Le téléphérique urbain de Toulouse espéré pour mai

Le plus grand téléphérique urbain de France, en phase d'être finalisé à Toulouse, pourrait être inauguré en mai 2022 selon Tisséo, l'autorité régulatrice des transports en commun sur l'agglomération toulousaine. Mais avant d'accueillir 8.000 voyageurs par jour, comme espéré par le gestionnaire, l'infrastructure fait l'objet d'une longue série de tests techniques et sécuritaires.

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Le téléphérique urbain de Toulouse vivra-t-il son inauguration en mai ?
Le téléphérique urbain de Toulouse vivra-t-il son inauguration en mai ? (Crédits : Rémi Benoit)

"Nous en voyons le bout", se réjouit Jean-Luc Moudenc. Le maire de Toulouse et le président de Toulouse Métropole est venu constater, lundi 14 février, les avancées du chantier du futur téléphérique urbain de la ville. Pour le constater, il suffit de se rendre à l'entrée de l'université Paul Sabatier, lieu qui va accueillir l'une des trois stations de la future infrastructure de transport en commun.

Après avoir vu l'installation des câbles du téléphérique par hélicoptère ces derniers mois et de ses cabines, les Toulousains peuvent constater que le gros oeuvre de la station universitaire est terminé, mais aussi pour celles du CHU de Rangueil et de l'Oncopole, les deux autres lieux d'accueil d'une station de Téléo. "Il ne reste plus que quelques petites finitions un peu partout", loue à son tour Vincent Conan, chef de projet Téléo au sein de Tisséo Ingénierie.

À l'intérieur, tout semble presque prêt pour accueillir les voyageurs. Les cabines sont garées à quai, et certaines partent même en balade le long du tracé de trois kilomètres qui pourra se parcourir en moins de 10 minutes contre une trentaine en voiture, aux heures de pointe. Côté architecture, ne manque plus que le second oeuvre et la signalétique usagers, tandis que les aménagements aux abords des stations (trottoirs) sont en cours de réalisation. Tout cela présage d'une mise en service prochaine du téléphérique urbain à Toulouse.

Téléphérique

La station de l'université Paul Sabatier sera l'un des trois points d'arrêt du téléphérique urbain de Toulouse (Rémi Benoit).

"Nous pouvons considérer que début mai pourrait avoir lieu l'inauguration de Téléo, en tout cas dans ces eaux-là approximativement", avance Jean-Michel Lattes, le président de Tisséo et adjoint à la mairie de Toulouse. Autrement dit, le téléphérique urbain de Toulouse aurait pas loin de deux années de retard sur sa date de mise en service initiale annoncée au lancement du projet. Mais la crise sanitaire est passée par là et les retards sur le chantier se sont accumulés.

Le futur exploitant va bientôt récupérer les clés de l'équipement

Avant l'inauguration officielle, une étape décisive devra intervenir, à savoir la délivrance d'autorisation d'exploitation par le préfet de Haute-Garonne, Etienne Guyot, suite à une longue série de tests. Le représentant de l'État, qui est également coordinateur du projet de LGV entre Toulouse et Bordeaux, s'appuiera ainsi sur les rapports de sécurité pour rendre son verdict.

Jean-Michel Lattes

Après avoir conclu le projet de téléphérique urbain, Jean-Michel Lattes, le monsieur Transports à Toulouse, va devoir s'atteler à la troisième ligne de métro (Crédits : Rémi Benoit).

Ces dernières semaines, l'Institut de Soudure a procédé à un contrôle des soudures des cinq pylônes qui assurent la stabilité du téléphérique urbain de Toulouse. Pour mémoire, seulement cinq pylônes ont été nécessaires pour ce projet de par le choix de Tisséo et du constructeur Poma d'opter pour une technologie de traction avec trois câbles (Avec deux câbles porteurs et un câble tracteur), contre une vingtaine de pylônes avec un autre procédé.

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"Désormais, nous sommes entrés dans une phase de tests techniques, qui se passe très bien", assure Jean-Michel Lattes. Tout d'abord, le constructeur chargé du projet mène actuellement ses propres essais pour s'assurer du bon fonctionnement de l'installation et de l'ensemble des dispositifs sécuritaires. En parallèle, des organismes indépendants et agréés par l'État vont mener aussi leurs propres tests avec l'objectif de certifier la solidité et la sécurité de l'installation et ses 15 cabines. Après la remise des clés du téléphérique à son futur exploitant, Altiservice, viendra une période de marche à blanc pendant quatre semaines environ.

Environ 8.000 voyageurs quotidiens attendus

Bien que l'infrastructure sera intégrée au réseau Tisséo (pas besoin d'un ticket spécial en plus de son éventuel abonnement aux transports en commun locaux), le syndicat éponyme a préféré, dans l'appel d'offres, demander un duo constructeur-exploitant face aux spécificités des métiers qui entourent un tel équipement. De plus, ce projet offre à Altiservice l'opportunité de diversifier ses activités et d'identifier de nouveaux relais de croissance, le futur exploitant étant plus connu pour l'exploitation des domaines skiables et de ses équipements.

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Ainsi, Toulouse attend, sur ce qui sera le plus long téléphérique urbain de France, en moyenne 8.000 voyageurs par jour. Avec ses cabines d'une capacité de 34 places dont 20 assises et accessibles aux personnes à mobilité réduite, l'équipement affichera néanmoins une capacité maximale de 1.500 voyageurs par heure et par sens, avec un fonctionnement de 5h30 à minuit, comme le métro.

téléphérique

Le téléphérique urbain Téléo disposera d'une capacité de 15 cabines, avec une possibilité de transporter 3.000 personnes par heure (Crédits : Rémi Benoit).

"C'est une vraie chance pour le CHU de bénéficier d'un tel équipement", se réjouit par avance François Lefebvre, le nouveau directeur général du CHU de Toulouse. Rangueil accueille chaque année 35.000 personnes dans son service d'urgences et 200.000 pour des consultations. Pour ce qui de l'Oncopole, véritable écosystème de la santé du futur, ce sont des milliers d'emplois concentrés dans cette zone et autant de potentiels salariés qui pourraient être séduits par cette connexion avec le métro.

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