Open Innovation : les Laboratoires Pierre Fabre ouvrent leur collection de plantes

Dans les laboratoires Pierre Fabre à l'Oncopole de Toulouse se trouve la plus grande collection privée de plantes, composée de 15 000 espèces. Ce patrimoine vient d'être ouvert à l'ensemble des acteurs pharmaceutiques privés et publics afin de faire émerger des partenariats et des découvertes communes. Pour le 3e laboratoire pharmaceutique français (10 000 emplois dans le monde et plus de 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires), la R&D doit désormais passer par l'Open Innovation. François Sautel, chef du projet, nous l'explique. Entretien.
Les Laboratoires Pierre Fabre ouvrent leur collection de 15 000 espèces de plantes
Les Laboratoires Pierre Fabre ouvrent leur collection de 15 000 espèces de plantes (Crédits : A.Spani)

Pourquoi les laboratoires Pierre Fabre (Castres) ouvrent-ils leur échantillothèque de plantes ?

Nos laboratoires disposent d'une très large collection de 15 000 plantes dont il nous a paru que nous pouvions tirer des découvertes allant au-delà de ce que nous faisions déjà. Nous avons voulu lancer un pavé dans la marre de l'écosystème de la recherche pharmaceutique. Car c'est la première fois dans le monde qu'un laboratoire de notre taille lance une telle initiative avec des extraits naturels.

En ouvrant à d'autres acteurs l'accès à nos actifs végétaux réunis sur le site de l'Oncopole de Toulouse, nous allons pouvoir établir des nouveaux partenariats innovants, notamment dans des domaines où nous ne sommes pas, comme l'infectiologie, la cardiologie, l'agroalimentaire ou encore la santé animale.

La recherche sous forme de partenariat est-elle un moyen de continuer à innover face à de grands laboratoires ?

Nos laboratoires peuvent toujours mener des projets de recherche de A à Z mais on observe que des innovations se créent partout dans le monde et à tous les niveaux. L'innovation se fait en écosystème.

Notre offre fait partie d'une nouvelle dynamique de la R&D Pierre Fabre. Nous voulons ensemencer la recherche de nos partenaires sur les produits d'origine végétale. Ce jeu gagnant-gagnant est bien le moteur de l'open innovation.

Les porteurs de projets qui seront retenus, auront accès à nos extraits de plantes mais aussi à notre expertise reconnue dans le domaine des sciences phytochimiques qui demandent des expertises. Nous maîtrisons en effet toute la chaîne phytoindustrielle grâce à nos botanistes, agronomes, chimistes, ingénieurs de production, juristes... Ce qui nous procure un label de qualité et une véritable indépendance.

François Sautel, chef du projet Nature Open Library chez Pierre Fabre

François Sautel, chef du projet Nature Open Library (©photo Laboratoires Pierre Fabre)

Ces partenaires peuvent aussi être des concurrents. Y-a-t-il un risque à partager des actifs stratégiques ?

D'abord, le partenariat doit reposer sur une relation de confiance mutuelle. Dans l'open innovation, chacun sait ce qu'il apporte et ce qu'il peut protéger. Nous choisissons donc les partenariats qui créeront de la valeur partagée. En outre, la collaboration est encadrée par des brevets et des accords juridiques, protégés par le secret.

Comment ces accords vous garantissent un partage des revenus futurs ?

Dans chacune des options que nous discuterons avec nos partenaires (du codéveloppement à la prestation de services pour le compte d'un acteur), nous identifions très tôt la possible création de valeur. Si nous trouvons un intérêt dans le codéveloppement (partage de risque) d'une découverte d'un de nos partenaires à partir de nos plantes, nous allons toujours nous mettre dans la position d'un acteur de référence de cette collaboration. Et même si nous ne sommes pas à l'origine de la découverte, nous pouvons demander un retour pour le transfert de nos compétences.

Des partenariats sont-ils déjà lancés ?

Les porteurs de projets intéressés peuvent déposer leurs demandes de partenariat sur un site internet dédié (https://nature-open-library-pierre-fabre.force.com). Le site a déjà suscité un important intérêt, même à l'étranger. Nous sommes déjà en discussion avancées (pré-partenariat) avec des acteurs de toute taille, parfois très éloignés de nos activités traditionnelles. Un accord a déjà été signé.

Pierre Fabre a engagé fin 2014 un plan de restructuration entraînant d'importantes suppressions de postes dans la recherche. Comment cela a-t-il été concilié avec ce projet ?

Nos compétences en R&D sont toujours là. Nous devons transformer notre modèle d'innovation pharmaceutique et l'open innovation est au cœur de ce projet.

Conservatoire botanique de Soual (81)

Conservatoire botanique Pierre Fabre à Soual (Tarn)

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