Patrick Mounaud nommé directeur régional du CNRS

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Patrick Mounaud, 54 ans, succède à Armelle Barelli à la tête de la délégation régionale du CNRS Midi-Pyrénées. Il revient sur sa nomination, sa nouvelle mission, le financement des laboratoires, les Initiatives d'excellence et la diversité de la recherche.

Quel est votre parcours professionnel ?
Je ne viens pas du domaine de la recherche, je suis plutôt un administratif. Jusqu'à présent, je travaillais pour le ministère de la Justice, dans l'administration pénitentiaire. J'ai notamment été le premier directeur de l'École nationale de l'administration pénitentiaire à Agen. Dans ce cadre, j'ai travaillé en lien avec les universités de Pau ou Toulouse. Ensuite, j'ai occupé la tête des directions inter-régionales Rhône-Alpes et Paca-Corse.

Que représente le CNRS en Midi-Pyrénées ?
La région de Toulouse est une région importante pour le CNRS puisque c'est la 4e délégation de France, sachant qu'il y en a cinq en région parisienne. La délégation régionale, c'est un peu plus de 60 laboratoires et 2 000 personnels permanents. Un chiffre qui monte à 2 500 en intégrant tous les doctorants.

Certains chercheurs estiment que les crédits de base accordés aux laboratoires baissent. N'est-ce pas difficile d'arriver à la tête du CNRS dans ce contexte ?
Nous ne connaissons pas encore le budget 2012. Cette année nous avions un budget de 163 millions d'euros et il augmente d'année en année. On ne peut donc pas parler de baisse de budget. En revanche, il y a une évolution du mode de financement depuis la création de l'Agence nationale de la recherche en 2005. Le financement se fait désormais sur des projets et notamment sur des projets d'excellence. Il est actuellement à l'étude pour 2012.

Toulouse est toujours en course pour les initiatives d'excellence (Idex). La grande variété des domaines de recherche du CNRS n'est-elle pas un handicap dans le cadre de ces labellisations ?
Les Idex sont très importantes et le rôle du CNRS est de s'engager auprès des universités dans cette démarche. Ces projets d'excellence visent également la mutualisation des universités et l'interdisciplinarité. Cela est déjà intégré dans le fonctionnement du CNRS. Pour que nos universités aient un rayonnement mondial, il faut toucher à tous les domaines.

Les chercheurs se sont récemment réunis pour protester contre la mutualisation des moyens et pour défendre la diversité de la recherche face aux laboratoires d'excellence. Qu'en est-il à Toulouse ?
La crainte des chercheurs est que le développement des Initiatives d'excellence laisse certains domaines de côté s'ils ne sont pas sélectionnés. Je ne pense pas que Toulouse soit concernée. Je suis très confiant quant à l'obtention de l'Idex mais la vocation du CNRS restera la pluridisciplinarité. Nous avons plusieurs atouts énormes pour la recherche en Midi-Pyrénées avec notamment une véritable unité géographique et un environnement industriel intéressant. Nous devons cependant rester attentifs aux crédits de fonctionnement des labos alors qu'il y a diversification des financements.

Quels seront vos priorités à la tête du CNRS ?
Je compte poursuivre l'action de mon prédécesseur. Je pense que nous devons développer les liens avec les universités et les relations entre les universités et le monde industriel. La recherche en Midi-Pyrénées s'intéresse à l'aéronautique et à l'espace évidemment mais aussi à la biologie médicale, à l'écologie et aux sciences humaines et sociales, qui étaient un secteur que souhaitait développer mon prédécesseur. Il faut continuer à s'engager pour construire des universités de renommées internationales.

Propos recueillis par Paul Périé

En photo : Patrick Mounaud, délégué régional du CNRS en Midi-Pyrénées (© DR)

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