Covid-19 : BOTdesign rompt l'isolement des patients au CHU de Toulouse

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Grâce à un logiciel adapté aux smartphones, tablettes et ordinateurs, BotDesign rompt la solitude des malades du Covid-19 du CHU de Toulouse.
Grâce à un logiciel adapté aux smartphones, tablettes et ordinateurs, BotDesign rompt la solitude des malades du Covid-19 du CHU de Toulouse. (Crédits : BotDesign)
Avec une tablette numérique et sa solution IZYcall, BOTdesign permet depuis quelques jours à des patients touchés par le Covid-19 de pouvoir échanger en visioconférence, avec leurs familles, interdites de visite, depuis le CHU de Toulouse. De plus, la startup toulousaine a mis au point un chatbot conversationnel qui permet d'assurer le suivi des malades confinés à domicile, grâce à des questions régulières. En plus du centre hospitalier toulousain, des établissements du Grand Est devraient bientôt bénéficier de cette technologie de suivi médical. Une vitrine pour cette jeune pousse qui finalise une levée de fonds pour continuer son développement.

Depuis le début de la crise liée au Covid-19, le CHU de Toulouse reçoit "dans des volumes très importants" des dons financiers, de matériel sanitaire, mais aussi de matériel technologique. Comme l'a révélé le 3 avril le directeur général de l'établissement, Marc Penaud, le CHU de Toulouse a obtenu gracieusement 150 tablettes numériques de la part d'une chaîne de magasins. Une aubaine pour les patients atteints du coronavirus, qui sont confinés dans leurs chambres d'hôpital et qui ne peuvent ni voir ni échanger avec leur famille, sans parler des patients en provenance du Grand Est. Grâce à la startup toulousaine BOTdesign, l'établissement va mettre fin à cet isolement.

"Nous avons développé un outil du nom d'IZYcall, qui est une solution de visioconférence très simple d'utilisation et rapide à mettre en place. L'équipe médicale crée numériquement parlant une salle de réunion sur la plateforme, qui génère un URL sécurisé. Cet URL (ou lien) est ensuite envoyé à la famille du patient, qui n'a plus qu'à cliquer dessus pour accéder à cette salle de réunion sécurisée et pouvoir ainsi échanger avec lui. En plus de crypter les données et de les sécuriser, il n'y a pas besoin de créer un compte utilisateur pour se servir d'Izycall et ce logiciel s'adapte aussi bien sur ordinateur, smartphone et tablette", présente Olivier Thuillart, le directeur général de BOTdesign et son co-fondateur.

Fondée en avril 2017, l'entreprise qui emploie actuellement huit salariés a effectué les réglages sur les tablettes au début du mois d'avril et propose gratuitement sa solution à son partenaire historique, le CHU de Toulouse. Les tablettes sont en cours de déploiement au sein des services de réanimation où sont soignés les malades de Covid-19, mais aussi dans les services de maternité pour les papas qui n'ont pas le droit de rester avec la maman et le nouveau né en raison de la pandémie. Mais déjà, certains services voient les bienfaits de cette nouvelle technologie.

"C'est vraiment quelque chose de positif pour les familles n'ayant pas le droit de visite et devant se contenter des informations données par téléphone par l'équipe soignante. Le fait de voir son proche malade permet de dédramatiser la situation. Ce sont des patients conscients et intubés, donc pour communiquer avec leurs proches ils font seulement des hochements de la tête, mais cela suffit pour les rassurer. L'appel ne dépasse jamais la dizaine de minutes car ils sont très fatigués et nous tenons la tablette car cela représente un effort trop important pour eux encore. Néanmoins, nous n'avons que de bons retours de la part des familles. Dans cette crise où tout est noir, c'est tellement émouvant, ces échanges sont notre petit moment de bonheur. Nous espérons que cet équipement sera pérennisé après cette crise", témoigne Sophie Comet, cadre dans le service de réanimation de Rangueil à Toulouse, qui a trois tablettes à sa disposition pour ses 34 patients atteints du Covid-19.

Une solution à base d'IA pour les malades confinés à domicile

Par ailleurs, le CHU de Toulouse bénéficie d'une autre technologie de la startup toulousaine BOTdesign : CoviBOT. L'entreprise, spécialisée dans l'intelligence artificielle, appliquée dans des chatbots et messageries instantanées de santé sécurisées, a mis au point cette solution pour les malades du Covid-19 placés en quarantaine à leur domicile.

"Tout comme IZYcall, cette solution est agréée par le ministère de la Santé. C'est un robot conversationnel qui réalise un questionnaire quotidien auprès du patient pour évaluer son état de santé. Selon les réponses du malade, si le robot estime qu'il y a une dégradation de sa situation, il va accélérer la fréquence du questionnaire à deux par jour ou un toutes les quatre heures par exemple. En cas de signaux inquiétants, la solution va alerter l'équipe médicale en charge du dossier, et cette dernière aura accès aux réponses du patient", explique l'ingénieur biomédical fondateur de BOTdesign, avec le pharmacien Jean-Louis Fraysse spécialiste de la e-santé.

Tout comme la solution de visioconférence, le CoviBOT est accessible pour le patient grâce à un lien URL envoyé par l'équipe médicale, qui aura intégré, au préalable, les coordonnées du patient dans une plateforme logicielle. Utilisable aussi sur smartphone, tablette et ordinateur pour le patient, ce chatbot conversationnel devrait prochainement être utilisé par d'autres hôpitaux d'Occitanie, mais aussi de la région Grand Est, fortement frappée par l'épidémie de Covid-19.

Obtenir une certification pour faire du pré-diagnostic

Si BOTdesign a mis à disposition gratuitement cette technologie au CHU de Toulouse, habituellement la startup propose ses produits sous forme de licence au prix mensuel de 139 euros, par professionnel de santé qui utilise ses outils. L'entreprise espère donc que cette période lui servira de vitrine pour démontrer son savoir-faire, et surtout être vecteur de développement pour le domaine de la e-santé. En démontrant l'intérêt de ses solutions, BOTdesign pourrait ainsi plus facilement boucler la levée de fonds d'un million d'euros qu'elle est en train de réaliser.

"Cette future levée de fonds va nous permettre de créer une force commerciale, de financer le développement de nos produits et d'obtenir la certification 'dispositif médical II A', délivrée par des organismes spécialisés. Aujourd'hui, nous remontons simplement des données au personnel soignant, mais demain, notre objectif est de faire du pré-diagnostic avec notre intelligence artificielle, qui suggérera ou non la prise en charge d'un malade par exemple. Un procédé pour lequel il est nécessaire d'obtenir cette certification", annonce Olivier Thuillart.

Après avoir réalisé un chiffre d'affaires de 150 000 euros en 2018, puis 200 000 euros en 2019, BOTdesign espère poursuivre sa croissance sur l'année en cours grâce à cette opération financière.

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