Ékitia, le futur GIP qui prône et développe une économie de la donnée éthique

Connu aujourd'hui sous la forme associative et du nom d'Occitanie Data le futur groupement d'intérêt public (GIP) Ékitia veut devenir un acteur d'envergure nationale en développement un cadre éthique au sein de l'économie de la data. Grâce à son positionnement, la structure installée à Toulouse vient d'obtenir un important contrat sur l'exploitation de la donnée spatiale avec un consortium.

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Installée à La Cité, l'équipe d'Occitanie Data vient d'obtenir un important contrat sur la donnée spatiale avec Dawex.
Installée à La Cité, l'équipe d'Occitanie Data vient d'obtenir un important contrat sur la donnée spatiale avec Dawex. (Crédits : Occitanie Data)

Ils sont aujourd'hui une soixantaine de membres au sein de cette structure. De l'entité publique, au cluster, en passant par la startup et le grand groupe dans toute la France. Le Cnes, Enedis, Eurobiomed, Aerospace Valley, le CNRS, Berger Levrault, BotDesign, FullSave, Orange, Sopra Steria... Voici quelques exemples d'adhérents à l'association Occitanie Data, fondée en janvier 2019, sous l'impulsion du conseil régional de cette même région pour structurer l'économie de la donnée et surtout créer un cadre de confiance autour de cette économie émergente.

"Notre objectif est d'apporter la confiance sur l'usage de la donnée, avec un modèle économique éthique et une technologie souveraine à l'échelle européenne, bref créer un cadre de confiance autour de la donnée. Nous voulons offrir une troisième voie, entre les technologies asiatiques et celles des GAFAM. Mais l'éthique ce n'est pas juste le respect de la vie privée. C'est une façon de concevoir qui prend en compte l'impact environnemental, la pédagogie et l'inclusion des citoyens notamment", explique Olivier Auradou, le directeur d'Occitanie Data.

Néanmoins, s'habituer à cette appellation serait un mauvais conseil. La structure présidée par l'ancien conseiller régional Bertrand Monthubert va totalement se "réinventer" dans les prochaines semaines. "C'est une association de préfiguration pour trouver la bonne structure", admet Olivier Auradou. Et un peu plus de deux ans après sa création, l'équipe de sept personnes basée à Toulouse met tout en oeuvre pour devenir un groupement d'intérêt public (GIP).

"C'est une structure qui par définition travaille dans le sens de l'intérêt général et elle est très surveillée, donc c'est générateur de confiance. D'ailleurs, au regard de l'ampleur que nous prenons, cela nécessite une validation interministérielle pour donner naissance au GIP et une publication au Journal officiel. Nous espérons passer cette étape d'ici la fin de l'année", justifie le dirigeant.

Un label certifiant un usage éthique de la donnée prochainement

Une fois cette étape franchie, fini l'appellation Occitanie Data, place par la suite à Ékitia "pour prendre une envergure nationale". Surtout, ce GIP sera à caractère industriel et commercial afin de pouvoir réaliser des prestations de service, avant de réinvestir tous les bénéfices de ces activités dans sa propre structure.

Tout d'abord, le futur GIP Ekitia, qui est à la recherche constante de nouveaux membres en l'échange d'une adhésion annuelle en fonction du nombre de salariés, offre des prestations d'animation sous forme d'ateliers et groupes de travail sur des thématiques précises afin de favoriser le partage de connaissances entre ses adhérents publics et privés.

Dans la suite logique de cette première casquette, la structure toulousaine se présente aussi comme un facilitateur de projets voire un accélérateur dans leur aboutissement par de "la mise en relation d'acteurs publics et privés dans un cadre de confiance", précise Olivier Auradou. Des projets qui pourraient être labellisés dans un futur proche.

"Nous sommes en train de développer un label garantissant un usage éthique de la donnée, du nom d'Ékitia. L'idée est de labelliser des structures que nous avons accompagné sur un projet, ou non, si leur service en question coche un certain nombre de cases. Pour garantir la crédibilité de cette initiative, les audits seront assurés par le cabinet Adélia", fait savoir le dirigeant.

Un premier contrat important, dans le spatial

Par ailleurs, Occitanie Data développe également une activité d'accompagnement et de conseil à travers de l'analyse de projet sur l'usage de la data sur celui-ci, avant d'émettre des recommandations. C'est dans ce cadre que la structure vient d'obtenir son premier gros contrat. L'un de ses membres, Dawex, une startup spécialisée dans l'exploitation de la data, a présenté un projet retenu tout récemment dans le cadre du volet spatial de France Relance.

Au sein d'un consortium de dix structures, Dawex et ses neuf partenaires vont développer la plateforme Space Data Marketplace afin de mettre en relation les fournisseurs de données spatiales et les entreprises et filières utilisatrices dans un cadre sécurisé, pour plusieurs secteurs comme l'industrie, le BTP, l'agriculture, la recherche, etc.

"Nous sommes un peu les invités surprises dans ce projet afin d'apporter le cadre éthique de cette future plateforme. Mais c'est la reconnaissance de tout le travail effectué jusqu'à présent. L'idée de Space Data Marketplace est d'en faire le passage obligé de la donnée spatiale. Nous allons auditer le produit, instaurer une charte pour réguler son usage et analyser ses premiers cas d'usage. Les travaux doivent débuter dans les prochains jours", se réjouit le directeur d'Occitanie Data.

Ce nouveau service qui doit être mis en service dès 2022, va rapporter environ 60.000 euros à l'association qui va bientôt devenir un GIP, elle qui aujourd'hui ne dispose d'un budget annuel que de 350.000 euros. "C'est un gros contrat pour nous", ajoute Olivier Auradou. D'autres bonnes nouvelles de la sorte pourraient intervenir dans les prochains mois. Le futur GIP Ekitia, au sein d'un consortium de 20 entreprises européennes, est dans l'attente du résultat d'un appel à projet européen ("Horizon Europe") d'ici janvier 2022. Ce projet consiste à produire des indicateurs d'aide à la décision publique sur la santé, dans le contexte du changement climatique. Un deal qui pourrait rapporter 300.000 euros à la jeune pousse toulousaine...

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