Startup : Ateliers Tersi met la clé sous la porte (et ce n'est pas un échec)

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Arnaud Tersiquel a publié aujourd'hui un texte intitulé : Made in France, comment j’ai crashé ma start-up Ateliers Tersi
Arnaud Tersiquel a publié aujourd'hui un texte intitulé : "Made in France, comment j’ai crashé ma start-up Ateliers Tersi" (Crédits : Ateliers Tersi / Julie Labarre Boileau)
La startup Ateliers Tersi, fondée à Toulouse il y a deux ans par Arnaud Tersiquel va fermer. Le jeune chef d'entreprise l'a annoncé sur les réseaux sociaux ce vendredi 13 mai. "La fin d'une aventure, mais pas un échec", assure-t-il, serein. Mais le constat est là : la société de production et vente des chaussures haut de gamme Made in France n'est pas rentable.

On l'oublie souvent, mais peu de startups deviennent "les champions de demain". Avoir une bonne idée ne suffit pas, comme l'a prouvé ce lundi 9 mai la startup toulousaine MoiChef, qui a lancé un SOS sur Facebook en indiquant qu'elle n'avait plus d'argent.

Ce vendredi 13 mai, c'est Ateliers Tersi qui annonce catégoriquement la fin de l'aventure. Créée en 2014 par un étudiant de TBS Arnaud Tersiquel, la petite société avait pourtant séduit investisseurs, médias et artistes de renom. En effet, Matali Crasset et Gontran Cherrier ont notamment participé à la création de gammes de chaussures pour Ateliers Tersi. Car c'était la proposition de la startup : dessiner avec des artistes des chaussures de femmes uniques et design, entièrement fabriquées en France. Arnaud Tersiquel se lançait dans l'aventure avec un atout (et une pression ?) : son grand-oncle avait créé avec succès les ateliers de fabrication de chaussures Myma en 1934, à Toulouse.

"Oui mais voilà... explique aujourd'hui le jeune homme sur Facebook, relancer une histoire familiale à 22 ans, sans expérience dans le secteur, s'engager à faire du Made in France sans jamais faillir, afin de prouver que c'est encore possible, c'est un challenge difficile".

"Trouver le bon atelier où produire, faire confiance aux bons fournisseurs, limiter vos desiderata pour vendre la paire au prix juste. Démarcher sans cesse de nouveaux points de vente afin d'identifier la perle rare dans chaque ville. Ferrailler avec vos partenaires financiers (dont les banques mais aussi les institutions) pour les faire adhérer tant bien que mal à votre vision innovante du secteur. Et enfin, itérer, sans cesse et toujours, pour trouver la bonne combinaison du produit idéal. En acceptant qu'à chaque itération, ce sont plusieurs dizaines de milliers d'euros qui sont en jeu... car oui votre projet est industriel."

Aujourd'hui, Ateliers Tersi n'est pas rentable, mais c'est surtout une levée de fonds ratée qui a conduit à la fermeture de la société. "Nous recherchions 150 000 euros mais, pour diverses raisons, plusieurs investisseurs se sont désistés", explique Arnaud Tersiquel. À cela s'ajoutait des problèmes liés à la distribution. La société faisait vivre trois personnes.

"C'est le cycle de vie d'une startup"

"Crasher sa startup fait partie du cycle de vie de la startup", estime, serein, celui qui vient de mettre fin à une aventure entrepreneuriale de deux ans.

"Toutes les startups n'ont pas vocation à devenir des PME puis des ETI. La croissance oblige à prendre des risques. Parfois, le risque est de faire mourir la startup, et ce n'est pas grave", assure Arnaud Tersiquel, décidément prêt pour la prochaine conférence Failcon.

"Ce n'est pas un échec"

Fier de son aventure entrepreneuriale, Arnaud Tersiquel ne regrette rien, pas même les sacrifices personnels consentis pour mener à bien son projet :

"Une aventure entrepreneuriale, c'est assouvir un idéal, à travers un choix de vie, sans concessions, sans faux discours, où l'on paie le prix fort de ses engagements. Des instants euphoriques, d'un bonheur rare. Et des difficultés à affronter, toutes plus dures les unes que les autres. Sans aucun matelas financier personnel et en mettant parfois en péril sa vie sentimentale, écrit-il. Ce n'est pas un échec mais la plus belle expérience qui pouvait m'arriver. Tout est une question de recul."

Aujourd'hui, l'entrepreneur, également fondateur de l'espace de coworking At Home, va s'investir davantage dans cette association, "qui va annoncer dans quelques jours des choses impactantes pour la ville de Toulouse". Un déménagement serait notamment à l'ordre du jour.

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Commentaires
a écrit le 14/05/2016 à 16:09 :
Il a raison à son age ce n'est pas un échec.Mais aujourd’hui beaucoup de start up communiquent sur des innovations qui ne sont pas de innovations durables et elles tombent ...On en parle jamais bien sur il y a tellement de vautours qui tournent autour des start up
ALORS un conseil si vous le permettez ne COMPTEZ PAS SUR LES AIDES RÉGION, BPI, conseil général ,mairie, AMI etc... ils vous font perdre votre temps et votre argent et ils ne vous en donne jamais .Vous allez passer de réunion en comité d'experts qui souvent sont pas experts du tout etc...
Alors créateur de start up méfiez vous ,vos premiers ennemies ce sont tous ces organismes qui sous le prétexte de vous prêter de l'argent se gobergent sur votre projet.
Leur emploie c'est de trouver des projets ce n'est pas de vous aider, ni de créer des emplois ils n'en ont pas les moyens.
bon courage à tous
a écrit le 14/05/2016 à 11:10 :
Il y a une mode, que nous n'avons pas inventée, mais qui vient toute faite d'outre-Atllantique comme d'habitude, elle concerne ces startuppers sur le déclin : afficher sa déroute dans la presse et autres réseaux sociaux avec l'espoir de se faire connaître encore -surtout à titre personnel- ou de trouver de nouveaux financements.
a écrit le 13/05/2016 à 23:41 :
Vendre des chaussures, peut être l'un des plus vieux métiers du monde, où se trouve l'innovation?
a écrit le 13/05/2016 à 19:59 :
J'avais envie de vous dire bravo d'avoir tenté l'expérience et de vous montrer malgré tout confiant, toujours prêt à aller de l'avant. Dynamisme et sagesse sont de vrais atouts.
a écrit le 13/05/2016 à 19:06 :
Cette entreprise a rapporté un maximum à l'état et aux organismes sociaux, bien peu aux entrepreneurs. Hélas, la mentalité française ne pardonne pas aux perdants. Difficile de rebondir.

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