Comment la Lune fascine-t-elle encore ?

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Plusieurs États repartent à la conquête de la Lune.
Plusieurs États repartent à la conquête de la Lune. (Crédits : Rémi Benoit)
La Cité de l’espace de Toulouse vient d’ouvrir au public une exposition du nom "Lune, Episode II". Cette initiative vise à fêter les 50 ans du premier pas de l’Homme sur la Lune, mais également à démontrer l’intérêt d’un retour, pour une exploration longue, sur notre satellite naturel dans les années à venir. Plusieurs pays se sont lancés dans ce défi.

"Un petit pas pour l'Homme, un grand pas pour l'Humanité". Afin de fêter le cinquantième anniversaire de ces mots prononcés par Neil Armstrong lorsque pour la première fois un humain marchait sur la Lune le 20 juillet 1969, la Cité de l'Espace a décidé de consacrer une exposition entière à notre satellite naturel, nommée "Lune Épisode II".

"Au-delà du premier objectif qui est de fêter cet anniversaire marquant, nous avons décidé à travers cette exposition de nous projeter véritablement vers le futur. Nous voulons expliquer et faire comprendre aux visiteurs pourquoi nous voulons retourner sur la Lune, pour combien de temps et de quelle manière", présente Jean-Baptiste Desbois, le directeur général des lieux.

exposition sur la lune

La Cité de l'Espace veut continuer à attirer un public familial./ (Crédits : Rémi Benoit)

Ainsi, l'espace décoré d'une moquette représentant le sol lunaire et abritant l'exposition a ouvert ses portes samedi 20 avril et ce pendant 18 mois. Le fruit d'un investissement de 570 000 euros pour l'établissement grâce auquel celui-ci espère battre son record de fréquentation de l'an passé, à savoir près de 374 000 visiteurs.

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Un huitième continent ou une halte avant Mars ?

Pour cela, en plus de contenir comme à son habitude des maquettes de véhicules et objets importants dans la conquête lunaire, "Lune, Épisode II" est également agrémentée d'interviews exclusives d'acteurs décisifs de la mission Apollo 11 (de 1969), d'ateliers originaux comme celui pour découvrir l'odeur de la poussière lunaire, ou encore de planches mêlant explications ludiques et scientifiques, comme celle portant sur l'alimentation des astronautes sur la Lune.

exposition sur la lune

L'exposition mélange le ludique et le scientifique à la fois./ (Crédits : Rémi Benoit).

"Retourner sur la Lune c'est y retourner pour longtemps, donc il faut que nous soyons capables de concevoir des technologies afin de cultiver un certain nombre de légumes et végétaux, comme la salade, mais aussi pour recycler l'eau car un astronaute a besoin de 4 à 5 litres d'eau par jour. Mais c'est déjà un travail que nous parvenons à réaliser à bord de la station spatiale internationale ISS où 80 % de l'eau utilisée est recyclée", explique Jean-Jacques Favier, professeur référent à l'Isae-Supaero et ancien astronaute pour le Cnes.

Maintenant reste à savoir quelle sera la durée de l'exploration sur la Lune située à trois jours de voyage de la Terre. Certains États aimeraient en faire un véritable huitième continent, avec une base équipée de laboratoires et d'espaces de vie, pendant que d'autres voudraient simplement s'en servir comme d'une halte avant de se rendre sur Mars.

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Une coopération nécessaire

Preuve de son importance, pas plus tard que le 4 janvier dernier, la sonde chinoise Chang'e-4 a accompli le premier atterrissage sur la face cachée de la Lune, lancée par la CNSA, l'agence spatiale chinoise. Du côté du privé, des industriels israéliens ont tenté à travers la mission SpaceIL d'y poser un atterrisseur de 585 kgs baptisé Beresheet. Malheureusement, celui-ci s'est écrasé sur la Lune au moment de son atterrissage le 11 avril. Malgré cet échec, l'État hébreu, tout comme la Chine ne veulent pas en rester là et comptent bien y envoyer des hommes dans le futur.

"La majorité des agences spatiales veulent y retourner pour en faire un 8ème continent. D'ailleurs, la Lune est un terrain où l'on pourrait utiliser nos technologies à des fins pacifiques. De toute manière, les pays vont devoir travailler ensemble pour réussir le défi de retourner sur la Lune, comme cela a été fait pour l'ISS", estime Bernard Foing, le directeur du groupe international lunaire à l'ESA, l'agence spatiale européenne.

Pour le moment, les plus ambitieux en la matière sont les États-Unis. La première économie mondiale prévoit d'y envoyer une nouvelle fois des humains dès 2024. "C'est un endroit intéressant, je le recommande", avait lâché Neil Armstrong avant de repartir en direction de la Terre. Il a été entendu.

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