Toulouse réceptionne les premières données sur Mars

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Le sismomètre SEIS lors de sa conception.
Le sismomètre SEIS lors de sa conception. (Crédits : © CNES/GRIMAULT Emmanuel, 2015)
Après un atterrissage réussi sur la Planète rouge le 26 novembre dernier, l'atterrisseur InSight, avec à son bord le sismomètre français SEIS, a écouté pour la première fois le vent sur Mars début décembre. Depuis, le sismomètre censé écouter le cœur de Mars a été posé sur le sol martien avec succès comme vient de l'annoncer le Cnes. Les données enregistrées par cet instrument sont désormais réceptionnées à Toulouse, au sein du SISMOC (SEIS on Mars Operation Center).

À peine arrivé et déjà au travail ! Voilà comment illustrer les premiers instants de l'atterrisseur InSight qui s'est posé sur Mars le lundi 26 novembre 2018 après un voyage de plusieurs mois. En effet, lors des opérations de vérifications de l'engin, une source sonore a été détectée.

"Ces opérations, pilotées par le Jet Propulsion Laboratory, à Pasadena en Californie, ont révélé le bruit du vent sur la Planète rouge, une première mondiale, qui a pu être enregistré par deux instruments à bord d'InSight, dont le sismomètre français SEIS", s'est réjouit le Centre national d'études spatiales (Cnes), qui compte 79% de ses effectifs à Toulouse.

Maître d'œuvre de cet instrument français, le Cnes a précisé que les vents captés ont été estimés entre 5 et 7 km/h samedi 1er décembre. "Cette estimation a été confirmée par la vibration de ce vent, détectée grâce à deux capteurs très sensibles, embarqués dans l'engin spatial : un capteur de pression atmosphérique, situé sur l'atterrisseur et le sismomètre français SEIS".

"Nous savions déjà qu'il y avait du vent à la surface de Mars, mais c'est la première fois que nous pouvons l'écouter", explique Jean-Yves Le Gall, président du Cnes depuis avril 2013.

Ces premières données recueillies par la sonde InSight sont réceptionnées au SISMOC (SEIS on Mars Operation Center, ndlr) basé dans les locaux du Cnes à Toulouse. Côtoyé par plusieurs dizaines d'ingénieurs, ce centre de contrôle analysera par la suite les télémesures en provenance de Mars, avant de les transférer à l'Institut de physique du globe de Paris (l'IPGD), le concepteur du sismomètre.

Lire aussi : InSight : "Étudier l'intérieur de Mars est une manière de comprendre le passé de la Terre"

Deux années de collecte de données

Mais ces premiers relevés ne sont que le début d'un long travail pour SEIS notamment, qui vient tout juste d'être posé sur le sol martien par le bras métallique d'InSight.

"Le 13 décembre, la NASA et ses partenaires ont donné le feu vert pour une nouvelle étape cruciale : le déploiement du sismomètre sur le sol martien. Avec d'énormes précautions, la pince qui était jusque-là fixée au bout du bras d'InSight et installée à l'extrémité par un câble en acier d'environ 15 cm de long pour une meilleure souplesse, a été libérée, puis est venue saisir SEIS le dimanche 16 décembre. Les télécommandes de déploiement ont été envoyées lundi 17 décembre. SEIS a été libéré puis soulevé de la plateforme, pour être amené très lentement vers le sol, en tirant derrière lui son câble blindé qui le relie à son boîtier électronique, qui reste lui « au chaud » dans l'atterrisseur. SEIS a touché le sol de Mars le mercredi 19 décembre, à environ 1,6 mètres de l'atterrisseur, la 22ème journée martienne après l'atterrissage", a détaillé par communiqué le Cnes.

L'instrument français sera rejoint à la fin du mois de janvier par la sonde de température allemande HP3, qui attend d'être déployée à son tour.

"Ensuite, les ingénieurs et chercheurs du JPL, du Cnes, et de la communauté scientifique française de SEIS, pourront tester et régler le sismomètre, afin qu'il puisse commencer sa longue vie martienne".

Cette phase de tests qui doit durer trois mois sera suivie par deux années de collecte de données. L'objectif ? Connaître la structure interne de Mars.

Lire aussi : Mars, nouvelle Terre d'accueil ?

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Commentaires
a écrit le 04/01/2019 à 10:25 :
Toulouse ferait mieux d'essayer de récupérer son aéroport ! si vous voulez savoir comment la Chine a mis la main dessus, lisez l'excellent "L'empreinte du Dragon" de Jean Tuan chez C.L.C. Edition. Un néo-polar jouissif !

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