L'État dissout les conseils de l'université Jean-Jaurès, Daniel Lacroix n'est plus président

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L'université Jean-Jaurès n'a pas pu adopter son budget 2018.
L'université Jean-Jaurès n'a pas pu adopter son budget 2018. (Crédits : Rémi Benoit)
Dans l'incapacité depuis plusieurs mois de réunir son conseil d'administration et d'adopter son budget, la présidence de l'université Jean-Jaurès a été dissoute par l'État. Démis de ses fonctions, Daniel Lacroix est remplacé temporairement par Richard Laganier, le temps de nouvelles élections prévues sous trois mois.

C'est une première dans l'histoire de l'université du Mirail à Toulouse. La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé ce mardi 20 mars la dissolution des conseils centraux et l'organisation de nouvelles élections à l'université de Toulouse Jean-Jaurès (nouveau nom de l'université du Mirail, nldr).

"Le conseil d'administration de l'université de Toulouse Jean-Jaurès qui s'est réuni aujourd'hui, n'a pu se tenir dans des conditions normales et ce, pour la cinquième fois consécutive. Il en résulte des perturbations graves et durables du fonctionnement pédagogique et administratif de l'établissement", justifie le ministère dans un communiqué.

Depuis des mois, une partie des élèves et du personnel milite contre le rapprochement des universités toulousaines dans l'optique de décrocher le label Idex (la candidature toulousaine a finalement été rejetée a-t-on appris lundi). En signe de protestation, les représentants syndicaux membres du conseil d'administration boycottent les diverses réunions empêchant la tenue de tout vote et prise de décision, le quorum (nombre de participants minimum obligatoire pour valider un vote) n'étant pas atteint.

Impossible d'adopter le budget de l'université

L'impossibilité de réunir le conseil d'administration bloque aussi l'adoption du budget de l'université Jean-Jaurès pour l'année 2018 (environ 170 millions d'euros par an, nldr). Depuis début janvier, le rectorat de l'académie avait accordé à l'établissement un budget dit "provisoire" lui permettant de payer les salaires mais pas d'engager des dépenses d'investissements comme des travaux par exemple. Mais ce budget provisoire était conditionné à la régularisation de la situation, à savoir l'adoption d'ici la mi-mars du budget, faute de quoi l'université serait mise sous tutelle.

Mardi 20 mars, le ministère fait remarquer que "le budget de l'université pour 2018 n'a pu ni être examiné ni être adopté. Les organes statutaires de l'établissement n'ont pas permis de régler cette situation de paralysie. De fait, aucune sortie de crise n'apparaît pour l'heure envisageable".

Des élections anticipées d'ici trois mois

La ministre Frédérique Vidal a donc décidé de prononcer ce jour la dissolution des conseils centraux de l'université Toulouse Jean-Jaurès et le président Daniel Lacroix, dont les manifestants demandaient le départ, est démis de ses fonctions.

"Cela permettra la tenue d'élections qui conduiront la communauté universitaire à se prononcer à nouveau sur le projet de l'établissement et de favoriser le rétablissement du bon fonctionnement des conseils. Ces élections auront lieu dans un délai de trois mois. Dans l'attente du scrutin, l'administration provisoire de l'université Toulouse Jean-Jaurès a été confiée à Richard Laganier, professeur des universités et ancien président de l'université de Guyane", annonce le ministère.

"Une décision exceptionnelle" selon le rectorat

Interrogée par La Tribune, la rectrice de l'académie de Toulouse précise :

"C'est une décision exceptionnelle puisque la situation était exceptionnelle. Richard Laganier sera le garant du bon déroulement des prochaines élections. En attendant, j'ai arrêté un budget pour l'ensemble de l'année 2018 qui va permettre d'assurer la paie des salaires mais cela ne permet pas d'embaucher un vacataire ou de postuler à un appel à projets. Une fois les élections passées, un budget rectificatif pourra être adopté".

La rectrice pointe un autre impact du blocage de l'université : "Depuis la fin du premier semestre, les notes des élèves ne remontent plus. Cela impacte directement les étudiants en 3e année de licence qui ne peuvent pas postuler en master car ils ne peuvent pas apporter des éléments factuels de leur réussite". Par ailleurs, elle réfute toute intervention à venir des forces de l'ordre dans l'enceinte de l'université.

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Commentaires
a écrit le 20/03/2018 à 19:13 :
"Ils ont tué Jaurès"....😎

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