Spatial : Toulouse livre sa Supercam qui ira écouter Mars

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Derniers préparatifs depuis l'Irap avant la livraison de la Supercam.
Derniers préparatifs depuis l'Irap avant la livraison de la Supercam. (Crédits : Florine Galéron)
La Supercam est envoyée mercredi 12 juin depuis les locaux toulousains de l'Irap vers les États-Unis où l'instrument sera intégré au futur rover de la Nasa qui foulera le sol de Mars en 2020. La caméra-laser est pour la première fois équipée d'un micro pour écouter le bruit de la planète rouge.

Pour approcher de la Supercam, il faut revêtir charlotte et blouse blanche. "L'instrument doit nous aider à repérer des traces de vie sur Mars. Si l'on embarque depuis la Terre des bactéries sur la planète, l'expérience est faussée", explique Yves André, responsable de production du modèle deuxième version au sein du Cnes. L'instrument a quitté mercredi 12 juin la salle blanche toulousaine de l'Irap (Institut de recherche en astrophysique et en planétologie) pour rejoindre les États-Unis.

Cinq instruments pour détecter des traces de vie passées

La Supercam sera intégrée en haut du mat du rover de la mission Mars 2020 de la Nasa. Elle succèdera à la Chemcam qui avait été installée sur le rover Curiosity.

"Chemcam était équipée d'un instrument, Supercam en a cinq, ce qui décuple ses capacités pour détecter les traces de vie passée sur Mars", avance Pierre-Yves Meslin, chercheur à l'Irap.

supercam

Supercam est dotée de cinq instruments (Crédits : Florine Galéron).

Comme Chemcam, Supercam permettra de réaliser des tirs laser focalisés sur un point de roche provoquant une augmentation de la température de la zone qui va atteindre 8000°C et générer un plasma. Ce dernier sera analysé pour connaître la composition chimique de la roche. Supercam disposera en plus d'un spectromètre, Raman, un laser vert qui va permettre d'étudier les liaisons entre les atomes et d'un outil infrarouge pour examiner les argiles et d'une caméra couleur.

La principale nouveauté de l'instrument est surtout d'avoir intégré un microphone.

"Nous allons enregistrer les sons lors des tirs laser sur les roches. Une roche suivant sa consistance (molle ou dure) ne produit pas le même bruit. En fonction du son, nous pourrons savoir s'il s'agit d'argile (une roche plus molle et qui a été en contact avec de l'eau), ou de basaltes, (des roches volcaniques qui n'ont pas été en contact avec de l'eau), décrit David Mimoun, enseignant-chercheur à l'Isae-Supaero.

Arrivée sur Mars prévue en février 2021

Le micro servira aussi à étudier les vents sur Mars ou encore à écouter le bruit du rover pour repérer par exemple des problèmes de roues sur le rover. Pour concevoir le micro, l'Isae-Supaero a travaillé avec la PME toulousaine Comat qui a fabriqué la partie mécanique de l'instrument. Thales a lui, fourni le laser. Sur le plan de la recherche, Supercam est issu d'une collaboration entre le Cnes (maître d'ouvrage), l'Irap de plusieurs laboratoires du CNRS et des universités.

"Le projet Supercam sur lequel nous travaillons depuis cinq ans a mobilisé au total 240 personnes et représente un budget de 20 millions d'euros, souligne Muriel Deleuze, chef de projet Supercam au CNES. Le lancement du rover est prévu en juillet 2020 à bord du lanceur Atlas V. Il va mettre sept mois pour rejoindre Mars et son arrivée est prévue le 18 février 2021".

Après trois années de missions scientifiques, il faudra une nouvelle mission pour venir récupérer les échantillons de roches collectés via Supercam et que les scientifiques puissent en livrer tous les secrets.

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