Smart city : Toulouse expérimente des capteurs autonomes qui mesurent la consommation de l'éclairage public

Depuis novembre dernier, Toulouse Métropole expérimente conjointement avec Enedis et la société Occion des capteurs destinés à mesurer la consommation d’énergie de l’éclairage public en temps réel. Si pour l’heure seulement trois sont installés dans Toulouse, sept autres devraient s'y ajouter d’ici novembre 2021. Ils permettront notamment de détecter plus rapidement des pannes sur le réseau.

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Une expérimentation a vu le jour à Toulouse pour permettre une meilleure gestion de la consommation du réseau d'éclairage public.
Une expérimentation a vu le jour à Toulouse pour permettre une meilleure gestion de la consommation du réseau d'éclairage public. (Crédits : Pixabay)

"En 2019, nous avons présenté à la ville de Toulouse notre service de suivi de l'éclairage public qui permet aux collectivités d'avoir des alertes de consommation du réseau à J+1. On nous a répondu : 'c'est bien, mais ça ne nous intéresse pas. Ce qui nous intéresse c'est de connaître la consommation en temps réel'", raconte Stéphane Lechénésal, directeur territorial et porte-parole d'Enedis en Occitanie.

Cet échange est le point de départ de l'expérimentation menée conjointement, depuis novembre 2020, par Enedis Midi-Pyrénées, la société tarnaise Occion et Toulouse Métropole. Celle-ci vise à permettre aux équipes de l'éclairage public de la ville de Toulouse d'être alertées plus rapidement en cas de panne d'un lampadaire et de gérer plus efficacement la consommation énergétique de la ville.

Des capteurs pour surveiller la consommation de l'éclairage public

Ainsi, trois capteurs de consommation "en temps réel" sont déjà en fonctionnement dans Toulouse, notamment à l'Oncopole. D'autres sont en cours de déploiement sur la place du Capitole. Leur particularité réside dans le fait qu'ils sont capables de partager aux équipes techniques de la municipalité les données de consommation toutes les 15 à 30 minutes. Jusqu'alors, la solution "Mon éclairage public" d'ENEDIS permettait seulement un rafraîchissement des données des compteurs Linky toutes les 24 heures, via un rapport envoyé aux collectivités locales au cours de la nuit. Une petite révolution signée Occion.

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"J'avais déjà des demandes du même type dans l'industrie, qui est à la recherche de relevés précis, pointus. Mais dans ce cas, il nous fallait trouver un moyen plus simple à mettre en place que les systèmes actuels pour faire de la relève, qui sont assez encombrants. Nous avons eu l'idée de brancher un petit module radio sur la prise téléinformation client du compteur Linky, jusqu'ici inexploitée dans le B2B. Il nous permet de relever des informations assez basiques, finalement. Techniquement, ce n'est pas une révolution. Là où c'en est une, c'est que désormais nous allons avoir une cartographie du réseau d'éclairage, avec des indicateurs de consommation qui vont permettre d'agir", explique Frédéric Mauries, directeur général d'Occion.

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Le capteur d'Occion (en noir) se branche en bas à droite du compteur Linky. (Crédits : Enedis Midi-Pyrénées).

Avec ce système, des indicateurs comme la consommation et la puissance des lampadaires d'une rue peuvent être déduits en se basant sur la consommation d'une ligne (qui compte plusieurs lampadaires). Des concentrateurs ne sont effectivement pas installés sur chaque lampadaire car cela demanderait des aménagements trop importants. Le résultat serait sensiblement le même, et sans ça, les premiers retours sont tout de même positifs.

"Récemment à l'Oncopole, nous avons eu un lampadaire qui n'a pas fonctionné pendant quelques heures. Une baisse de la consommation était visible sur la ligne. Nous avons fait remonter l'information au service d'éclairage public, et il se sont aperçus que ça s'était éteint sans même avoir à se rendre sur place", raconte le directeur de la société tarnaise Occion.

Des progrès restent à faire

Jusqu'ici, Enedis se reposait effectivement sur un réseau GSM pour envoyer les données des compteurs Linky au système informatique de la Métropole. Mais ce type d'infrastructure réseau est inadapté pour l'envoi de données en temps quasi réel, tant d'un point de vue technique que matériel. C'est donc le réseau sans fil conçu pour l'internet des objets, "LoRa", qui est utilisé. Il avait été lancé il y a quelques années par Toulouse Métropole pour le gestion de leur plateforme Open Data.

Si toute cette première partie technique fonctionne, Stéphane Lechénésal indique néanmoins qu'Enedis doit encore travailler sur le portail numérique de traitement des données destiné aux agents publics. Lorsqu'il sera terminé, il devrait leur permettre d'analyser le réseau plus efficacement qu'actuellement pour détecter une panne, un défaut de fonctionnement ou une consommation énergétique anormale. Des problématiques qui ne sont pas très différentes de celles rencontrées par les particuliers.

"Quand on suit sa consommation, on a un effet un peu automatique qui fait que si vous détectez des endroits ou vous consommez plus, vous allez réduire votre consommation. C'est le même principe avec le service d'éclairage public", fait remarquer Stéphane Lechénésal.

Cette expérimentation a un coût de 30.000 euros, dont les frais de développement sont intégralement pris en charge par le gestionnaire du réseau public de distribution d'électricité.

"Le but du jeu pour nous c'est d'expérimenter, de vérifier que cela marche. Si c'est le cas, Toulouse gardera la primeur pendant quelques mois, puis on le proposera à d'autres collectivités locales", poursuit-il.

En cas de résultats concluants, Toulouse prévoit pour l'instant d'équiper uniquement "les postes d'éclairage considérés comme sensibles techniquement", et non toutes les rues de la Métropole. Une décision qui a une explication toute trouvée selon Stéphane Lechénésal.

"Equiper l'ensemble des compteurs Linky de la métropole du petit émetteur ERL, cela représente quand même un certain investissement. Donc un déploiement généralisé dans la ville de Toulouse dépendra des priorités que la ville donne à ce sujet", rapporte le porte-parole d'Enedis.

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Commentaire 1
à écrit le 25/05/2021 à 13:35
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Pfffft.. Celà existe depuis plus de 30 x ans avec des micro automates . En particulier j'étais gérant d'une filiale Française de la firme: Mac Electronique ( qui gérait déjà les éclairages de toutes les autoroutes Belges, la ville d'Anvers, de Brugge...

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