Spatial : les 7 expériences de Thomas Pesquet pilotées depuis Toulouse

L'astronaute Thomas Pesquet s'est envolé le 17 novembre dernier pour une mission de 6 mois à bord de la station spatiale internationale. Sept expériences sont pilotées depuis Toulouse via le Cadmos, la structure du Cnes chargée de organiser les missions spatiales habitées. Reportage au milieu des échographes, des casques de réalité virtuelle et des salles de contrôle.

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Didier Chaput, chef de projet du projet Echo.
Didier Chaput, chef de projet du projet Echo. (Crédits : Cnes)

En s'élançant vers la station spatiale internationale (ISS), Thomas Pesquet ne part pas seulement à la conquête de l'espace. L'astronaute mène surtout toute une batterie d'expérimentations qui pourrait faire avancer la recherche scientifique et impacter à long terme notre quotidien. Une demi-douzaine d'entre elles seront pilotées depuis Toulouse via le Cadmos, la structure du Cnes chargée de organiser les missions spatiales habitées. Visite guidée.

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Salle de contrôle du Cadmos (Crédit : Rémi Benoit).

L'échographe pilotable à distance, un outil de télémédecine

"Echo, c'est l'expérience-phare !", lance Sébastien Barde, le responsable du Cadmos. Echo est le nom de code d'un échographe qui sera envoyé dans l'espace et piloté à distance depuis Toulouse. Le chef de projet de l'expérience Didier Chaput nous fait la démonstration en direct. Il pose la sonde autour de son cou. L'image apparaît sur l'échographe et quasiment simultanément sur l'ordinateur du Cadmos. "La station spatiale internationale gravitera à 400 km de la Terre mais nous recevrons l'image en 2 à 6 secondes", explique Didier Chaput.

L'innovation réside surtout dans la possibilité de faire bouger à distance la sonde que manipule l'astronaute pour améliorer la qualité de l'imagerie. "Jusqu'à présent, les astronautes devaient apprendre par cœur la position des organes, cela prenait beaucoup de temps sur leur planning d'entraînement. D'autant que lorsque la sonde était mal positionnée, le médecin devait les guider en leur disant 'un peu plus haut, un peu plus bas' pour atteindre la bonne position", poursuit-il.

Outre l'apport pour les astronautes, cet échographe est un véritable outil de télémédecine qui pourrait faciliter la prise en charge des patients habitant loin des hôpitaux, en zone rurale ou dans les zones difficiles d'accès.

"Nous l'avons testé en Guyane auprès de femmes enceintes. Pour rejoindre l'hôpital de Cayenne, il fallait prendre une pirogue puis un avion, un trajet de deux à trois heures. En étant prises en charge par des maisons de santé à proximité, elles pourraient avoir en 5 minutes le diagnostic d'un spécialiste, avance Didier.

Avec ce type d'échographe, votre médecin généraliste pourra demander en direct l'avis d'un spécialiste vous évitant la prise d'un deuxième rendez-vous avec le spécialiste voire d'un troisième RDV pour faire le bilan des résultats. Cela peut permettre à la Sécurité sociale de réaliser d'importantes économies".

Un assistant médical virtuel

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   Prise de données médicales pour l'expérience Everywear (Crédit : Cnes).

Outre cet échographe, l'astronaute Thomas Pesquet va tester Everywear, un assistant médical virtuel. "Tous les aliments envoyés à bord sont équipés de codes-barres que l'astronaute va scanner sur une tablette numérique. L'application permet de calculer les taux de protides ou de lipides qu'il a ingéré pour éviter les carences. L'assistant virtuel peut lui donner des conseils pour rectifier son alimentation". L'application permet également grâce à des capteurs de suivre la qualité du sommeil et d'étudier des séances de sport. À terme, ce système pourrait servir à surveiller des populations à risque comme les personnes âgées.

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 Quatre autres expériences seront menées :

  • Aquapad, un outil qui vise à améliorer la détection d'eau potable notamment après une catastrophe naturelle.
  • Le projet Matiss vise à tester de nouvelles surfaces intelligentes qui empêchent les bactéries sur une surface. Objectif : créer des biofilms pour protéger des zones de la contamination dans un environnement hostile.
  • Via l'expérimentation Perspective, Thomas Pesquet va porter un casque de réalité virtuelle dans l'espace et les scientifiques pourront observer les modifications de l'activité du cerveau en situation de micropesanteur.

En parallèle, une autre série d'expériences sera menée en miroir dans l'espace par l'astronaute et sur Terre dans sept établissements scolaires français (dont le lycée de l'espace toulousain). Au programme : observation de la croissance des plantes, rôle de la gravité dans la croissance des cristaux et influence de la gravité sur les réactions catalytiques.

"Nous avons choisi des expériences simples afin qu'elles soient reproduites dans le plus grand nombre d'établissements scolaires, avance Sébastien Barde. Par exemple, pendant 5 jours les élèves vont faire pousser des graines de plantes. Ils pourront voir que dans l'espace, les plantes peuvent pousser de manière totalement chaotique si elles sont plongées dans le noir. Ces expériences peuvent être aussi bien réalisées au primaire que en classe de SVT en terminale en expliquant les cellules responsables de ce phénomène".

L'avancée des expériences sera retransmise sur le site internet du Cnes.

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Sébastien Barde est le responsable du Cadmos (Crédit: Rémi Benoit).

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