous faisons des prévisions de pollution et nous proposons des conseils comme éviter de courir au moment d'un pic de pollution, sortir les enfants quand l'air est de bonne qualité, trouver des zones plus respirables en ville, savoir comment éviter les produits polluants à la maison. Nous rendons visible un phénomène invisible et donner des leviers d'actions aux consommateurs.

Comment mesurez-vous la pollution de l'air ?
L'application gratuite est basée sur l'ouverture des données que de plus en plus de pays mettent en place. J'ai eu la chance d'y contribuer en France avec la mission Etalab data.gouv.fr.

Des mesures collectées dans cinquante pays nourrissent des modèles de prédiction qui permettent de prévoir les pics de pollution. Cependant, la pollution est difficile à prévoir car elle change d'une rue à l'autre, d'une heure à l'autre et en fonction de la météo. La bonne façon est donc de mesurer ce que respire une personne, grâce à un objet connecté personnel.

Le capteur est si petit qu'il peut être transporté ?
C'est tout l'enjeu et c'est difficile. Nous y travaillons depuis plus de deux ans avec le laboratoire inter universitaire des systèmes atmosphérique du CNRS qui est une référence mondiale en la matière. Ils ont aidé la Nasa à développer un capteur de gaz pour une mission martienne. Notre capteur tient sur un sac à dos. Il va être testé fin 2016 à Londres sur une centaine de personnes pour avoir les premiers résultats.

Quand prévoyez-vous de commercialiser votre capteur ?
Le test à Londres est la dernière étape avant la commercialisation que nous prévoyons en 2017. Des centaines de milliers personnes de personnes utilisent déjà l'application dans 500 villes et 50 pays. Nous avons déjà eu un impact important. En mars 2015, nos données ont montré que Paris était plus polluée que Pékin. Le lundi suivant, la circulation alternée était mise en France en Île-de-France. Nous avons démontré que la donnée sur l'environnement avait de la valeur pour les particuliers et les institutions.

Quels sont vos marchés ?
Nous nous adressons aux consommateurs à travers l'objet et l'application. Par ailleurs, nous proposerons nos services aux collectivités et aux entreprises car l'enjeu financier est important. C'est un marché pour des produits moins polluants. Comme Waze l'a fait pour le trafic, nous voulons apporter aux utilisateurs l'information la plus large sur la pollution.

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