Thomas Pesquet : blob et emballages en pain d'épices au menu des expériences dans l'ISS

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Thomas Pesquet participera à une douzaine d'expériences scientifiques préparées depuis Toulouse en vue de sa mission Alpha.
Thomas Pesquet participera à une douzaine d'expériences scientifiques préparées depuis Toulouse en vue de sa mission Alpha. (Crédits : Rémi Benoit)
L'astronaute Thomas Pesquet s'envolera le 22 avril prochain pour une mission de six mois dans la station spatiale internationale. Une douzaine d'expériences à destination de la mission Alpha seront pilotées depuis le Cadmos, la structure du Cnes chargée d'organiser depuis Toulouse les missions spatiales habitées. Immersion au milieu des casques de réalité virtuelle, des trousses en pain d'épices et des couches d'amas cellulaires.

C'est l'une des expériences favorites de Thomas Pesquet. L'astronaute français qui doit s'envoler dans l'espace le 22 avril prochain pour rejoindre l'ISS participera à une douzaine de démonstrations scientifiques pendant son voyage. Des expériences préparées en vue de la mission Alpha par le Cadmos, la structure du Cnes chargée d'organiser depuis Toulouse les missions spatiales habitées. Lors d'une conférence de presse, Thomas Pesquet s'est dit très intéressé par l'expérimentation toulousaine qui vise à observer le vieillissement accéléré du cerveau humain à partir de "mini-cerveaux".

"Nous prenons des cellules de peau avant de les déprogrammer pour en faire des cellules souches puis enfin les reprogrammer en organoïdes du cerveau. De cette manière nous arrivons à reproduire certaines couches du cerveau. Ce sont des ensembles de trois à quatre millimètres qui seront soumis à la micropesanteur et à un certain stress ce qui va nous permettre d'observer ce vieillissement accéléré. Nous envisageons d'envoyer dans l'espace également des cellules malades pour améliorer la connaissance de certaines maladies génétiques rares comme la progéria", décrit Didier Chaput, responsable de l'expérience Cerebral Aging.

Déplacer les calculs rénaux sans contact

pesquet cadmos

Une pince acoustique permettra de déplacer sans contact des objets (Crédits : Rémi Benoit).

Autre test qui pourrait faire avancer la médecine : Télémaque et son dispositif pour faire bouger des objets sans contact. Une pince permet grâce à la force exercée par les ondes acoustiques de les déplacer à distance y compris à travers un obstacle (comme une paroi).

"Les calculs rénaux touchent une large partie de la population. En cas de calcul dans un rein, cette technique permet de venir le piéger et de l'éliminer. Concernant la délivrance de médicaments, il est possible d'encapsuler des nanoparticules dans une bulle et de venir la faire exploser à l'endroit où vous voulez délivrer des médicaments", décrypte Régis Marciano, professeur à la Sorbonne Université.

Du côté des expériences de neurosciences :

"Nous allons utiliser un casque de réalité virtuelle et un dispositif haptique à retour d'effort, autrement dit une sorte de joystick qui fournit des informations tactiles et proprioceptives par exemple lorsque l'on bute sur un obstacle. Des dispositifs similaires sont utilisés en téléchirurgie pour 'ressentir' la matière traversée, par exemple lorsqu'ils butent sur un os durant une opération. Plusieurs scénarios seront joués dans le casque de réalité virtuelle de l'astronaute. On peut imaginer que ce type de dispositif pourra servir à terme pour déplacer à distance un robot sur Mars", nous détaillait il y a quelques semaines Rémi Canton, chef de projet de la mission Alpha au sein du Cadmos.

Lire aussi : Thomas Pesquet : comment Toulouse prépare son retour dans l'espace

dispositif haptique

Ce dispositif pourra être utilisé à terme pour déplacer à distance un robot sur Mars (Crédits: Rémi Benoit).

Emballages à base de pain d'épices

Plus ludique, Thomas Pesquet testera à bord de l'ISS des emballages d'un nouveau genre.

"Cette trousse a la même forme que nos trousses habituelles que nous utilisons pour transporter des instruments à bord de l'ISS, à la différence que nous avons remplacé les mousses issues du pétrole par des emballages recyclables et comestibles. Nous avons du pain d'épices, du pain de gênes et de la madeleine qui sont disposés sur un matériau PHA imprimé en 3D à partir d'une synthèse bactérienne", explique Alain Maillet, responsable de l'expérience Eco Pack.

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Les scientifiques ont mis au point des emballages comestibles et recyclables. (Crédits : Rémi Benoit)

Thierry Varlet, membre d'Innovation à 360° complète : "Le matériau est recyclable donc peut être utilisé avec une imprimante 3D pour réaliser d'autres pièces à bord de la station ou pour des bases futures. L'alternative est de le biodégrader pour s'en servir par exemple comme un support de culture pour faire pousser des haricots."

Dans la perspective de missions sur la Lune voire sur Mars, les astronautes devront trouver des solutions pour recycler leurs déchets et devenir autonomes en nourriture.

D'autres expériences à visée éducative sont embarquées à bord de l'ISS. L'astronaute mènera ainsi en même temps que des élèves de 2000 classes une expérience sur le blob, espèce unicellulaire qui fascine les scientifiques, pour étudier ses variations en orbite.

BLOB

Le blob sera observé au sol et dans l'espace simultanément (Crédits : Rémi Benoit).

Lire aussi : Une chercheuse toulousaine tente depuis dix ans de percer le mystère du blob

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