Limatech lève 2 M€ pour révolutionner l'aéronautique avec ses batteries au lithium

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La startup toulousaine Limatech conçoit des batteries au lithium pour la filière aéronautique.
La startup toulousaine Limatech conçoit des batteries au lithium pour la filière aéronautique. (Crédits : Rémi Benoit)
L'entreprise toulousaine qui conçoit des batteries au lithium pour le secteur aéronautique vient de lever 2 millions d'euros. En remplaçant les batteries au plomb et nickel cadmium, moins performantes et moins écologiques, elle compte conquérir le marché des aéronefs. La levée de fonds doit ainsi permettre d'achever le processus de certification de la technologie de Limatech pour lancer la commercialisation dès 2021. Mais l'entreprise ne ferme pas la porte à un départ de Toulouse pour poursuivre son développement.

La startup toulousaine Limatech boucle son second tour de table. Après avoir levé 500 000 euros en octobre 2017, la jeune pousse, fondée en 2016, vient d'obtenir deux millions d'euros. Mais une partie de cette somme, soit 800 000 euros, sera obtenue via une opération de crowdfunding lancée auprès de la plateforme nantaise Finple.

"En quelques semaines, nous avons déjà récolté plus de 550 000 euros par le biais de ce procédé (la startup a jusqu'au mois d'avril pour récolter les 250 000 euros manquants, ndlr). Si nous avons fait le choix d'ouvrir notre capitale aux particuliers, avec tout de même un ticket d'entrée minimum à 1 850 euros, c'est que notre technologie engendre un certain engouement autour d'elle, chose que je ne pensais pas", commente Florence Robin, la présidente de Limatech, qui souligne également l'aspect Made In France de son entreprise.

Cette dernière travaille sur une technologie qui va révolutionner, en partie, la filière aéronautique. Depuis quatre ans, Limatech conçoit des batteries à base de lithium afin de remplacer les batteries au plomb et nickel cadmium actuellement utilisées sur les aéronefs.

"Nos batteries sont trois fois plus légères et surtout moins polluantes. Le lithium est un élément chimique moins polluant puisque son extraction des sous-sols a une empreinte carbone moindre que celles du nickel cadmium et du plomb. Par ailleurs, la durée de vie de nos batteries est évaluée entre 8 et 10 ans, contre trois ans en moyenne pour les solutions actuellement sur le marché", met en avant la dirigeante.

Lancement d'un second modèle de batterie

Avec sa solution, Limatech espère devenir leader sur un marché potentiel estimé à 700 millions d'euros annuellement. Mais avant de partir à la conquête du marché aéronautique, la jeune pousse doit obtenir quelques certifications (dont PART21 et ETSO) qui lui permettront d'entamer la commercialisation.

"L'année 2020 va être consacrée au passage des certifications et cette levée de fonds va nous permettre d'obtenir les fonds nécessaires pour achever le processus. Ainsi, nous espérons obtenir tous les agréments nécessaires au plus tard en mars 2021", estime la présidente de Limatech.

Par ailleurs, ces fonds vont également permettre d'achever le financement de leur laboratoire de tests de 100 m2, installé au sein de leur division R&D à Grenoble, où Limatech emploie 4 personnes. De plus, avec la levée de fonds, l'entreprise va améliorer sa ligne de production à Toulouse, où elle compte 9 salariés, pour permettre la fabrication d'un autre modèle de batterie.

"En attendant les certifications, nous avançons sur le développement de nos produits et la R&D. Ainsi, après avoir développé une batterie de 12 volts, la nouvelle aura une puissance de 24 volts. Une capacité qui pourrait par exemple intéresser Airbus Hélicopters", annonce Florence Robin.

Un départ de Toulouse est sur la table

En arrivant avec une vraie gamme de produits sur le marché, Limatech espère vendre 1 500 unités dès 2021 et se fixe comme objectif le cap des 9 000 batteries dès 2025 qui permettrait de réaliser un chiffre d'affaires de 25 millions d'euros. Mais pour atteindre ce niveau, l'entreprise doit trouver un local de 1 000 m2 pour accueillir son atelier, bien loin des 130 m2 dont elle dispose actuellement à Toulouse.

"Je suis en pleine réflexion à ce sujet. Si c'est à Toulouse, tant mieux, mais nous irons là où nous trouverons. Au-delà des locaux, je cherche un écosystème. Certes, nous nous sommes implantés à Toulouse afin de nous rapprocher de nos sous-traitants qui sont dans l'aéronautique et donc pour une meilleure efficacité. Seulement, cela n'a pas eu les effets attendus. Tout d'abord, les sous-traitants que nous avons trouvé à Toulouse sont deux à trois fois plus chers que ce que l'on pourrait trouver ailleurs car ils sont très sollicités et nos volumes sont bien moins importants que les grands donneurs d'ordres avec qui ils ont l'habitude de travailler", regrette la dirigeante.

Au regard de ces difficultés majeures, l'avenir dans la région toulousaine de la pépite Limatech s'inscrit en pointillé.

Lire aussi : Aéronautique : Limatech vise un contrat de 60 millions d'euros avec Airbus

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Commentaires
a écrit le 05/03/2020 à 19:01 :
Je ne comprends pas. La limitation sur les véhicules automobiles électriques est le rapport puissance poids qui oblige à faire des voitures électriques ultralégères pour avoir un peu d'autonomie. C'est aussi la raison pour laquelle la technologie électrique ne s'applique pas aux poids lourds car il est évident que l'on ne peut réduire la charge transportée. L'enjeu est de taille car le marché poids lourds représente beaucoup plus en consommation de carburants que l'automobile, et donc génère beaucoup plus de rejets de CO2. Si donc une société a trouvé la clef pour faire des batteries aux performances améliorées c'est à l'automobile qu'il faut l'appliquer et pas à l'aviation.

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