Tesalys invente un procédé de traitement de déchets médicaux

 |   |  769  mots
La machine, prénommée Steriplus, se décline en deux modèles de 20 et 40 litres.
La machine, prénommée Steriplus, se décline en deux modèles de 20 et 40 litres. (Crédits : Tesalys)
L'entreprise toulousaine Tesalys est à l'origine d'une innovation majeure en matière de destruction de déchets médicaux. Elle a mis au point un appareil qui permet aux professionnels de la santé d'anéantir ce type de résidus sur place, sans faire appel à des usines d'incinération spécialisées.

Aux yeux d'un profane, l'invention peut paraître anodine : un appareil de la taille d'une machine à laver, qui permet aux professionnels de la santé de traiter facilement, au sein de leurs propres structures, des déchets médicaux à risque infectieux. Cette innovation, c'est la société toulousaine Tesalys qui l'a mise au point. Il s'agit pourtant d'une innovation majeure dans la gestion de ces résidus, qui peuvent mettre en péril la sûreté sanitaire et la préservation de l'environnement.

La destruction des déchets médicaux : un processus long et onéreux

Aujourd'hui, la gestion des déchets d'activités de soins à risques infectieux (Dasri) relève d'un règlement complexe. Le traitement de ces déchets n'emprunte pas le même parcours que de simples déchets ménagers. Il s'agit de filières longues, via des infrastructures spécifiques, souvent onéreuses, afin d'éviter du mieux possible d'éventuelles contaminations ou blessures. L'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) estime qu'il est produit chaque année par les professionnels de la santé entre 9 000 et 13 000 tonnes de Dasri.

C'est la direction générale de la santé qui fixe les règles de gestion de ces déchets. Parmi les principales modalités de traitement, les Dasri doivent subir une incinération à 850 °C et le taux d'imbrûlés ne doit pas dépasser les 3 %. La manutention et le transport des récipients vers les usines d'incinérations doivent se faire dans des conteneurs rigides, clos, à fond étanche, de manière à préserver l'intégrité de ces récipients jusqu'à leur introduction dans le four. En Midi-Pyrénées, il existe deux incinérateurs de ce type.

Le Steriplus, un stérilisateur de déchets miniaturisés

Grâce à l'invention de la société toulousaine Tesalys, ce long processus, coûteux financièrement et énergétiquement pourrait s'éteindre.

L'entreprise a mis au point un procédé de broyage et de stérilisation des déchets. Les résidus sont déchiquetés avant d'être stérilisés, grâce à de la vapeur d'eau pulvérisée à 135 °C. Une technique qui nécessite une trentaine de minutes. "Une fois traités, ces déchets peuvent être simplement jetés parmi les ordures ménagères", explique Miquel Lozano, président de Tesalys qui ajoute :

"Notre machine est un autoclave de petite capacité, qui pourra servir les petites structures médicales, comme les laboratoires d'analyses, cabinets médicaux, petites cliniques mais qui peut aussi être placé dans des couloirs d'hôpitaux."

2 millions d'euros dès la première année de commercialisation

La machine, prénommée Steriplus, se décline en deux modèles de 20 et 40 litres.

Tesalys a déposé quatre brevets de fabrication pour protéger cette innovation. "Ce procédé existait dans des hôpitaux sous forme de grandes machines de traitement", selon Miquel Lozano, qui ajoute : "une autre machine possède une capacité comparable à notre appareil, mais nécessite plusieurs procédés chimiques, lorsque notre invention n'utilise que de la vapeur d'eau".

Le Steriplus vient d'être homologué en décembre 2014 par le ministère de la Santé en France. En attendant sa mise en vente dans l'Hexagone, il est commercialisé depuis fin 2013 dans une dizaine de pays en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie.

"Notre marché concerne pour le moment des pays en développement qui sont dépourvus de toute filière d'élimination des déchets médicaux", explique Miquel Lozano.

Tesalys a déjà vendu une centaine de Steriplus à un prix moyen de 50 000 euros l'unité. Plus d'un an après la mise sur le marché du stérilisateur miniature, l'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires de 2 millions d'euros et compte doubler la mise en 2015. Pour assurer la production d'appareils supplémentaires et assurer son développement à l'international, la société a réalisé une levée de fonds d'un million d'euros en juillet 2014.

Un marché prometteur

Aujourd'hui, 85 % des Dasri sont incinérés. Outre les dépenses d'énergie et de transports, l'incinération de déchets médicaux dégage d'autres types de polluants.

"L'Organisation mondiale de la santé veut à long terme supprimer tout type d'incinération de ce type de résidus, qui produisent des dioxines et des furanes qui sont des polluants chimiques", selon Miquel Lozano

Un marché immense s'ouvre alors pour ces moyens alternatifs de traitement des Dasri. Selon les dirigeants de Tesalys, le marché mondial du traitement de déchets infectieux devrait croître de 5 % par an jusqu'en 2018, pour atteindre les 1,5 milliard d'euros.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :