Ces innovations "made in Toulouse" qui améliorent la sécurité aérienne

 |   |  1150  mots
Le logiciel d’Hinfact analyse les mouvements visuels du pilote sur ses commandes, déterminants au cours d’un vol.
Le logiciel d’Hinfact analyse les mouvements visuels du pilote sur ses commandes, déterminants au cours d’un vol. (Crédits : Guillaume Lecompte-Boinet)
Mises au point par les startups Hinfact et Safetyn, ou nées dans les labos de l’Onera et de l’Isae-Supaero, quatre applications optimisent les conditions de vol.
  • L'"Eyetracking" d'Hinfact vise à mieux former les pilotes

Deux anciens élèves de l'Isae-Supaero ont mis au point un dispositif d'oculométrie (eyetracking, en anglais) pour améliorer la formation des pilotes. "La mission principale du pilote aujourd'hui est de surveiller les différents paramètres de l'avion. Or, lors de la formation, l'instructeur est placé derrière le pilote dans le simulateur et ne peut voir où ce dernier regarde. En plus, le formateur a beaucoup de tâches à réaliser : régler la météo, déclencher les pannes, prendre des notes, etc. C'est encore plus dur d'évaluer le comportement visuel de son élève", expliquent Thibault Vandebrouck et Thomas Bessiere, cofondateurs d'Hinfact. La société a testé son dispositif sur le simulateur de l'Isae-Supaero où cinq caméras sont installées. Depuis une tablette, l'instructeur peut analyser les mouvements visuels du pilote et intégrer ses observations lors du débriefing à l'issue du cours. "Lors de l'atterrissage, si le pilote ne regarde pas la vitesse pendant six à huit secondes, cela peut conduire à des situations dramatiques. Le risque est de faire un atterrissage plat qui va immobiliser l'avion pendant des semaines et coûter une fortune à la compagnie aérienne", poursuivent les cofondateurs. Le logiciel doit aussi faire remonter des alertes en cas de déviation de trajectoire ou d'écarts de vitesse. La jeune pousse compte vendre son application à ces compagnies aériennes pour qui, la formation des pilotes devient un enjeu grandissant. D'après l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), la croissance du transport aérien va impliquer le recrutement de plus de 600 000 pilotes de ligne dans le monde d'ici à 2036. "C'est sans compter la formation continue des pilotes. Chez Air France, 4 000 pilotes doivent suivre une quinzaine d'heures en simulateur par an", relève Thomas Bessiere. Au-delà de l'observation individuelle, l'outil mis au point par Hinfact pourrait permettre à une compagnie d'analyser les blocages en formation pour l'ensemble de l'effectif. De même, Hinfact approche les avionneurs qui pourraient utiliser les données recueillies afin d'améliorer le design du cockpit. "Si le temps de réaction est trop long pour remarquer un paramètre de vol, c'est peut-être que le bouton est trop loin du regard", cite Thibault Vandebrouck.

  • Le boîtier connecté de Safetyn sécurise l'aviation légère...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :