Fab 14 à Toulouse : la gastronomie du futur passera-t-elle par l'impression 3D ?

À l'occasion du congrès mondial des fablabs (Fab14) qui s'est tenu à Toulouse fin juillet, des chercheurs à la pointe de l'alimentation du futur ont présenté leurs innovations. Parmi les plus créatives, figure l'impression (3D ou laser) de nourriture.

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Des chercheurs américains planchent sur une imprimante à nourriture.
Des chercheurs américains planchent sur une imprimante à nourriture. (Crédits : Timothy Lee Photographers via Columbia University)

Imaginez, c'est l'heure du dîner. Plus besoin de cuisiner. Vous vous dirigez vers un appareil qui ressemble à s'y méprendre à une machine à café. Il s'agit d'une imprimante... à nourriture. Elle vous confectionne chaque jour une recette unique.

Cette scène ne relève presque pas de la science-fiction. "Depuis 2005, nous essayons d'imprimer de la nourriture", expliquait Hod Lipson le 17 juillet dernier à Toulouse, lors d'une conférence du congrès mondial des fablabs. Cet ingénieur a développé avec les étudiants de l'université américaine de Cornell un premier prototype de machine. Il poursuit désormais ses recherches au sein de la faculté de Colombia. L'imprimante à nourriture a servi à réaliser toute une panoplie de recettes : pâtes, pizzas, cookies... L'intérêt de l'impression 3D consiste à pouvoir personnaliser à l'extrême chaque aliment. Les pâtes prennent des formes très imaginatives (voir ci-dessous).

"Nous avons aussi réalisé un gâteau qui, quand on le coupe, affiche la lettre C", s'amuse Hod Lipson.

pates cookies impression 3D

Pâtes imprimées en 3D et gâteau avec la lettre C comme motif (Crédit : Colombia University).

"Il sera possible via cette technologie de combiner une nourriture peu chère, facile à faire, bonne pour la santé et variée", ajoute-t-il. L'utilisateur pourra programmer la machine en fonction d'un certain nombre de calories et les consommateurs pourront se partager en open source le code informatique pour obtenir telle ou telle recette. Les chercheurs américains ont aussi utilisé la technique de l'impression laser pour cuire des aliments. Mais restent plusieurs freins à l'essor de l'imprimante à nourriture.

"Imprimer une pizza représente aujourd'hui un coût de 200 dollars pour un résultat esthétique douteux qui fait que personne aujourd'hui ne veut en manger", avoue Hop Lipson.

impression 3d nourriture

Pizza imprimée en 3D (Crédit : Columbia university).

"L'autre inconvénient est que l'impression à nourriture prend beaucoup de temps et c'est une technologie difficile à industrialiser", avance Amit Zoran, également présent pour la conférence à Toulouse. Ce chercheur rattaché à l'université de Jérusalem mise plutôt sur "la gastronomie digitale". "Il s'agit d'intégrer les technologies de fabrication digitale dans la cuisine", explique-t-il. Le chercheur parle de "cuisine hydride" avec des recettes qui nécessitent à la fois des procédures manuelles du cuisinier, mais aussi l'usage d'outils comme la fraiseuse 3D ou la découpe laser.

cuisine hybride

Cuisine hybride imaginée par Amit Zoran.

Amit Zoran met à disposition sur son site internet plusieurs recettes sur ce modèle. À l'image de cette soupe "récif corail" composée de nouilles imprimées en 3D, de poissons taillés à la découpe laser et de carottes conçues à l'aide d'une fraiseuse numérique.

soupe impression 3d

(Crédit : Amit Zoran)

Le chercheur israélien imagine qu'une fois la saveur des aliments maîtrisée, il sera possible de créer des algorithmes pour décortiquer les motifs de saveurs et leur structure afin de reproduire ces goûts à grande échelle.

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