Digital Place veut créer son accélérateur privé. Interview du nouveau DG Tony Marchand

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Tony Marchand, directeur général de Digital Place
Tony Marchand, directeur général de Digital Place (Crédits : Lisa Macian Randé)
Tony Marchand, 42 ans, a été nommé directeur général de Digital Place, jusque là dirigé par Jean-Pierre Bayol, le 2 février dernier. Cet ancien de la société de crowdfunding Wiseed prend les commandes de ce cluster né en 2011, qui rassemble aujourd'hui 185 chefs d'entreprise du numérique en Midi-Pyrénées. Tony Marchand dévoile son parcours, ses relations avec les autres acteurs de la French Tech Toulouse et ses ambitions pour Digital Place.

Comment devient-on directeur général de Digital Place ?
En posant sa candidature après une offre ! Je ne connaissais pas personnellement Daniel Benchimol, le président de Digital Place. Je l'ai rencontré pour la première fois lors de mon entretien, ainsi que Jacques Soumeillan, son vice-président, également PDG de ProsFrance, et Jean-Pierre Bayol, le directeur général que je remplace. Cette nomination s'inscrit dans la lignée de mon parcours professionnel, résolument tourné vers le numérique.

Quel est votre parcours ?  
Diplômé de l'Irit (Institut de recherche en informatique de Toulouse), j'ai débuté ma carrière en 1999 comme chercheur en ergonomie cognitive. Mes travaux de recherche étaient à l'époque financés par France Télécom. Il s'agissait de développer des interfaces d'interactions entre l'homme et la machine pour des appareils mobiles. Cela paraît aujourd'hui dépassé mais, à l'époque où l'iPad n'existait pas encore, c'était pourtant révolutionnaire ! En 2002, j'ai eu l'opportunité de rejoindre le Réseau régional de recherche technologique. Une institution destinée à mettre en relation la recherche et l'industrie. Nous avons participé à la création du pôle de compétitivité Aerospace Valley. Pour l'anecdote, un pôle numérique avait également été imaginé, mais l'État encourageait la création d'un seul et unique pôle de compétitivité par région. Le Réseau régional de recherche technologique a ensuite fusionné avec d'autres entités pour devenir Midi-Pyrénées Innovation (MPI), aujourd'hui devenu Madeeli.

Avez-vous une expérience dans l'entreprise ?   
En 2007, j'ai pris la décision de rejoindre le monde des start-up en participant au démarrage de Wiseed, une société de crowdfunding. C'était les premiers débuts dans le financement participatif ! Malheureusement, le marché n'était pas encore mûr à l'époque et la société s'est confrontée à des problèmes financiers. J'ai dû quitter Wiseed. Les fondateurs Thierry Merquiol et Stéphane Soumier sont toujours de bons amis. Ils ont su transformer cette start-up en une réussite entrepreneuriale. Après avoir pris la direction technique de la société toulousaine Lyberta, j'ai créé ma propre activité comme consultant. Me voilà désormais directeur général de Digital Place, un titre, mais surtout une mission très motivante !   

Quels sont vos ambitions pour Digital Place ?
Je suis bien évidemment force de propositions. Mais ce sont les 185 chefs d'entreprises membres de Digital Place qui construisent la stratégie du cluster depuis 2011, date de la création de Digital Place. Ma feuille de route est donc de répondre aux besoins et aux attentes des entreprises.

Comment expliquer le rôle de Digital Place ?
Nous sommes aujourd'hui l'un des acteurs de la French Tech Toulouse comme La Mêlée Numérique, la Tic Valley ou le FabLab Artilect. Notre cluster est une "grappe" de 185 entreprises adhérentes tournées vers la filière du numérique et des nouvelles technologies. Ces dernières ont mis en place quatre axes de croissance :

  • L'un autour de l'innovation afin de mettre en relation les laboratoires et les entreprises mais également les start-up avec les grands industriels.
  • Un autre est consacré aux investissements et aux financements des entreprises. Une journée est ainsi organisée chaque année pour former les dirigeants et les amener devant des investisseurs.
  • Le troisième axe est tourné vers l'international pour encourager l'export.
  • Enfin, le quatrième axe est centré sur les services mutualisés aux adhérents (communication, marketing, RH...).

Quels sont vos principaux chantiers pour 2015 ?
Nous lançons cette année trois nouvelles commissions. Celle concernant le big data est déjà opérationnelle et nous ouvrons en avril la commission cybersécurité. D'ici à la fin 2015, nous aurons aussi lancé la commission usine du futur. L'autre chantier qui me tient à cœur est celui du label consacré au cloud computing. Comment gagner la confiance de son client à propos de la qualité de service ou du niveau de sécurité des données ? Digital Place est à l'origine d'un label regroupant 256 critères. Lundi 30 mars, un comité d'attribution doit d'ailleurs se réunir pour une première labellisation. Plusieurs clusters à Lille, Marseille, Saint-Étienne ou Bordeaux, soutiennent ce projet de "Label cloud" désormais relayé au niveau national par France IT. Ma volonté est que Toulouse figure parmi les meilleurs élèves !  

Qu'attendez-vous de la French Tech ?
Notre projet est de constituer un accélérateur privé. Il sera baptisé DP Boost, une entité parallèle au cluster Digital Place qui conservera son statut associatif. Comme l'ensemble des acteurs de la French Tech Toulouse, notre ambition est que l'initiative de l'État perdure. Cette dynamique permet de fédérer et de mobiliser l'ensemble des acteurs. Digital Place a été retenu par BPI France pour assurer le rôle d'opérateur du Pass French Tech en Midi-Pyrénées. Il s'agit d'un service premium pour accélérer le développement des entreprises en hyper croissance.

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