Un micro pour écouter Mars en 2020 est conçu à Toulouse

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Le micro sera installé sur la caméra laser du rover de la mission Mars 2020.
Le micro sera installé sur la caméra laser du rover de la mission Mars 2020. (Crédits : Isae)
L'Isae-Supaero, en collaboration avec l'Irap, la Nasa et le Cnes, a mis au point un micro qui sera installé sur la caméra laser Supercam du prochain rover envoyé sur Mars en 2020. L'idée n'est pas nouvelle mais les premières tentatives ont échoué.

Grâce à la mission Curiosity, de nouvelles images de Mars parviennent sur Terre. Des scientifiques toulousains veulent aller plus loin. Ils cherchent, outre l'image, à capter des sons de la Planète rouge. L'Isae-Supaero a ainsi conçu en collaboration avec l'Irap, la Nasa et le Cnes, un micro de 3 cm qui sera installé sur la caméra laser Supercam du prochain rover envoyé sur Mars en 2020. Supercam succèdera à la ChemCam, en service sur le rover Curiosity depuis quatre ans et qui détecte la composition chimique des roches martiennes. En plus de ces fonctionnalités, Supercam sera équipée de deux spectromètres pour l'analyse minérale des roches, et enfin... d'un micro.

"Ce micro aura trois fonctionnalités, décrit David Mimoun, enseignant-chercheur à l'Isae-Supaero. Il permettra d'écouter les claquements du laser sur les roches martiennes. Le bruit est différent si les roches sont molles ou dures. On pourra donc  savoir en fonction du son s'il s'agit d'argile (une roche plus molle et qui a été en contact avec de l'ea), ou de basaltes, (des roches volcaniques qui n'ont pas été en contact avec de l'eau).

Ensuite, le micro peut servir à étudier les vents sur Mars. La troisième fonctionnalité du micro est d'écouter le bruit du rover. Pendant la mission Curiosity, le rover a rencontré des problèmes de roues. Le micro pourrait être une aide précieuse dans ce genre de situations."

Enregistrer des sons sur cette planète constituerait une grande première.

"L'idée d'enregistrer des sons sur Mars n'est pas nouvelle. Mais les précédentes tentatives ont échoué. En 1999, l'atterrisseur Mars Polar Lander s'est écrasé avec son micro et en 2008, lors de la mission Phoenix par la Nasa, le micro était installé sur un instrument qui n'a pas été allumé sur la planète donc il n'a pas servi", poursuit-il.

Pour parer ces aléas, l'Isae-Supaero a réalisé une batterie de tests dans les laboratoires toulousains en reproduisant les conditions thermiques de la Planète rouge. Le micro est conçu pour résister à des températures variant de -120°C à +60°C. Les scientifiques se sont également rendus au Danemark sur le seul site où il est possible de reproduire une atmosphère martienne (majoritairement composée de dioxyde de carbone).

Sur le ficher son ci-dessous, on peut entendre un aperçu de ces tests réalisés au Danemark. Durant les premières secondes, il est possible d'entendre le...

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